Tribune – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Wed, 06 May 2026 12:19:44 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Tribune – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Au-delà du clic : Pour un civisme numérique au service de la reconstruction nationale (Par Amadou Lamarana Bah) https://planete7.info/au-dela-du-clic-pour-un-civisme-numerique-au-service-de-la-reconstruction-nationale-par-amadou-lamarana-bah/ Wed, 06 May 2026 12:10:26 +0000 https://planete7.info/?p=55016 À l’heure où la Guinée se connecte de plus en plus au monde, une nouvelle frontière se dessine : celle du numérique. Pour notre jeunesse, les réseaux sociaux ne sont plus de simples espaces de divertissement, ils sont devenus le nouveau forum public. Cependant, une question cruciale se pose : utilisons-nous ces outils pour bâtir […]]]>

À l’heure où la Guinée se connecte de plus en plus au monde, une nouvelle frontière se dessine : celle du numérique. Pour notre jeunesse, les réseaux sociaux ne sont plus de simples espaces de divertissement, ils sont devenus le nouveau forum public. Cependant, une question cruciale se pose : utilisons-nous ces outils pour bâtir des ponts ou pour creuser des fossés ?

Le piège de la division numérique trop souvent, nous voyons la toile devenir le théâtre de tensions, de désinformation et de replis identitaires. En tant qu’observateur des réalités de notre pays, je constate avec inquiétude que l’énergie de notre jeunesse est parfois dissipée dans des querelles virtuelles qui ne produisent aucune richesse, ni matérielle ni morale. La « Solution » par le Civisme Numérique mans mon essai « Solution », je prône une renaissance qui commence par l’individu. Transposé au monde digital, cela signifie transformer chaque smartphone en un outil de développement. Le civisme numérique, c’est choisir la vérification des faits plutôt que la rumeur, et le débat d’idées plutôt que l’insulte. La jeunesse guinéenne possède un talent créatif immense.

Imaginez si cette force était canalisée pour :Promouvoir l’entrepreneuriat local en utilisant la visibilité digitale pour nos produits. Éduquer et sensibiliser sur les enjeux de santé, d’environnement et de citoyenneté. Renforcer l’unité nationale en célébrant ce qui nous rassemble par-delà les écrans. Un appel à la responsabilité. Nous sommes la génération qui écrit l’histoire de la Guinée sur le web. Chaque publication, chaque partage est une pierre ajoutée — ou retirée — à l’édifice national. Mon appel est simple : devenons des « ambassadeurs de solutions » sur la toile. La technologie n’est qu’un miroir de notre âme collective. Faisons en sorte que le reflet numérique de la Guinée soit celui d’une jeunesse responsable, audacieuse et résolument tournée vers le progrès.

 

Par Amadou Lamarana Bah, acteur citoyen, écrivain et essayiste.

À propos de l’auteurAmadou Lamarana Bah est un écrivain et essayiste guinéen dont l’œuvre est centrée sur la transformation sociale.

Auteur de plusieurs ouvrages remarqués dont La haine d’un orphelin et l’essai prospectif Solution :

Pour une renaissance politique et morale de la Guinée (Éditions L’Harmattan), Le Fatal <<Oui>> – Dire non aux pièges de l’amour, il s’impose comme une voix majeure pour la jeunesse. À travers ses écrits, il explore les moyens de concilier identité, éthique et modernité pour le développement du continent.

 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
55016
Sortir de la posture, entrer dans la charge (Par Amadou S. Tall) https://planete7.info/sortir-de-la-posture-entrer-dans-la-charge-par-amadou-s-tall/ Wed, 22 Apr 2026 12:08:00 +0000 https://planete7.info/?p=54271 En novembre 2024, lors d’un séjour à Kigali, une conversation informelle avec un interlocuteur que je venais à peine de rencontrer a fait basculer quelque chose dans ma manière de lire notre génération. Nous parlions de gouvernance, des blocages de nos États, de ce que nos pays n’arrivent pas à devenir. Et au détour d’une […]]]>

En novembre 2024, lors d’un séjour à Kigali, une conversation informelle avec un interlocuteur que je venais à peine de rencontrer a fait basculer quelque chose dans ma manière de lire notre génération.

Nous parlions de gouvernance, des blocages de nos États, de ce que nos pays n’arrivent pas à devenir. Et au détour d’une phrase, il a dit une chose très simple, presque banale, mais qui m’a accompagné pendant des mois : Le problème n’est ni le système, ni sa forme, mais l’absence de valeurs profondes chez ceux qui l’habitent.

Ce soir-là, dans une ville qui est l’un des rares laboratoires africains d’exécution politique, j’ai compris que nous avions passé trop de temps à débattre des architectures et pas assez à interroger les architectes. Nous-mêmes, en premier lieu.

Je fais partie de cette génération africaine formée à l’analyse, connectée au monde, outillée comme aucune avant elle, et pourtant étrangement dépendante de la parole.

Nous avons appris à diagnostiquer plus vite que nous n’apprenons à construire, à indexer les responsabilités plus finement que nous ne les assumons, à produire du contenu sur nos pays plus abondamment que nous ne produisons leurs infrastructures.

Ce n’est pas un défaut individuel, je m’y inclus pleinement d’ailleurs et pense qu’il s’agit d’une dérive collective, lente, presque imperceptible, et dont le coût ne se mesure pas aux réseaux sociaux mais aux décennies qui passent sans que rien ne change vraiment dans les fondations de nos économies et de nos États.

Il faut nommer cette dérive avec précision, parce que tant qu’elle reste diffuse, elle conserve son pouvoir.

Nous avons organisé, sans l’avoir décidé, une économie de la posture : un espace où la lucidité affichée tient lieu d’action, où la dénonciation vaut engagement, où le fait de voir le problème dispense, curieusement, d’avoir à le résoudre.

On y gagne parfois de la visibilité, on y conquiert une forme de reconnaissance symbolique, on y construit même des carrières entières.

Mais on n’y produit presque rien de ce qui, demain, permettra à nos sociétés de se tenir debout sans dépendre de l’extérieur pour leurs paiements, leurs infrastructures, leurs récits ou leurs décisions stratégiques.

Je ne lance pas ce constat depuis une position surplombante. Je l’ai d’abord fait sur moi-même. Pendant longtemps, j’ai cru que produire des idées, les partager, les défendre publiquement suffisait à participer au changement que j’appelais de mes vœux.

C’est en construisant Nimba SMS, dans un marché où presque tout restait à faire, que j’ai d’abord compris à quel point j’avais sous-estimé la différence entre parler d’un problème et résoudre un problème.

Mais c’est surtout en m’engageant, plus récemment, dans la construction de Guinee Alliance Startup, cette tentative patiente, parfois décourageante, de fédérer un écosystème startup guinéen encore fragmenté, que j’ai pris la mesure de ce que signifie réellement construire du collectif.

Rien n’y est évident. Il faut réconcilier des intérêts qui s’ignorent, parfois se défient. Il faut convaincre des acteurs qui n’ont pas encore l’habitude de se coordonner que leur intérêt n’est pas dans la compétition silencieuse mais dans l’alliance visible. Il faut absorber les découragements, les malentendus, les lenteurs institutionnelles, les promesses qui s’évaporent, et continuer.

Ce travail-là, je l’avais sous-estimé. Je le sous-estime encore, probablement, certains jours. Mais il m’a appris ceci : la différence entre celles et ceux qui transforment réellement un écosystème et celles et ceux qui le commentent ne se joue pas dans l’intelligence, elle se joue dans la capacité à rester, à tenir, à revenir le lendemain quand la veille a été difficile.

Cette expérience m’a conduit à une lecture que je crois juste de ce qui se joue actuellement sur le continent. Nos institutions ne sont pas étrangères à nous : elles sont le reflet, agrandi et parfois déformé, de nos comportements collectifs.

S’il y a du court-termisme dans nos politiques publiques, c’est parce qu’il y a du court-termisme dans nos ambitions privées.

S’il y a de l’opportunisme dans nos élites, c’est parce qu’il y a de la complaisance dans nos classes éduquées, celles-là mêmes qui devraient, par leur formation et leur exposition, tirer le niveau vers le haut.

Changer le système, ce n’est donc pas seulement changer ceux qui le dirigent, parce que le remplacement des individus sans transformation des habitudes ne produit qu’une rotation des mêmes logiques.

Changer le système, c’est d’abord se transformer soi-même, dans sa manière de travailler, d’interagir, d’assumer ses erreurs, de tenir dans la durée quand les résultats tardent à venir.

C’est à ce point précis que se dessine, je crois, la véritable ligne de fracture de notre génération.

Elle ne passe pas entre les diplômés et les autres, entre la diaspora et ceux qui sont restés, entre les entrepreneurs et les fonctionnaires.

Elle passe entre celles et ceux qui ont accepté que construire est long, souvent invisible, parfois décourageant, et qui s’y tiennent malgré tout et celles et ceux qui croient encore, consciemment ou non, qu’une bonne analyse, une vidéo bien faite, une indignation bien partagée suffiront à produire ce que seule une discipline de dix ou vingt ans est capable de produire.

Les premiers ne sont pas plus intelligents que les seconds. Ils ont simplement compris que, dans l’histoire des nations qui se sont redressées, aucune ne l’a fait par le verbe. Toutes l’ont fait par le geste, répété, patient, souvent impopulaire, presque toujours mal récompensé sur le moment.

Ce basculement a une exigence morale que nous avons du mal à regarder en face. Il impose de reconnaître que chaque position que nous occupons est une responsabilité qui nous dépasse, et que chaque compétence que nous avons acquise est un devoir de transmission envers celles et ceux qui viendront après nous.

Nous n’avons pas été formés, connectés, exposés au monde pour nous en servir à titre personnel. Nous l’avons été, par nos familles, par nos États, par les écosystèmes qui nous ont ouvert des portes, pour servir ce qui nous a construits.

C’est une inversion radicale de la logique dominante, qui nous apprend depuis des années à maximiser d’abord notre trajectoire individuelle, quitte à redistribuer plus tard quand nous serons en sécurité.

Or cette logique, poussée à grande échelle, produit exactement le continent que nous déplorons : un continent riche d’individus accomplis et pauvre de projets collectifs, brillant dans ses diasporas et fragile dans ses territoires.

Je ne crois pas, pour autant, aux discours qui opposent théâtralement la jeunesse africaine à ses États, à ses aînés, à ses institutions.

Ces oppositions nous coûtent cher parce qu’elles nous dispensent du travail le plus exigeant, qui est celui de la co-construction patiente, de la coalition silencieuse, du dialogue stratégique avec des acteurs que nous préférerions affronter tant l’affrontement est plus lisible et plus gratifiant que la négociation.

L’État, dans nos pays, n’est ni notre adversaire ni notre sauveur : il est un partenaire à actualiser, à éclairer de nos retours de terrain, à accompagner dans des transformations qu’il ne peut pas mener seul parce que personne, nulle part, ne transforme un pays depuis un seul centre de pouvoir.

La diaspora n’est pas une menace ni un sauvetage : elle est une extension de nous-mêmes, qu’il faut savoir relier aux dynamiques locales sans la romantiser ni l’instrumentaliser.

Les aînés ne sont pas un frein : ils sont une mémoire, parfois lourde, souvent précieuse, dont l’ignorance nous condamne à refaire des erreurs que d’autres ont déjà payées pour nous.

Fanon écrivait que chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. Je ne sais pas encore ce que fera la nôtre. Je sais en revanche qu’elle ne peut plus prétendre ne pas savoir ce qui lui est demandé.

Nous avons l’information, les outils, les modèles, les connexions, les exemples. Ce qui nous manque n’est plus l’accès.

C’est la décision, celle, difficile, de quitter le confort de la posture pour entrer dans l’inconfort de la charge, celle d’accepter que les transformations que nous appelons de nos vœux n’auront lieu que si nous consentons à les porter dans la durée, sans caméra, sans applaudissement, sans certitude même qu’elles aboutiront de notre vivant.

Ce consentement-là, personne ne peut le signer à notre place. Et c’est très exactement là, dans le silence de ce choix individuel répété à des millions d’exemplaires sur le continent, que commence le DEVOIR.


Amadou S. Tall – entrepreneur, auteur et ecosystem builder.

#TheCallOfDuty

]]>
54271
Au-delà des postures : plaidoyer pour une action responsable et des résultats concrets au CNT https://planete7.info/au-dela-des-postures-plaidoyer-pour-une-action-responsable-et-des-resultats-concrets-au-cnt/ Sun, 05 Apr 2026 17:14:07 +0000 https://planete7.info/?p=53454 Pour ouvrir cette tribune, je m’appuierai sur deux citations aux résonances contrastées. La première, attribuée au président et écrivain sénégalais Léopold Sédar Senghor, affirme la primauté de la sensibilité : « L’émotion est nègre comme la raison est hellène. » La seconde, issue d’une autre tradition de pensée, rappelle la force du travail discret : […]]]>

Pour ouvrir cette tribune, je m’appuierai sur deux citations aux résonances contrastées. La première, attribuée au président et écrivain sénégalais Léopold Sédar Senghor, affirme la primauté de la sensibilité :

« L’émotion est nègre comme la raison est hellène. »

La seconde, issue d’une autre tradition de pensée, rappelle la force du travail discret :

« Les grandes œuvres se réalisent dans le silence, et ce sont leurs résultats qui parlent le plus fort. »

Ces deux visions, loin de s’opposer, nous invitent à trouver un équilibre entre conviction et responsabilité, entre expression et efficacité.

Nous ne siégeons pas en plénière pour offrir un spectacle, mais pour produire des résultats concrets au service des populations.

Pourtant, force est de constater que nous avançons encore trop souvent à tâtons, avec une tendance préoccupante à prendre position sans en maîtriser pleinement les tenants et aboutissants. Or, la responsabilité qui est la nôtre exige rigueur, lucidité et sens élevé du devoir.

La récente plénière consacrée à l’examen de la loi de finances initiale 2026 constituait un moment crucial : il s’agissait de doter l’exécutif des moyens nécessaires pour répondre aux attentes légitimes des citoyens. Dans ce cadre, une exigence s’imposait : le respect strict de l’ordre du jour. Le débat devait rester centré sur les enjeux budgétaires, là où les chiffres, les priorités et les arbitrages traduisent concrètement les politiques publiques.

Dès lors, s’en prendre au Premier ministre alors même que le point inscrit ne portait pas sur une question politique soulève des interrogations légitimes. Si cette posture procédait d’une conviction profonde, la cohérence aurait commandé des actes forts, tels qu’une démission en signe de protestation, notamment dans un contexte marqué par la dissolution de partis politiques. À défaut, ces prises de parole peuvent donner le sentiment d’une mise en scène davantage que d’un engagement sincère.

Il convient de rappeler que, quelques jours auparavant, le chef du gouvernement présentait sa politique générale. C’était précisément le cadre approprié pour exprimer un désaccord politique. À l’inverse, une plénière budgétaire appelle un langage précis, technique et rigoureux : celui des chiffres, non celui des postures.

Dans toute institution, les règles garantissent l’équilibre et le respect mutuel. Le temps de parole de chaque conseiller national est strictement encadré par le règlement intérieur du CNT. Il ne saurait être accaparé au détriment des autres pour des démonstrations personnelles. Chacun doit pouvoir s’exprimer dans le respect des règles communes, avec discipline et courtoisie.

À l’approche de la fin de notre mandat, prévue le 24 mai, la tentation peut être grande de rechercher une visibilité accrue. Mais l’essentiel n’est pas là. Il réside dans notre capacité à accomplir efficacement la mission qui nous a été confiée.

Pour ma part, je peux affirmer, sans prétention, être satisfait du travail accompli au sein du CNT, notamment en tant que représentant des acteurs culturels. Avec mes collègues, nous avons contribué à porter la voix du secteur et à traduire ses préoccupations en actions concrètes.

Les avancées sont significatives. La culture est désormais consacrée dans la Constitution, notre loi suprême. Six lois, ainsi que plusieurs conventions en faveur des acteurs des arts, du tourisme et de l’artisanat, ont été adoptées. Dans les lois de finances, le secteur bénéficie d’une attention accrue, illustrée par l’augmentation du budget du ministère concerné. Les départements ont également été dotés de moyens logistiques, notamment en véhicules, ce qui relevait auparavant de l’exception.

Au-delà de ces acquis, le travail mené au sein du CNT a contribué à repositionner la culture comme un levier stratégique du développement national, au point de l’inscrire comme deuxième pilier du programme Simandou 2040, aux côtés de l’éducation. Car, avant d’être un divertissement, l’art éduque, informe, sensibilise et contribue au bien-être des sociétés.

Plus récemment, dans le cadre de la loi de finances initiale, un budget spécifique — le Budget d’Affectation Spéciale (BAS) — a été recommandé pour la culture. Il comprend notamment un fonds destiné à l’opérationnalisation de projets structurants, tels que la finalisation des infrastructures culturelles et le lancement de la construction d’un Palais de la culture avant fin 2026. Voilà des résultats concrets, mesurables et utiles.

Parallèlement, mes préoccupations sont restées ancrées dans les attentes quotidiennes de nos concitoyens : l’accès aux compteurs prépayés, le manque de personnel enseignant, médical et de sécurité dans nos sous-préfectures, ainsi que le faible niveau de notre équipe nationale, en partie lié au sous-financement de notre championnat local, pourtant essentiel à l’émergence des talents de demain.

Au cours de cette législature de transition, nous avons eu la chance de bénéficier d’un leadership stable à la tête du CNT. Au-delà de mon engagement pour l’éducation, la santé, l’emploi, la jeunesse, le sport et la culture, cette expérience a été pour moi une véritable école. J’ai eu le privilège d’apprendre aux côtés de figures respectées, dont les conseils et l’expérience ont été précieux.

À l’approche du 24 mai, nous quitterons probablement nos fonctions avec un sentiment de fierté : celui d’avoir servi la Guinée, les Guinéens et la culture avec engagement, respect et abnégation. Pour ma part, je retrouverai sans doute ma vie professionnelle — la scène et l’entrepreneuriat — avec la satisfaction d’avoir dignement représenté, durant ces quatre années, celles et ceux qui m’ont fait confiance.

C’est pourquoi nous devons éviter de fabriquer de faux héros sans en comprendre le contexte. Nos institutions méritent mieux que des postures. Elles exigent du sérieux, de la discipline et un engagement sincère au service de l’intérêt général.

Pour le temps qui nous reste, recentrons-nous sur l’essentiel : produire des résultats concrets pour nos concitoyens.

Honorable Elhadj Mamadou Thug

Artiste comédien et membre du CNT

Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
53454
TRIBUNE : Chicha en Guinée, de loisir tendance à menace silencieuse pour la jeunesse https://planete7.info/tribune-chicha-en-guinee-de-loisir-tendance-a-menace-silencieuse-pour-la-jeunesse/ Fri, 27 Mar 2026 11:35:08 +0000 https://planete7.info/?p=53053 Dans plusieurs villes guinéennes, notamment à Conakry et Labé, la consommation de la chicha connaît une progression préoccupante. Autrefois cantonnée à un cadre festif ou occasionnel, elle s’impose désormais comme une pratique courante dans les espaces de divertissement, au point de s’ancrer dans les habitudes d’une partie de la jeunesse. Ce qui retient particulièrement l’attention, […]]]>

Dans plusieurs villes guinéennes, notamment à Conakry et Labé, la consommation de la chicha connaît une progression préoccupante. Autrefois cantonnée à un cadre festif ou occasionnel, elle s’impose désormais comme une pratique courante dans les espaces de divertissement, au point de s’ancrer dans les habitudes d’une partie de la jeunesse.

Ce qui retient particulièrement l’attention, c’est l’adhésion croissante des jeunes femmes à cette pratique. Longtemps marginale dans certains cercles, la chicha s’est progressivement banalisée, jusqu’à être associée à une certaine image de modernité, de liberté ou d’intégration sociale. Une perception trompeuse qui masque pourtant des risques bien réels.

Contrairement à une idée largement répandue, la chicha est loin d’être inoffensive. Les données issues du domaine de la santé publique mettent en évidence des effets nocifs significatifs : atteintes respiratoires, maladies cardiovasculaires et dépendance à la nicotine. Une seule séance de chicha peut exposer l’organisme à un volume de fumée équivalant à celui de plusieurs cigarettes, voire davantage. Un danger souvent sous-estimé par les consommateurs.

Mais au-delà des risques sanitaires déjà connus, une évolution encore plus alarmante se dessine. Dans certains milieux, la chicha est détournée de son usage initial pour devenir un support de consommation de substances psychoactives, notamment des drogues. Cette pratique, parfois ignorée par les utilisateurs eux-mêmes, amplifie considérablement les risques, tant sur le plan de la santé que sur celui de la sécurité sociale.

Face à cette situation, l’absence de réponse forte interpelle. La régulation de la chicha en Guinée demeure insuffisante, laissant proliférer des espaces de consommation peu ou pas contrôlés. Pourtant, l’urgence est réelle : encadrer la distribution, renforcer les contrôles et mener des campagnes de sensibilisation efficaces apparaissent aujourd’hui comme des priorités incontournables.

Cependant, la responsabilité ne saurait incomber uniquement aux autorités publiques. Les familles, les acteurs éducatifs et la jeunesse elle-même ont un rôle déterminant à jouer. Il s’agit avant tout d’un enjeu de prise de conscience collective. Ce qui est perçu comme un simple moment de détente peut rapidement évoluer vers une dépendance insidieuse, aux conséquences durables.

La jeunesse guinéenne constitue un pilier essentiel pour l’avenir du pays. La voir s’exposer à des pratiques à risque, sous couvert de loisir, est une dérive qui appelle à une mobilisation immédiate. Il est encore temps d’agir  mais le temps, lui, presse.

Thierno Abdourahmane Diallo, correspondant à Labé pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
53053
L’inclusion financière ne se fera pas sans un capital invisible : “la confiance” https://planete7.info/linclusion-financiere-ne-se-fera-pas-sans-un-capital-invisible-la-confiance/ Tue, 24 Mar 2026 22:10:02 +0000 https://planete7.info/?p=52933 Alors que l’innovation technologique transforme rapidement les systèmes financiers, un élément fondamental demeure le véritable moteur ou frein de l’inclusion financière : “la confiance”. Sans elle, aucune stratégie de bancarisation ne peut réussir, aucun outil numérique ne peut être adopté, et aucune politique économique ne peut atteindre son plein potentiel. Aujourd’hui, près de 1,4 milliard […]]]>

Alors que l’innovation technologique transforme rapidement les systèmes financiers, un élément fondamental demeure le véritable moteur ou frein de l’inclusion financière : “la confiance”. Sans elle, aucune stratégie de bancarisation ne peut réussir, aucun outil numérique ne peut être adopté, et aucune politique économique ne peut atteindre son plein potentiel.

Aujourd’hui, près de 1,4 milliard de personnes dans le monde restent exclues du système financier formel. Malgré l’essor des fintech, du mobile money et des identités numériques, l’adoption reste inégale. La raison est simple : on ne bâtit pas un système financier sur des outils, mais sur la certitude que le système protège et respecte les citoyens.

“La confiance”, premier capital des économies

Dans de nombreux pays, l’histoire économique a été marquée par des faillites bancaires, une inflation persistante, l’instabilité institutionnelle et des systèmes de gouvernance fragiles ont ancré une méfiance profonde envers les institutions financières. Cette mémoire collective influence encore aujourd’hui l’adoption des services formels, même lorsque des solutions innovantes existent.

Ainsi, même lorsque les technologies de paiement progressent, l’adoption demeure limitée si la confiance institutionnelle n’est pas au rendez vous. L’échec ou la lenteur de certaines stratégies nationales de bancarisation s’expliquent largement par ce facteur invisible mais déterminant.

La confiance apparaît ainsi comme un capital stratégique incontournable plus difficile à construire que les infrastructures, mais infiniment plus puissant.

Pour bancariser , il faut d’abord instaurer “la confiance”…

S’insérer dans le système financier formel n’est pas un acte neutre. Il signifie :

  •  Confier son argent à une institution ;
  •  Accepter la traçabilité des transactions ;
  •  Comprendre et respecter un cadre réglementaire souvent complexe ;
  •  Renoncer à la tangibilité rassurante du cash; symbole de certitude et d’autonomie.

Pour des millions de ménages vulnérables, ces étapes représentent un saut psychologique et culturel et surtout un saut dans un univers inconnu.

La confiance n’est pas un supplément : c’est la condition d’entrée, elle devient donc la première passerelle vers la bancarisation.

Entre technologies et incertitudes, la confiance devient la clé de la stabilité économique & monétaire

Pour les États, renforcer la confiance n’est pas qu’une question d’inclusion.

C’est aussi protéger :

  •  La stabilité macroéconomique,
  •  La lutte contre la criminalité financière,
  •  La résilience du système bancaire,
  •  La souveraineté monétaire.

Dans les pays où le cash domine, les autorités perdent une partie du contrôle sur la masse monétaire, rendant plus complexes :

  •  Le pilotage de la masse monétaire,
  •  La lutte contre l’inflation,
  •  L’optimisation des politique fiscales et budgetaires,
  •  La mobilisation de ressources fiscales,
  •  La lutte contre l’économie informelle,
  • La planification économique,
  •  La gestion de crise.

À l’heure des tensions géopolitiques, de la cybercriminalité et des crypto actifs; la maîtrise des flux financiers est un enjeu de souveraineté. Les nations qui renforcent la confiance dans leurs institutions renforcent en réalité leur stabilité macroéconomique.

Un équilibre délicat entre innovation et confiance

Face à ces enjeux, trois défis majeurs s’imposent : Technologie, Gouvernance, Éducation.

  •  Technologique : sécuriser les infrastructures, garantir l’interopérabilité et protéger les données.
  • Institutionnel : renforcer la transparence, la supervision et la lutte contre la corruption.
  •  Sociétal : combler la fracture numérique et améliorer la littératie financière.

Un seul incident fraude massive, cyberattaque, manque de communication, défaut de transparence peut fragiliser des années d’efforts. La confiance exige constance, rigueur et responsabilité.

Pourquoi la confiance décidera du futur des économies émergentes.???

Si la confiance est un défi, elle est aussi une formidable opportunité.

Les pays qui réussiront à instaurer un climat de confiance durable pourront :

  •  Attirer plus d’investissements privés ;
  • Accélérer la formalisation de l’économie ;
  • Améliorer l’efficacité des politiques monétaires ;
  • Tirer parti des innovations fintech de manière inclusive ;
  • Renforcer leur crédibilité internationale.

Dans cette nouvelle économie mondiale, la confiance devient un avantage comparatif. Une ressource stratégique aussi importante que le capital financier lui-même.

Le vrai défi financier et économique; Reconstruire la confiance

La confiance se nourrit de rigueur. Elle exige des États :

  •  Des cadres réglementaires solides et fiables,
  • Une supervision agile,
  • Une protection élévée et rigoureuse des consommateurs de leurs informations et données personnelles,
  •  Une communication transparente en période de crise.

La confiance ne se décrète pas : elle se construit, se protège et se renouvelle. C’est le pilier d’un système financier capable de résister aux crises et de soutenir le développement. C’est le prix à payer pour instaurer une relation saine entre populations, institutions financières et régulateurs. Sans cela, la méfiance renaît, et les réformes échouent.

Conclusion

La confiance n’est pas un luxe c’est le socle du développement financier global”

L’inclusion financière n’est pas un exercice technique.

Elle n’est pas un produit bancaire.

Elle n’est pas une application mobile.

Elle n’est pas qu’une question d’accès ou de technologie; C’est d’abord une question de confiance : confiance dans les institutions, dans la régulation, dans la technologie et dans l’avenir. C’est un projet de société fondé sur la confiance entre l’État, les institutions financières et les citoyens.

Pour relever les défis du XXIᵉ siècle inflation, digitalisation, volatilité monétaire, risques géopolitiques; les pays devront investir dans cette confiance avec la même énergie qu’ils investissent dans les infrastructures ou la technologie. Parce que dans l’économie mondiale, une vérité demeure universelle :

On ne construit pas un système financier solide sans construire d’abord la confiance. Pour construire des économies résilientes, réduire les inégalités et renforcer la souveraineté des États, investir dans la confiance n’est pas une option : c’est une priorité stratégique.

Gervais Moussongo

Expert – Consultant en Stratégie, Intelligence Économique & GéoÉconomie. Managing Partner Chez ADVALYS Consulting Group

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
52933
Des enfants livrés à eux-mêmes dans les rues : Quand les parents abandonnent l’éducation de leurs enfants par Boubacar Garki Diallo https://planete7.info/des-enfants-livres-a-eux-memes-dans-les-rues-quand-les-parents-abandonnent-leducation-de-leurs-enfants-par-boubacar-garki-diallo/ Mon, 23 Mar 2026 16:12:32 +0000 https://planete7.info/?p=52850 De nos jours, le constat est alarmant : certains parents semblent avoir complètement démissionné de leur rôle dans l’éducation de leurs enfants. S’il est vrai qu’il existe des adultes sans enfants, aucun enfant, en revanche, ne vient au monde sans parents. Les images prises au rond-point de Tinkisso, ce lundi 23 mars 2026, entre 1 […]]]>

De nos jours, le constat est alarmant : certains parents semblent avoir complètement démissionné de leur rôle dans l’éducation de leurs enfants. S’il est vrai qu’il existe des adultes sans enfants, aucun enfant, en revanche, ne vient au monde sans parents.

Les images prises au rond-point de Tinkisso, ce lundi 23 mars 2026, entre 1 heure et 2 heures du matin, illustrent parfaitement cette réalité préoccupante. On y aperçoit des enfants mineurs, âgés pour certains de moins de 10 ans et pour d’autres de moins de 15 ans, filles et garçons confondus, errant dans les rues de la ville, livrés à eux-mêmes et adoptant des comportements déviants.

Certains profèrent des injures qu’il est difficilement concevable de répéter en public. D’autres tiennent des cigarettes ou consomment des substances illicites, malgré leur jeune âge. Par ailleurs, plusieurs d’entre eux se retrouvent dans des situations de copinage et de fréquentations précoces, particulièrement dangereuses dans de telles circonstances.

Cette situation contribue inévitablement à la recrudescence de phénomènes inquiétants tels que les viols sur mineurs, la délinquance et le banditisme. Il suffit d’observer les audiences criminelles : les affaires liées aux violences sexuelles, notamment sur mineurs, y sont devenues tristement récurrentes.

Une question essentielle se pose alors : ces enfants ont-ils des parents ? Par ailleurs, de nombreux accidents de la circulation, particulièrement en période de fête, impliquent des enfants. Un simple constat dans les services d’urgence des hôpitaux permet de mesurer l’ampleur du problème.

Pour comprendre cette démission parentale, il suffit d’observer les rues de la ville de Labé, notamment au rond-point de Tinkisso, ainsi que certains restaurants et lieux de loisirs lors des périodes festives.

La fête ne devrait en aucun cas être une occasion de laisser les enfants sortir tard dans la nuit et s’exposer à tous les dangers. Bien au contraire, ces moments exigent davantage de vigilance, de protection et d’encadrement de la part des parents.

Face à cette situation préoccupante, les autorités locales doivent impérativement agir en mettant en place des mesures adaptées pour endiguer ce phénomène. Quant aux parents, ils doivent prendre conscience que l’éducation et la protection des enfants leur incombent avant tout.

Il est encore temps d’agir, avant que l’irréparable ne devienne la norme.

Boubacar Garki Diallo, journaliste ✅

 

Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
52850
ORGANISER ET CONTROLER LE METIER DE CAMBISTE OU CONTINUER A SUBIR LA CRISE MALGRÉ LES RÉFORMES ANNONCÉES PAR LES AUTORITÉS DU PAYS https://planete7.info/organiser-et-controler-le-metier-de-cambiste-ou-continuer-a-subir-la-crise-malgre-les-reformes-annoncees-par-les-autorites-du-pays/ Fri, 20 Mar 2026 23:24:19 +0000 https://planete7.info/?p=52819 Je tiens, à exprimer ma profonde reconnaissance à Son Excellence le Président de la République son excellence Mamadi DOUMBOUYA pour son écoute attentive et son ouverture à l’essentiel de mes premières propositions formulées face à la crise de liquidité que traverse notre pays sans oublier le site Planete7.info pour la publication. -la démonétisation ciblée, -l’allègement […]]]>

Je tiens, à exprimer ma profonde reconnaissance à Son Excellence le Président de la République son excellence Mamadi DOUMBOUYA pour son écoute attentive et son ouverture à l’essentiel de mes premières propositions formulées face à la crise de liquidité que traverse notre pays sans oublier le site Planete7.info pour la publication.

-la démonétisation ciblée,

-l’allègement des contraintes liées à la conformité, en particulier celles relevant de la CENTIF et de ORDEF

-ainsi que la promotion de la digitalisation des opérations financières à travers la venue de la société WAVE en Guinée.

constituent des décisions importantes et courageuses, qui vont dans le sens d’un assainissement progressif de notre système financier.

Ces orientations témoignent d’une volonté claire de réforme et méritent d’être saluées.

Il ne s’agit plus de simples cambistes isolés.
Nous sommes face à un véritable système :
implanté dans les marchés, les quartiers et les centres économiques connecté entre les villes et les régions capable de mobiliser rapidement des volumes importants de francs guinéens, de dollars et d’euros.
Chaque jour, ce réseau manipule d’importantes quantités de liquidité, sans cadre légal, sans contrôle et sans traçabilité.
Un risque majeur pour la souveraineté économique.

Ce phénomène dépasse le simple déséquilibre financier.
Il remet en cause un principe fondamental :

la maîtrise de la masse monétaire par la BCRG.
Comment piloter efficacement une économie lorsque :
une partie du cash circule en dehors du système bancaire ?
des volumes significatifs de devises échappent à tout suivi ?
les autorités ne disposent pas de données fiables sur les flux réels ?
Un État qui ne maîtrise pas la circulation de sa monnaie affaiblit sa capacité de décision.
Le cœur du problème : la manipulation du cash hors cadre formel.

Aujourd’hui en Guinée, des milliards de francs guinéens, d’euros et de dollars sont manipulés quotidiennement par des acteurs non formalisés.
-Sans obligation de déclaration.
-Sans supervision.
-Sans intégration au système financier.

Cette situation n’est pas seulement anormale.
Elle est dangereuse.
Bancariser ne suffit pas : il faut encadrer et contrôler.

Dans tous les pays organisés, les activités de change sont strictement encadrées. Les opérateurs sont agréés, les transactions sont plafonnées, les clients identifiés, et surtout, les encaisses sont déclarées régulièrement aux autorités. Ce dispositif permet à l’État de suivre, en temps réel, la circulation de la monnaie et de prendre des décisions éclairées.
La Guinée doit s’inscrire dans cette logique.
Il est impératif de mettre en place une réforme structurante reposant sur trois piliers :

1-La formalisation obligatoire de tous les cambistes, avec agrément délivré par la Banque Centrale ;

2-La déclaration journalière des encaisses en GNF, USD et EUR et CFA afin de reconstituer la masse monétaire réelle ;

3-L’intégration de ces acteurs dans un système digital connecté aux banques et aux opérateurs de mobile money.

Il ne s’agit pas de combattre les cambistes parce que il rapporte beaucoup à l’économie, mais de les intégrer dans un cadre légal, transparent et bénéfique pour tous.

La formalisation des cambistes est une étape nécessaire. Mais elle ne sera efficace que si elle s’accompagne d’un véritable dispositif de contrôle.
Les structures formalisées doivent être placées sous la supervision effective de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG).
Des obligations claires pour les cambistes formalisés.
Une fois intégrés dans le système, les cambistes doivent respecter des règles strictes.
Ils doivent notamment :
être soumis au contrôle de la BCRG
disposer d’un compte bancaire professionnel
tenir une comptabilité minimale de leurs opérations.
Mais surtout, ils doivent être soumis à une exigence essentielle :

👉 la déclaration journalière de leurs encaisses.

Chaque cambiste agréé doit déclarer quotidiennement :

-son encaisse en francs guinéens (GNF)

-son encaisse en dollars (USD)
-son encaisse en euros (EUR)
-son encaisse en (CFA)

Comme le font déjà les banques.

Des données stratégiques pour la décision publique.
Ces informations ne sont pas secondaires. Elles sont au cœur de la gouvernance économique.

Elles permettent à la BCRG :
-d’avoir une vision réelle de la liquidité disponible

-de suivre les flux en devises

-d’anticiper les tensions sur le marché

-d’ajuster efficacement la politique monétaire
Reprendre le contrôle de la masse monétaire globale :
Il est impératif que l’État retrouve une maîtrise complète de la masse monétaire.

Cela signifie une vision globale de :
la monnaie détenue par les banques,celle circulant dans le mobile money, celle détenue par les institutions financières et désormais… celle manipulée par les cambistes.

👉 Toutes les devises, tous les circuits, tous les acteurs doivent être intégrés dans un même système de suivi.
Des décisions courageuses s’imposent
Face à un système informel structuré, la réponse ne peut être timide.
L’État doit :
reconnaître et intégrer les cambistes,imposer la bancarisation obligatoire,exiger la transparence des flux,instaurer des obligations de déclaration
et sanctionner les activités non conformes.
une question de souveraineté.

La Guinée est à un moment décisif.
Elle doit continuer à reprendre le contrôle de son économie.
Bancariser les cambistes est une première étape.
Les encadrer et les contrôler efficacement est la condition de réussite.

Ce débat dépasse la technique.
C’est une question de souveraineté économique.

Il est temps d’agir.

Ensemble pour une Guinée prospère et une économie dynamique.

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
52819
Mano River Union : quand la tension cède face à la raison d’État Par Abdourahamane Nabé, Analyste social et des questions de gouvernance https://planete7.info/mano-river-union-quand-la-tension-cede-face-a-la-raison-detat-par-abdourahamane-nabe-analyste-social-et-des-questions-de-gouvernance/ Tue, 17 Mar 2026 18:26:20 +0000 https://planete7.info/?p=52659 Une semaine aura suffi pour rappeler à quel point la paix régionale reste fragile lorsque les passions s’emballent plus vite que les faits. Rumeurs, surenchères et interprétations hâtives, amplifiées par les réseaux sociaux, ont projeté les frontières entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone dans une zone de turbulence inquiétante. Dans ce climat […]]]>

Une semaine aura suffi pour rappeler à quel point la paix régionale reste fragile lorsque les passions s’emballent plus vite que les faits. Rumeurs, surenchères et interprétations hâtives, amplifiées par les réseaux sociaux, ont projeté les frontières entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone dans une zone de turbulence inquiétante.

Dans ce climat chargé, où chaque information devient potentiellement inflammable, le risque d’escalade n’était pas théorique. Il était réel. Et pourtant, au cœur de cette montée de tension, une autre dynamique s’est discrètement installée : celle du temps stratégique.

Car avant le tournant, il y a eu le silence.
Un silence maîtrisé. Calculé. Nécessaire.

Puis est venue la rencontre de Conakry, le 16 mars 2026. Une réunion des chefs d’État de la Mano River Union qui restera sans doute comme un moment charnière. Non pas seulement par son caractère diplomatique, mais par ce qu’elle symbolise : la capacité des États à reprendre la main lorsque les événements semblent leur échapper.

Dans cette séquence, la Guinée a adopté une posture à la fois ferme et mesurée. Le déploiement significatif de ses forces le long des frontières n’était pas une gesticulation, mais un signal. Un message adressé à la fois aux voisins, aux opinions publiques et aux acteurs informels de la crise : l’État reste maître de son territoire et de sa sécurité.

Mais ce qui distingue cette approche, c’est l’équilibre. Une démonstration de puissance sans provocation. Une affirmation sans rupture. Cette fameuse “main de fer dans un gant de velours” qui, lorsqu’elle est bien exécutée, évite le piège de l’escalade tout en préservant la crédibilité.

Le résultat est tangible : la tension est retombée. L’escalade s’est interrompue. Et surtout, la diplomatie a repris sa place naturelle comme cadre de résolution des différends.

Il faut ici souligner une leçon essentielle en matière de gouvernance : la gestion des crises contemporaines ne repose plus uniquement sur la force ou sur le discours. Elle exige une intelligence situationnelle. Une capacité à lire les dynamiques invisibles, à anticiper les perceptions et à agir avec précision dans un environnement saturé d’informations.

Dans l’espace Mano River, où les histoires nationales sont profondément imbriquées, chaque tension frontalière porte en elle des implications politiques, sociales et symboliques. C’est pourquoi la réponse ne peut être uniquement sécuritaire. Elle doit être globale, intégrant dialogue, confiance mutuelle et mécanismes durables de prévention.

La séquence actuelle ouvre ainsi une nouvelle opportunité : celle de transformer une crise potentielle en levier de consolidation régionale. Le retour au dialogue ne doit pas être perçu comme un simple apaisement conjoncturel, mais comme un point de départ pour traiter en profondeur les différends frontaliers.

Dans cette partie d’échecs régionale, la Guinée a avancé ses pions avec méthode. Mais au-delà du jeu d’influence, l’enjeu véritable reste la stabilité collective.

Car, en définitive, la puissance d’un État ne se mesure pas seulement à sa capacité de dissuasion, mais à son aptitude à mettre cette puissance au service de la paix.

Et c’est peut-être là, la véritable victoire.

Abdourahamane Nabé
Analyste social et des questions de gouvernance
drastone70@gmail.com

Planete7.info 

]]>
52659
Éditorial — Le protectionnisme de Donald Trump : une secousse mondiale, un avertissement salutaire pour l’Afrique et la Guinée https://planete7.info/editorial-le-protectionnisme-de-donald-trump-une-secousse-mondiale-un-avertissement-salutaire-pour-lafrique-et-la-guinee/ Mon, 23 Feb 2026 23:43:01 +0000 https://planete7.info/?p=51786 Par-delà les polémiques et les caricatures, la politique tarifaire de Donald Trump s’inscrit dans une logique que l’histoire économique connaît bien : celle des nations qui décident, lucidement, de défendre leurs intérêts stratégiques. Loin d’être une simple posture idéologique, le recours aux taxes douanières constitue un instrument de souveraineté. Et ses répercussions, bien qu’initiées à […]]]>

Par-delà les polémiques et les caricatures, la politique tarifaire de Donald Trump s’inscrit dans une logique que l’histoire économique connaît bien : celle des nations qui décident, lucidement, de défendre leurs intérêts stratégiques. Loin d’être une simple posture idéologique, le recours aux taxes douanières constitue un instrument de souveraineté. Et ses répercussions, bien qu’initiées à Washington, se font sentir jusqu’aux rivages de l’Afrique de l’Ouest, y compris en Guinée.
Le retour assumé de la souveraineté économique

Pendant plusieurs décennies, le dogme du libre-échange absolu s’est imposé comme une norme incontestable. Pourtant, ce système a produit des déséquilibres profonds. Des nations entières ont vu leurs industries décliner, incapables de rivaliser avec des économies où les coûts de production sont artificiellement réduits par des politiques étatiques agressives.

En imposant des taxes sur les importations, notamment en provenance de la Chine, Donald Trump a rompu avec cette résignation. Il a rappelé une vérité fondamentale : le commerce international n’est pas un exercice moral, mais un rapport de forces. Une nation qui ne protège pas ses secteurs stratégiques s’expose à la dépendance, puis à la vulnérabilité. Cette réalité n’est pas propre aux États-Unis. Elle concerne, avec une acuité encore plus grande, les économies africaines.

Une onde de choc révélatrice pour l’Afrique

Les mesures tarifaires américaines ont contribué à ralentir certains flux commerciaux mondiaux, provoquant une recomposition des chaînes d’approvisionnement. Pour l’Afrique, cette situation présente une double lecture.
D’un côté, la réduction des exportations chinoises vers les États-Unis a incité la Chine à intensifier sa présence commerciale en Afrique.

Le continent est devenu un débouché alternatif pour les produits chinois, souvent à bas prix. Cette concurrence accrue fragilise les industries locales africaines, encore naissantes et vulnérables.

Mais d’un autre côté — et c’est là l’enseignement le plus précieux — la politique de Trump expose une évidence que l’Afrique ne peut plus ignorer : aucune puissance ne se développe durablement sans protéger sa production nationale. Le protectionnisme américain agit ainsi comme un révélateur. Il met en lumière la nécessité, pour les nations africaines, de sortir du rôle passif de marchés de consommation pour devenir des puissances de production.

La Guinée face à l’impératif de lucidité

Pour la Guinée, pays riche en ressources naturelles mais encore dépendant des exportations de matières premières brutes, cette leçon est particulièrement cruciale. La bauxite guinéenne, essentielle à la production mondiale d’aluminium, est massivement exportée, notamment vers la Chine. Or, lorsque les tensions commerciales s’intensifient entre grandes puissances, les pays fournisseurs de matières premières deviennent les variables d’ajustement d’un système qu’ils ne contrôlent pas. Cette dépendance expose la Guinée à plusieurs risques : volatilité des prix, dépendance excessive envers un nombre limité de partenaires, absence de transformation industrielle locale.

La politique tarifaire de Trump, en perturbant les équilibres commerciaux, rappelle brutalement que les nations qui ne maîtrisent pas leur chaîne de valeur restent exposées aux décisions des autres. Mais cette situation constitue également une opportunité historique. Elle invite la Guinée à repenser son modèle économique : transformer localement ses ressources, développer ses industries, et protéger ses secteurs stratégiques lorsque cela s’avère nécessaire.

La fin de l’illusion d’un commerce neutre

Le monde qui émerge est un monde où les grandes puissances assument la défense de leurs intérêts. Les taxes douanières ne sont plus une anomalie, mais un instrument assumé de puissance. Dans ce contexte, l’Afrique, et la Guinée en particulier, ne peuvent plus se permettre une naïveté économique héritée d’un autre âge. La souveraineté ne se proclame pas seulement sur le plan politique ; elle se construit aussi, et surtout, sur le plan économique.

La politique de Donald Trump, qu’on l’approuve ou qu’on la critique, a eu le mérite de rappeler cette vérité essentielle : dans l’arène mondiale, seules les nations qui protègent leurs intérêts construisent leur avenir.
Pour la Guinée, le véritable enjeu n’est pas de juger cette politique, mais d’en tirer la leçon.

Doumbouya Ahmad 

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
51786
Sport en Guinée : infrastructures en débat, bilan à nuancer (Point de vue) https://planete7.info/sport-en-guinee-infrastructures-en-debat-bilan-a-nuancer-point-de-vue/ Wed, 18 Feb 2026 16:26:12 +0000 https://planete7.info/?p=51613 La récente prise de parole de Cellou Baldé, ministre de la Jeunesse et des Sports, devant le mouvement sportif guinéen, a recentré le débat sur un point précis : l’efficacité des investissements consacrés aux infrastructures. En s’interrogeant publiquement sur « à quoi ont servi les moyens mobilisés », le ministre a ciblé un segment clair […]]]>

La récente prise de parole de Cellou Baldé, ministre de la Jeunesse et des Sports, devant le mouvement sportif guinéen, a recentré le débat sur un point précis : l’efficacité des investissements consacrés aux infrastructures. En s’interrogeant publiquement sur « à quoi ont servi les moyens mobilisés », le ministre a ciblé un segment clair de l’action publique, c’est-à-dire les chantiers sportifs, notamment les grands stades.

Sur ce terrain, la question n’est pas anodine. Les retards du stade du 28 septembre de Conakry et du complexe de Nongo, ainsi que l’absence d’infrastructures tout simplement nourrissent depuis plusieurs années frustration et incompréhension chez les acteurs du sport. La demande de transparence apparaît donc, sur le fond, légitime.

Mais une évaluation équilibrée impose de ne pas réduire la gestion antérieure au seul volet infrastructurel.

Sous Keamou Bogola Haba par exemple, le ministère a également connu des évolutions notables sur le plan structurel et des politiques sportives. Son passage a été marqué par :

  •  l’organisation en Guinée de la Coupe d’Afrique des Nations de natation en eau libre, une première à l’échelle continentale pour le pays ;

  •  des initiatives de détection et de structuration des jeunes talents, notamment dans les catégories de base ;

  •  une diversification des disciplines soutenues au-delà du football ;

  • remise en ordre des fédérations en crise. Bogola Haba a clairement exercé son autorité pour remettre de l’ordre dans les fédérations sportives où des conflits internes paralysaient l’activité ;

  • une dynamique de planification stratégique visant à inscrire le sport et la jeunesse dans une vision à long terme.

Évidemment, ces éléments ne gomment pas les lenteurs observées sur certains chantiers, mais ils montrent que l’action ministérielle ne se limitait pas aux infrastructures.

La communication de Cellou Baldé, en se concentrant précisément sur l’utilisation des fonds liés aux stades, ne remet pas explicitement en cause l’ensemble des politiques menées auparavant. Elle cible un segment précis : la performance des investissements matériels.

Reste que cette prise de parole constitue pour lui un couteau à double tranchant.

D’un côté, elle envoie un signal de fermeté et de transparence, en phase avec les attentes d’une opinion lassée des retards.

De l’autre, elle crée une exigence immédiate de résultats. Interroger le passé engage l’avenir. Celui qui demande des comptes devra en rendre à son tour.

En ouvrant publiquement ce chantier, Cellou Baldé a élevé le niveau d’attente autour de son action.

Il est désormais, plus que jamais, attendu au tournant.

Par Alpha Oumar DIALLO

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

]]>
51613