Commission nationale de l’eau : la Guinée se dote d’un nouveau cadre pour mieux gouverner sa ressource

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La Guinée franchit une nouvelle étape dans la gestion de son patrimoine hydrique. La Commission nationale de l’eau est désormais officiellement installée, avec pour mission de renforcer la coordination entre les acteurs, d’améliorer l’accès à l’eau et de sécuriser les investissements prévus d’ici 2030.

La gestion de l’eau en Guinée entre dans une nouvelle phase. La mise en place officielle de la Commission nationale de l’eau marque l’installation d’un cadre permanent destiné à fédérer les différents acteurs intervenant dans le secteur et à favoriser une gouvernance plus cohérente de cette ressource stratégique.

Créée par arrêté, conformément aux dispositions du Code de l’eau, cette commission réunit pour la première fois autour d’une même table les institutions publiques concernées, quatorze départements ministériels, six agences et opérateurs, les organismes de bassin, mais également le secteur privé et la société civile.

L’ambition est claire : mieux coordonner les interventions, anticiper les conflits liés aux usages de l’eau et assurer une gestion durable d’une ressource au cœur du développement économique et social du pays.

Souvent présentée comme le « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest », la Guinée joue un rôle majeur dans l’alimentation de plusieurs grands bassins fluviaux de la sous-région. Le pays abrite notamment les sources du Niger, du Sénégal et de la Gambie.

Cette position géographique confère à la gestion de l’eau une dimension qui dépasse largement les frontières nationales. Agriculture, production énergétique, industrie, exploitation minière, santé publique ou encore approvisionnement des populations : de nombreux secteurs dépendent directement de la disponibilité et de la qualité de cette ressource.

Dans ce contexte, la nouvelle Commission entend contribuer à une meilleure connaissance des ressources hydriques et à une planification plus efficace de leur utilisation.

L’installation de la Commission intervient également dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte national pour la sécurité de l’eau, baptisé « Eau pour les Populations, Eau pour la Planète ». Porté avec l’appui de la Banque mondiale dans le cadre de l’initiative Water Forward, ce pacte prévoit un programme d’investissements particulièrement ambitieux.

Quelque 3,2 milliards de dollars devraient ainsi être mobilisés entre 2026 et 2030, accompagnés de dix réformes prioritaires destinées à transformer durablement le secteur.

L’un des principaux objectifs affichés est d’améliorer l’accès à l’eau pour des millions de Guinéens. Le nombre de personnes bénéficiant d’un meilleur accès à cette ressource devrait passer de 10,9 millions actuellement à 17,1 millions à l’horizon 2030.

Plusieurs projets sont déjà engagés ou annoncés. Parmi eux figurent le Projet d’amélioration des services d’eau et d’assainissement (PEAG), dont le financement est estimé à près de 670 millions de dollars, le PRAEP-16, les systèmes d’alimentation en eau potable des sept capitales régionales, ainsi que différents programmes prévus notamment à Siguiri et Forécariah.

Pour passer des ambitions aux actions concrètes, la Commission nationale de l’eau a adopté dans son principe son plan de travail 2026-2027. Celui-ci repose sur quatre axes majeurs.

Le premier concerne le renforcement de la gouvernance et du cadre normatif. Le deuxième porte sur la planification et l’amélioration des connaissances relatives aux ressources en eau.

Le troisième axe vise à renforcer la coordination entre les différents usagers et à prévenir les conflits liés à l’utilisation de la ressource. Enfin, le quatrième est consacré au financement et à la coopération internationale, indispensables à la réalisation des investissements annoncés.

À travers ce dispositif, les autorités veulent également améliorer la redevabilité des différents intervenants et instaurer une plus grande cohérence dans les politiques publiques liées à l’eau.

La prochaine échéance majeure est désormais fixée à décembre 2026, période annoncée pour la signature officielle du Pacte national pour la sécurité de l’eau.

Avec la mise en place de la Commission nationale de l’eau, la Guinée entend ainsi passer d’une gestion fragmentée à une approche davantage intégrée, fondée sur la concertation, la planification et la responsabilité collective.

Un enjeu qui s’inscrit pleinement dans les ambitions de la Vision Simandou 2040, alors que le pays cherche à faire de ses ressources naturelles un levier de développement durable et de transformation économique.

Au-delà des infrastructures et des milliards de dollars annoncés, le défi sera désormais de traduire cette nouvelle gouvernance en résultats concrets : davantage d’eau potable pour les populations, une ressource mieux protégée et une gestion capable de répondre aux besoins croissants du pays tout en préservant son patrimoine hydrique.

 

Sylla Ama pour Planete7.info

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