CBG : sous le leadership de Karifa Condé, la renaissance d’un géant minier guinéen

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Dans l’univers souvent opaque du secteur minier, rares sont les voix qui osent parler avec autant de franchise et de pédagogie. Karifa Condé, directeur général de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) et président de la Chambre des mines, détonne par son discours à la fois lucide, pragmatique et résolument tourné vers l’action collective.

Installé depuis plus d’un an à la tête de la CBG, ce juriste de formation, ancien directeur de la conformité et membre du comité de direction de la société, connaît la maison comme ses poches. Une immersion de longue date qui, selon lui, a constitué un atout majeur dans la redéfinition des orientations stratégiques de l’entreprise : « Le premier facteur clé de succès, c’est peut-être le fait que je suis CBG avant d’être à la direction générale », confie-t-il avec humilité.

Avant sa prise de fonction, la CBG donnait des signes inquiétants d’essoufflement. Presque au bord du gouffre, la société avait besoin d’un nouveau souffle. « Nous nous sommes arrêtés pour nous regarder en face », explique-t-il. Loin des décisions imposées d’en haut, Karifa Condé a opté pour une méthode participative, mettant au centre de sa gouvernance le capital humain : « L’employé est le moteur du système », martèle-t-il.

En appelant les 3 000 employés directs et près de 4 000 travailleurs indirects à contribuer aux décisions, le directeur général a su créer un esprit d’équipe, de responsabilité partagée, qui aujourd’hui porte ses fruits.

L’autre secret de cette dynamique réside dans le courage des réformes. Conscient que la CBG de 1963 n’a plus rien à voir avec celle de 2025, M. Condé a lancé une série de restructurations profondes, parfois impopulaires, mais toujours expliquées, concertées, assumées. « Le monde a changé, les partenaires ont changé, la Guinée a changé. Il fallait oser », dit-il.

C’est cette posture d’équilibriste, entre traditions industrielles et exigences contemporaines, qui permet aujourd’hui à la CBG de se repositionner comme un acteur central et viable du secteur minier guinéen.

La RSE comme boussole, la raffinerie comme horizon. Mais les défis restent de taille. Premier d’entre eux : préserver la licence sociale d’opérer. La CBG, pendant des années, a endossé les fonctions de l’État dans plusieurs localités, en assurant l’accès à l’eau, à l’électricité, à l’éducation… Aujourd’hui, la question est de savoir comment recentrer l’entreprise sur ses activités fondamentales tout en maintenant ses engagements sociaux.

L’autre défi stratégique, de taille également, porte un nom : la raffinerie d’alumine. « Nous voulons véritablement réaliser ce projet », affirme-t-il. Le Conseil d’administration de la CBG vient d’ailleurs d’exiger une accélération du calendrier, sous la pression notamment du ministère des Mines, qui entend traduire en actes la volonté gouvernementale de favoriser la transformation locale des ressources.

Un capitaine lucide, une vision collective. Karifa Condé refuse d’endosser seul le mérite du redressement. À ses yeux, le succès de la CBG est d’abord celui d’une équipe, d’un collectif, d’une entreprise qui a su se remettre en cause et se réinventer. Mais il incarne incontestablement une nouvelle manière de piloter une compagnie stratégique dans un contexte minier global en mutation.

En replaçant l’humain au cœur de la performance, en réformant avec méthode et en regardant vers l’avenir avec réalisme, le directeur général de la CBG trace un chemin exigeant mais porteur d’espoir. Une trajectoire à suivre, non seulement pour les entreprises minières guinéennes, mais pour l’ensemble du tissu industriel du pays.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

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