Cherté des loyers à Conakry : le juriste fiscaliste Koumandja Traoré appelle l’État à réguler le marché immobilier

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À Conakry, accéder à un logement devient un véritable parcours du combattant pour de nombreux ménages. Loyers jugés excessifs, paiements anticipés élevés et absence de régulation claire du marché locatif plongent une grande partie des habitants de la capitale dans une situation de plus en plus préoccupante. Face à cette réalité, plusieurs observateurs appellent les autorités à intervenir pour encadrer le secteur. Parmi eux, le juriste fiscaliste Koumandja Traoré, qui plaide pour une implication plus forte de l’État dans la régulation des loyers.

Dans plusieurs quartiers de la capitale guinéenne, trouver une maison ou un appartement à un prix accessible relève désormais de l’exploit. Les tarifs pratiqués sur le marché immobilier connaissent une hausse constante, dépassant largement les capacités financières de nombreux citoyens. Pour une simple chambre ou un appartement modeste, les loyers peuvent atteindre plusieurs millions de francs guinéens.

Selon certaines estimations du marché, un appartement d’une chambre situé dans des zones centrales de Conakry peut coûter en moyenne 4,6 millions de francs guinéens par mois, tandis que le loyer d’un appartement de trois chambres peut dépasser 15 millions de francs guinéens. Des montants jugés exorbitants par une grande partie de la population, dans un contexte marqué par un pouvoir d’achat limité.

À ces coûts déjà élevés s’ajoutent des exigences financières supplémentaires imposées par certains propriétaires. Dans la plupart des cas, les locataires sont contraints de payer six à douze mois de loyer à l’avance, auxquels s’ajoutent parfois un mois de caution et divers frais administratifs. Cette pratique immobilise des sommes considérables et constitue un obstacle majeur pour de nombreuses familles à la recherche d’un logement.

Pour plusieurs acteurs de la société civile, cette situation traduit une absence de mécanismes efficaces de régulation du marché immobilier, laissant les propriétaires fixer librement leurs tarifs. Une réalité qui contribue à accentuer la pression sur les ménages et à rendre le logement de plus en plus inaccessible.

Interrogé sur la question, le juriste fiscaliste Koumandja Traoré estime que la flambée des loyers à Conakry s’explique en grande partie par l’absence d’un cadre réglementaire clair encadrant la fixation des prix. Selon lui, cette situation favorise une forme d’anarchie sur le marché locatif.

Pour ce spécialiste du droit fiscal, il devient urgent que les autorités guinéennes prennent des mesures concrètes afin de protéger les citoyens. Il préconise notamment la mise en place d’un cadre légal permettant de fixer ou de plafonner les loyers, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle dans le secteur immobilier.

« Le logement est un besoin fondamental. L’État doit jouer pleinement son rôle de régulateur afin d’éviter les abus et de protéger les populations », souligne-t-il.

Au-delà de la régulation des prix, Koumandja Traoré plaide également pour une politique ambitieuse de construction de logements sociaux. Il estime que l’État devrait encourager les investissements dans le secteur immobilier et faciliter l’accès au financement pour les promoteurs, afin d’augmenter l’offre de logements et de réduire la pression sur le marché.

En attendant la mise en œuvre de solutions structurelles, de nombreux habitants de Conakry continuent de faire face à une flambée des loyers qui pèse lourdement sur leur budget. Pour plusieurs familles, payer le loyer est devenu un défi quotidien, illustrant l’ampleur d’un problème qui s’impose désormais comme l’un des grands enjeux sociaux de la capitale guinéenne.

 

Antoine Neima pour Planete7.info 

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