Interview – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Tue, 10 Dec 2024 13:17:17 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Interview – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 Malgré les menaces de Kidnapping, Aliou BAH rentre en Guinée : « ma mission étant terminée, je suis de retour pour continuer ma vie de citoyen ordinaire… » https://planete7.info/malgre-les-menaces-de-kidnapping-aliou-bah-rentre-en-guinee-ma-mission-etant-terminee-je-suis-de-retour-pour-continuer-ma-vie-de-citoyen-ordinaire/ Tue, 10 Dec 2024 13:17:17 +0000 https://planete7.info/?p=35755 Le jeune leader du MoDeL signe son retour en Guinée malgré les menaces de Kidnapping dont il serait victime. Aliou Bah annonce son retour après sa mission en France. Le président du parti MoDeL informe également que son parti a déposé une plainte contre X pour menaces, à l’attention de Monsieur le procureur de la […]]]>

Le jeune leader du MoDeL signe son retour en Guinée malgré les menaces de Kidnapping dont il serait victime. Aliou Bah annonce son retour après sa mission en France.

Le président du parti MoDeL informe également que son parti a déposé une plainte contre X pour menaces, à l’attention de Monsieur le procureur de la république près le tribunal de première instance de Dixinn.

]]>
35755
Marc Yombouno interpelle Bah Oury : « Quand on est sage, Dieu nous donne tous les instruments, mais les gens ont des oreilles fermées » https://planete7.info/marc-yombouno-interpelle-bah-oury-quand-on-est-sage-dieu-nous-donne-tous-les-instruments-mais-les-gens-ont-des-oreilles-fermees/ Mon, 09 Dec 2024 19:55:07 +0000 https://planete7.info/?p=35727 Lors de l’assemblée générale du RPG Arc-en-ciel tenue ce samedi, Marc Yombouno, ancien ministre du Commerce et proche de l’ancien président de la Guinée, a pris la parole pour commenter le drame survenu le 1er décembre à N’Zérékoré, conséquence tragique d’une finale de football. Au cours de son intervention, Marc Yombouno a lancé un appel […]]]>

Lors de l’assemblée générale du RPG Arc-en-ciel tenue ce samedi, Marc Yombouno, ancien ministre du Commerce et proche de l’ancien président de la Guinée, a pris la parole pour commenter le drame survenu le 1er décembre à N’Zérékoré, conséquence tragique d’une finale de football.

Au cours de son intervention, Marc Yombouno a lancé un appel direct au Premier ministre Bah Oury, l’invitant à user de sagesse pour restaurer la paix et l’harmonie en Guinée. S’adressant à l’actuel occupant du Palais de la Colombe, il a évoqué les responsabilités et opportunités offertes par Dieu aux dirigeants pour préserver la cohésion sociale.

« Tout ce que Dieu fait, il passe par les hommes. C’est à nous de réfléchir et de transmettre le bon message. Le Premier ministre Bah Oury était président de la commission d’organisation du 28 septembre, qui s’était opposée à la candidature de Dadis. Dieu l’a ramené dans ce cercle pour qu’il puisse donner des conseils et veiller à ce que de telles tragédies ne se reproduisent pas. C’est aussi lui qui a présenté les condéléances suite au récent événement. Vous remarquez la similitude ? », a déclaré M. Yombouno avec insistance.

Poursuivant sur un ton critique, il a souligné : « Quand on est sage, Dieu nous donne tous les instruments pour rétablir le bon vivre en Guinée. Mais le véritable problème, c’est que beaucoup ont des oreilles fermées, et cela est extrêmement grave. »

Ces propos, empreints d’émotion et de gravitas, résonnent comme un appel à une prise de conscience collective et une invitation aux leaders politiques à mettre la sagesse et l’écoute au cœur de leur gouvernance. Le drame de N’Zérékoré reste un rappel poignant des conséquences d’une fracture sociale non résolue.

Alors que les regards se tournent vers le gouvernement, les paroles de Marc Yombouno interpellent : sauront-ils ouvrir leurs oreilles pour entendre l’appel à la paix et au dialogue ?

 

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

]]>
35727
Assemblée hebdomadaire du RPG : Les recommandations de l’ancien parti au pouvoir aux autorités de la transition https://planete7.info/assemblee-hebdomadaire-du-rpg-les-recommandations-de-lancien-parti-au-pouvoir-aux-autorites-de-la-transition/ Sat, 07 Dec 2024 23:32:40 +0000 https://planete7.info/?p=35656 Le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) a tenu son assemblée hebdomadaire ce samedi à son siège situé à Gbessia, dans la commune de Matoto. Cette rencontre, régulière pour les proches de l’ancien président Alpha Condé, a été marquée par des discussions sur des sujets d’actualité, notamment le drame survenu récemment à N’Zérékoré. Lors de […]]]>

Le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) a tenu son assemblée hebdomadaire ce samedi à son siège situé à Gbessia, dans la commune de Matoto. Cette rencontre, régulière pour les proches de l’ancien président Alpha Condé, a été marquée par des discussions sur des sujets d’actualité, notamment le drame survenu récemment à N’Zérékoré.

Lors de son intervention, Marc Yombouno, ancien ministre du Commerce sous le régime Condé, a fermement invité les autorités de la transition à élucider les circonstances de cette tragédie qui a coûté la vie à de nombreux citoyens lors d’un match de football. Il a exprimé son indignation face à la guerre des chiffres entourant le nombre de victimes, tout en rappelant l’importance de chaque vie humaine.

« Ce que nous demandons, c’est que les autorités recherchent la vérité. Nous avons déjà vécu le drame du 28 septembre 2009. Aujourd’hui, encore, nous sommes confrontés à un épisode tragique à N’Zérékoré. Faisons en sorte que la vérité soit établie pour prévenir de tels incidents dans notre pays. »

Marc Yombouno a relevé l’incohérence des données communiquées par diverses sources. Selon les rapports, les chiffres oscillent entre 56 morts annoncés par le gouvernement, 135 décomptés par certaines ONG locales, et jusqu’à 300 morts selon la diaspora forestière.

« Qui croire ? Mais même un seul mort, c’est déjà un compatriote de moins. Il est primordial de mettre en place tous les instruments nécessaires pour établir la vérité. Qui sont les organisateurs ? Qui a financé cet événement ? Qui a fait sa promotion ? Qui sont les responsables de ces actes ? Ces questions doivent trouver des réponses. »

L’ancien ministre a également exhorté les autorités à prendre des mesures concrètes pour prévenir de telles tragédies. Selon lui, la priorité ne devrait pas être une bataille de chiffres, mais bien l’établissement des faits et la prise de responsabilités pour rendre justice aux victimes et à leurs familles.

Le RPG, par cette assemblée, affirme une fois de plus son engagement à suivre de près les événements d’actualité et à interpeller les acteurs de la transition sur des questions de vérité, de justice et de respect des droits humains. Le drame de N’Zérékoré reste une épreuve douloureuse pour le pays tout entier, et les attentes pour une enquête impartiale et transparente sont immenses.

 

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

]]>
35656
Nzérékoré : Cellou Dalein Diallo Accuse le Gouvernement Après la Tragédie Mortelle https://planete7.info/nzerekore-cellou-dalein-diallo-accuse-le-gouvernement-apres-la-tragedie-mortelle/ Fri, 06 Dec 2024 22:18:21 +0000 https://planete7.info/?p=35603 En Guinée, une vive émotion s’est emparée du pays après une bousculade meurtrière survenue lors d’un événement public à Nzérékoré. Alors que les autorités peinent à justifier ce drame, Cellou Dalein Diallo, leader de l’opposition et président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), a fermement critiqué depuis l’exil la gestion gouvernementale de l’événement, […]]]>

En Guinée, une vive émotion s’est emparée du pays après une bousculade meurtrière survenue lors d’un événement public à Nzérékoré. Alors que les autorités peinent à justifier ce drame, Cellou Dalein Diallo, leader de l’opposition et président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), a fermement critiqué depuis l’exil la gestion gouvernementale de l’événement, qu’il qualifie de gravement négligente.

Selon Cellou Dalein Diallo, le drame de Nzérékoré révèle les profondes lacunes du régime en matière d’organisation et de sécurité. « Le stade où s’est tenue cette manifestation était inadapté, et aucune mesure sérieuse n’a été prise pour prévenir les risques. Cette tragédie est le résultat direct de l’impréparation et de l’irresponsabilité des autorités », a-t-il déclaré.

Le chef de l’opposition souligne que cette catastrophe intervient dans un contexte de manifestations publiques récurrentes, souvent perçues comme des vitrines promotionnelles pour le colonel Mamadi Doumbouya, chef de l’État et président de la transition. « Ces événements, qu’il s’agisse de concerts ou de tournois sportifs, servent à asseoir l’image du colonel Doumbouya. Mais leur organisation laisse à désirer, comme le prouve cette tragédie », a-t-il ajouté.

Cellou Dalein Diallo n’a pas mâché ses mots concernant la stratégie adoptée par le gouvernement et le Conseil national de la transition (CNRD). Il reproche aux autorités d’instrumentaliser des événements publics pour promouvoir implicitement la candidature du colonel Doumbouya, tout en négligeant la sécurité des citoyens. « Associer le nom et l’image de Doumbouya à ces manifestations, sans veiller à la sécurité, démontre une irresponsabilité évidente », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, Diallo a rappelé que toute tentative de candidature de Doumbouya serait contraire aux engagements pris par ce dernier en tant qu’officier de ne pas s’impliquer dans le processus électoral. « Le gouvernement cherche à contourner cet engagement, mettant ainsi en péril la vie des citoyens pour des intérêts politiques », a-t-il dénoncé.

Concernant les pertes humaines, Diallo a évoqué des chiffres alarmants, relayés par différentes sources locales et internationales. « Selon les informations recueillies par mon parti, il y aurait plus de 100 morts. D’autres sources parlent de 135 victimes et plus de 50 disparus. Ces chiffres reflètent l’ampleur de la tragédie », a-t-il précisé.

Cette tragédie s’inscrit dans un climat politique tendu, à l’approche des élections présidentielles. Les critiques de Cellou Dalein Diallo résonnent comme un écho aux inquiétudes de nombreux citoyens guinéens quant à la gestion de la transition. La Guinée, aujourd’hui plus que jamais, se retrouve face à des défis majeurs qui interrogent sur son avenir politique et social.

 

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info 

]]>
35603
Mariage précoce en Guinée : Une menace persistante malgré l’interdiction légale https://planete7.info/mariage-precoce-en-guinee-une-menace-persistante-malgre-linterdiction-legale/ Wed, 09 Oct 2024 23:30:23 +0000 https://planete7.info/?p=33652 En dépit de son interdiction par le code civil guinéen, le mariage précoce, défini comme l’union contractée avant l’âge de 18 ans, demeure un fléau qui touche de nombreuses jeunes filles en Guinée. Cette pratique, bien que répréhensible sur le plan légal, soulève des enjeux cruciaux de santé publique et de bien-être, notamment pour les […]]]>

En dépit de son interdiction par le code civil guinéen, le mariage précoce, défini comme l’union contractée avant l’âge de 18 ans, demeure un fléau qui touche de nombreuses jeunes filles en Guinée. Cette pratique, bien que répréhensible sur le plan légal, soulève des enjeux cruciaux de santé publique et de bien-être, notamment pour les filles concernées et leurs futurs enfants.

Le Dr Bah Mamadou Saïdou, médecin généraliste, alerte sur les graves conséquences auxquelles sont exposées les jeunes mariées. « Une jeune fille n’est souvent pas préparée aux responsabilités d’un foyer, et dans un contexte où la sexualité est un sujet tabou, elle se retrouve vulnérable face à des conséquences parfois irréversibles pour sa santé physique et celle de son enfant. »

Les risques liés à une grossesse précoce sont particulièrement préoccupants. « Une jeune fille dont le corps n’est pas encore prêt pour porter une grossesse s’expose à des complications graves, comme des accouchements difficiles nécessitant souvent une césarienne d’urgence », explique-t-il. Ces complications peuvent affecter l’enfant, avec des risques de naissance prématurée, de décès ou de troubles du développement comme le nanisme.

Le Dr Saïdou insiste également sur l’importance de la période post-partum. « Après un accouchement, il faut un minimum de trois mois pour que les organes se régénèrent. Une jeune maman, surtout si elle accouche trop tôt, peut éprouver de grandes difficultés pendant cette période. » Outre les complications physiques, les risques psychologiques sont tout aussi alarmants. Le médecin mentionne la psychose post-partum, qui peut pousser la jeune mère à des comportements déstabilisants, comme l’isolement, la peur des proches ou encore le refus d’allaiter son enfant.

Bien que les médecins conseillent souvent aux jeunes couples d’attendre avant d’avoir des enfants, la pression sociale et familiale est souvent un obstacle. « Il y a cette pression constante de la société et des parents qui, après le mariage, s’interrogent immédiatement sur l’absence de grossesse », déplore Dr Saïdou.

Le manque de sensibilisation des familles aux dangers du mariage précoce reste une problématique majeure. « Tant que les parents ne sont pas informés des risques, cette pratique persistera, avec des conséquences parfois dramatiques comme l’augmentation des divorces. Une personne non préparée à la vie conjugale ne pourra pas maintenir un foyer stable », avertit-il.

Il est urgent d’intensifier les campagnes de sensibilisation pour éduquer la population, en particulier dans les zones rurales, sur les risques du mariage précoce et sur les droits des jeunes filles. Cela représente une étape cruciale pour briser ce cycle et offrir un avenir plus serein aux générations futures.

Ce phénomène, profondément ancré dans les traditions, exige une mobilisation collective pour faire reculer cette pratique et préserver la santé et l’avenir des jeunes filles guinéennes.

 

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info

]]>
33652
Abdoul Goudoussi Barry : Une Plongée Profonde dans les Réalités de la Polygamie à Travers Son Œuvre https://planete7.info/abdoul-goudoussi-barry-une-plongee-profonde-dans-les-realites-de-la-polygamie-a-travers-son-oeuvre/ Sat, 14 Sep 2024 22:26:58 +0000 https://planete7.info/?p=32798 Dans le paysage littéraire guinéen, Abdoul Goudoussi Barry se distingue par son ouvrage audacieux intitulé « La polygamie et ses corbeilles de petits piments ». Ce livre, véritable miroir de la réalité sociale, aborde sans détour le sujet délicat de la polygamie, un thème complexe qui continue de marquer les familles et la société guinéenne. […]]]>

Dans le paysage littéraire guinéen, Abdoul Goudoussi Barry se distingue par son ouvrage audacieux intitulé « La polygamie et ses corbeilles de petits piments ». Ce livre, véritable miroir de la réalité sociale, aborde sans détour le sujet délicat de la polygamie, un thème complexe qui continue de marquer les familles et la société guinéenne.

Lors d’une récente interview, l’auteur a partagé les réflexions et expériences personnelles qui ont nourri sa plume. Il définit son livre comme « le fruit d’histoires vécues, de récits intimes profondément ancrés dans la réalité ». À travers cette œuvre de 134 pages, subdivisée en six chapitres, Barry met en lumière les rivalités et les tensions au sein des familles polygames, et explore comment ces conflits entre coépouses affectent non seulement la vie conjugale, mais aussi la stabilité des enfants. « Mon ouvrage reflète les relations tendues qui existent souvent entre les coépouses partageant un même mari. Ces rivalités peuvent profondément influencer la dynamique familiale et impacter les enfants, parfois de manière irréversible », explique-t-il.

Depuis la publication de son livre, Barry a reçu un écho inattendu de ses lecteurs, témoignant de la profondeur de son analyse. « Une femme de Kankan m’a appelé pour me dire que mon livre dépeint exactement la réalité de sa propre famille. Cela montre à quel point cette réalité est partagée et douloureuse pour beaucoup », raconte-t-il.

Fils d’une famille polygame, Barry explique que cette proximité avec le sujet lui a donné une perspective unique. « Ayant grandi dans une famille polygame, j’ai pu observer de près les complexités de cette structure familiale. Beaucoup de mes amis viennent de familles similaires, et leurs vécus, parfois plus difficiles que le mien, ont renforcé mon envie de traiter ce sujet. Mais il ne s’agit pas de ma propre histoire, c’est une fenêtre sur les conséquences sociétales néfastes de la polygamie », souligne-t-il.

L’auteur va plus loin en exposant le jeu de pouvoir et de domination qui peut exister entre coépouses, une lutte souvent sournoise mais aux répercussions destructrices. « Même dans une famille polygame où la réussite financière est au rendez-vous, si une coépouse te perçoit comme une menace, elle peut utiliser tous les moyens, y compris la sorcellerie, pour te nuire », révèle-t-il, soulignant ainsi les dangers parfois invisibles qui se cachent derrière les apparences de cette structure familiale.

Pour Abdoul Goudoussi Barry, son livre se veut une œuvre de sensibilisation, un appel à ouvrir les yeux sur une réalité souvent ignorée. « Je souhaite que mon ouvrage serve de prise de conscience pour tous ceux qui le liront. Il révèle les facettes les plus sombres de la polygamie, celles qui minent nos familles et fragilisent nos sociétés », lance-t-il avec détermination.

Avec « La polygamie et ses corbeilles de petits piments », Barry ne se contente pas de raconter des histoires. Il invite le lecteur à une introspection profonde sur les méandres de la polygamie et ses conséquences sur l’harmonie familiale. Par son style incisif et authentique, il parvient à mettre en lumière un sujet sensible, offrant ainsi une perspective qui pourrait bien changer la manière dont cette pratique est perçue au sein de la société guinéenne.

 

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info

 

]]>
32798
Guinée : Mohamed Bachir Camara, jeune leader d’opinion analyse l’avant-projet de la nouvelle constitution  https://planete7.info/guinee-mohamed-bachir-camara-jeune-leader-dopinion-analyse-lavant-projet-de-la-nouvelle-constitution/ https://planete7.info/guinee-mohamed-bachir-camara-jeune-leader-dopinion-analyse-lavant-projet-de-la-nouvelle-constitution/#respond Tue, 30 Jul 2024 21:22:58 +0000 https://planete7.info/?p=31212 C’est l’actualité brûlante en Guinée depuis ce lundi 29 juillet 2024. La présentation de l’avant-projet de la nouvelle constitution par le Conseil National de la Transition (CNT) aux acteurs politiques, partenaires techniques et financiers et au peuple de Guinée. Avant son adoption par referendum, plusieurs observateurs donnent leur avis et commentent le sujet. C’est le […]]]>

C’est l’actualité brûlante en Guinée depuis ce lundi 29 juillet 2024. La présentation de l’avant-projet de la nouvelle constitution par le Conseil National de la Transition (CNT) aux acteurs politiques, partenaires techniques et financiers et au peuple de Guinée. Avant son adoption par referendum, plusieurs observateurs donnent leur avis et commentent le sujet.

C’est le cas du jeune leader Mohamed Bachir Camara qui, à travers une interview exclusive accordée à notre rédaction a commenté cet avant-projet de la nouvelle constitution. Pour lui, ce travail représente un moment charnière dans l’histoire du pays. Suivez !

Planete7 : Bonjour. Quel regard portez-vous sur le projet d’avant-constitution présenté ce lundi par le CNT ?

Mohamed Bachir Camara : Bonjour. Le projet d’avant-constitution présenté par le Conseil National de la Transition (CNT) représente un moment charnière dans l’histoire de notre nation. Il témoigne d’un effort sérieux pour repenser les bases de notre gouvernance et répondre aux aspirations de notre peuple. En tant que citoyen engagé, je considère cet avant-projet comme une étape cruciale vers la refondation de notre système politique.

Quelles sont vos remarques fondamentales sur ce document ?

Mes remarques fondamentales concernent principalement l’équilibre des pouvoirs, les droits et libertés des citoyens, et la transparence dans la gestion des affaires publiques. Il est impératif que la constitution garantisse une séparation claire des pouvoirs pour éviter tout abus. De plus, les droits des citoyens doivent être non seulement reconnus mais aussi protégés de manière effective. Enfin, la transparence et l’intégrité doivent être les pierres angulaires de toutes les institutions.

Selon vous, convient-elle aux aspirations du peuple de Guinée ?

Ce document répond à plusieurs aspirations du peuple de Guinée, notamment en termes de justice, d’égalité et de participation citoyenne. Cependant, il est essentiel que cette constitution soit le reflet des réalités et des besoins de tous les Guinéens. Les consultations populaires doivent continuer pour s’assurer que chaque voix soit entendue et que le texte final soit véritablement inclusif.

Peut-elle garantir la stabilité de notre pays ?

– Une constitution bien pensée et bien appliquée est un pilier de la stabilité. Ce projet d’avant-constitution a le potentiel de renforcer la cohésion sociale et la stabilité politique, à condition qu’il soit mis en œuvre avec rigueur et bonne foi. La stabilité ne viendra pas seulement du texte, mais aussi de l’engagement de tous les acteurs politiques et sociaux à respecter et à défendre ses principes.

Comment réussir à conserver ses acquis ?

– Pour conserver les acquis, il est crucial de mettre en place des mécanismes de contrôle et de contre-pouvoirs efficaces. La société civile, les médias, et les institutions indépendantes doivent jouer un rôle de surveillance actif. De plus, l’éducation civique est essentielle pour que les citoyens comprennent leurs droits et devoirs, et puissent participer pleinement à la vie démocratique du pays.

Votre message au peuple de Guinée et au législateur ?

– À mes compatriotes guinéens, je dirais que c’est un moment d’espoir et de responsabilité. Nous avons l’opportunité de construire un avenir meilleur, basé sur des valeurs de justice, de solidarité et de respect mutuel. Au législateur, je rappelle l’importance de la mission qui leur est confiée. Ils doivent agir avec intégrité, transparence et un sens aigu du service public. Ensemble, nous devons être vigilants et déterminés à créer un cadre légal qui réponde aux aspirations de tous.

 

Mohamed Bachir Camara nous a également fait sa biographie et de son parcours

Je suis Mohamed Bachir Camara, un leader passionné et engagé originaire de Guinée, déterminé à avoir un impact positif sur le monde. Diplômé de l’Université Africaine de Leadership (ALU) sous le leadership de Paul Kagame au Rwanda avec un diplôme en Défis Globaux (Global Challenges), j’ai consacré mon parcours académique à comprendre et à aborder certains des enjeux les plus urgents de notre époque.

Récemment, j’ai eu l’honneur de représenter la Guinée et la région africaine lors de l’événement ‘Beyond COP,’ un partenariat prestigieux organisé par la Maison des Nations Unies en Écosse et l’Association des Nations Unies en Écosse. Cet événement mondial a réuni des jeunes et des dirigeants du monde entier pour discuter des défis urgents liés au changement climatique, soulignant mon engagement à façonner un avenir durable pour tous.

Tout au long de mon parcours, j’ai démontré des qualités de leadership extraordinaires, ce qui m’a valu des reconnaissances et des opportunités de collaboration avec diverses organisations internationales de renom. Un rôle notable que j’occupe est celui de Conseiller Principal en Politiques au sein de l’AYINA THINK TANK, une institution réputée avec des opérations au Rwanda, à Maurice, au Ghana et au Japon. Dans cette capacité, j’ai apporté mon expertise pour façonner des politiques et des initiatives visant à répondre aux défis mondiaux critiques.

En outre, j’ai activement participé à divers rôles de leadership, tant au niveau local qu’international. En tant que Vice-président du Comité Local AIESEC Kigali, j’ai contribué à l’autonomisation des jeunes leaders et à la promotion de la compréhension interculturelle. Comme orateur public accompli, j’ai également été associé au International Club Toastmaster Rwanda, perfectionnant mes compétences en communication et inspirant des publics par mes idées perspicaces.

Je suis également Champion Distingué de United Global People et United People, une organisation dédiée à la création d’un monde plus inclusif et uni. De plus, j’occupe le poste de Vice-président de la Fédération Mondiale des Associations des Nations Unies pour le Modèle Global WHO 2023, contribuant à l’élaboration de politiques de santé mondiales et de réponses adaptées.

En tant que Directeur de Projet à la Junior Chamber International au Rwanda, j’ai mené des initiatives impactantes pour relever les défis locaux. Je suis également Président de l’International Youth Diversity en France, promouvant la diversité des jeunes à l’international.

Mon engagement envers le développement communautaire et l’action climatique m’a également amené à être nommé Ambassadeur de la Paix Globale par la Global Peace Chain. En tant qu’Ambassadeur du Climat FXB US en Afrique, j’œuvre pour la conservation de l’environnement, exemplifiant mon dévouement à créer un avenir durable.

Je joue également un rôle crucial dans le renforcement des relations entre la Guinée et le Rwanda. En tant que représentant de la communauté guinéenne au Rwanda, j’ai œuvré pour le rapprochement de nos deux nations à travers diverses initiatives. J’ai été un ardent défenseur de l’établissement d’une ambassade guinéenne au Rwanda, visant à formaliser et à renforcer les relations diplomatiques bilatérales. Mes engagements publics, y compris des apparitions sur la télévision nationale rwandaise, ont toujours mis en avant l’importance de la coopération Sud-Sud et les valeurs communes de jeunesse, de coexistence et de citoyenneté.

Par ailleurs, j’ai apporté des contributions significatives à ma patrie, la Guinée, notamment en travaillant en tant qu’Associé de Projet au Ministère de l’Agriculture, collaborant sur des projets de développement agricole pour améliorer la sécurité alimentaire et la durabilité.

À ALU, j’ai été un pilier du Club Rotaract ALU, où j’ai occupé le rôle de Responsable des Partenariats et Collaborations, favorisant la coopération et l’action collective pour engendrer des changements positifs. De plus, j’ai été nommé Directeur du Campus pour le Millennium Fellowship, où je joue un rôle clé dans la formation des futurs leaders engagés envers les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies.

En conclusion, je m’efforce de continuer à marquer de mon empreinte la vie des individus et des communautés à travers le monde, inspiré par une vision de paix, de développement durable et de coopération internationale.

]]>
https://planete7.info/guinee-mohamed-bachir-camara-jeune-leader-dopinion-analyse-lavant-projet-de-la-nouvelle-constitution/feed/ 0 31212
Francesco Galtieri représentant de l’UNFPA en Guinée: « il faut traiter la population davantage mieux qu’on ne traite la bauxite ou d’autres ressources… » https://planete7.info/francesco-galtieri-representant-de-lunfpa-en-guinee-il-faut-traiter-la-population-davantage-mieux-quon-ne-traite-la-bauxite-ou-dautres-ressources/ https://planete7.info/francesco-galtieri-representant-de-lunfpa-en-guinee-il-faut-traiter-la-population-davantage-mieux-quon-ne-traite-la-bauxite-ou-dautres-ressources/#respond Sun, 30 Jun 2024 13:09:46 +0000 https://planete7.info/?p=30355 En fonction en Guinée depuis 15 mois maintenant, le représentant du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a accordé une interview exclusive à notre rédaction pour évoquer tous les sujets liés à son institution en Guinée. A cœur ouvert, avec une facilité déconcertante, Monsieur Francesco Galtieri parle avec maitrise de tous les domaines […]]]>

En fonction en Guinée depuis 15 mois maintenant, le représentant du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a accordé une interview exclusive à notre rédaction pour évoquer tous les sujets liés à son institution en Guinée. A cœur ouvert, avec une facilité déconcertante, Monsieur Francesco Galtieri parle avec maitrise de tous les domaines d’intervention de l’UNFPA, sa mission, ses réalisations, ses rapports avec l’Etat et la société civile. Bref tout ce qui intéresse les questions de vie. Lisez !

Planete7.info : Bonjour Monsieur. Svp présentez-vous à nos internautes ?

Francesco Galtieri : Bonjour à vous et à vos internautes. Je m’appelle Francesco Galtieri, je suis le représentant en Guinée du fonds des nations unies pour la population (UNFPA).

Alors parlez-nous de l’UNFPA, sa composition, sa mission en Guinée ?

L’UNFPA c’est l’agence du système des nations unies qui s’occupe des questions de vie qui concerne tout le monde: parce qu’on assiste les femmes en grossesse, on accompagne les jeunes familles à planifier quand est-ce avoir des enfants et quel est le meilleur espacement pour assurer la santé de la famille en même temps un épanouissement de l’enfant, mais on s’occupe aussi des questions liées à l’élimination de toutes violences faites aux femmes et de toutes pratiques néfastes ainsi qu’à l’accompagnement des jeunes le développement de leur compétence de vie pour essayer d’atteindre, réaliser leurs ambitions.

Depuis que vous avez pris fonction en Guinée, quelles sont vos réalisations, vos domaines d’intervention ?

Je suis en Guinée depuis 15 mois. Mais ce que j’ai eu à témoigner à travers le travail de l’équipe de l’UNFPA en Guinée, c’est qu’on a continué à avancer les efforts nationaux vers l’élimination de toutes formes de décès maternel, donc tout décès qui a lieu au moment de l’accouchement. En même temps on essaye d’accompagner l’ensemble de la santé maternelle, pendant les grossesses et au moment de l’accouchement, jusqu’au dernier kilomètre, aussi dans les régions, dans les préfectures et sous-préfectures. En même temps on travaille beaucoup pour accompagner les efforts nationaux de planification familiale et donc justement de l’espacement des naissances pour minimiser les risques lors des grossesses, et aussi afin que les couples décident d’avoir des enfants dont ils sont en mesure de s’occuper, d’un point de vue économique, nutrition, de les envoyer à l’école. En deuxième volet sur lequel on a quand-même pu accompagner des réalisations liées à l’égalité des femmes et à l’élimination des violences de genre, on opère dans plusieurs régions ici en Guinée et d’un côté pour le volet d’épanouissement et de réalisation en quelque sorte des ambitions et des projets de vie des jeunes femmes et des jeunes filles Guinéennes. On accompagne un programme d’autonomisation et de valorisation des filles de Guinée pour maximiser leurs potentiels.  On travaille aussi de façon étroite avec le ministère de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables sur tout ce qui est appui à la chaîne de la protection contre les violences: tout d’abord la prévention de toutes pratiques qui apporte un préjudice aux femmes notamment les mutilations génitales féminines, les mariages précoces et les forcés, les grossesses non désirées, les violences basées sur le genre…Donc sur tout ce volet on accompagne les préventions et donc aussi de changement de comportement et d’évolution des comportements socio-culturels. Deuxièmement on accompagne aussi dans la chaîne de la protection l’assistance médicale psychosocial et dans certains cas aussi économiques des femmes et filles survivantes de violence et cela en partenariat avec l’ensemble des acteurs impliqués (l’OPROGEM, la Gendarmerie, la police nationale, les institutions judiciaires) sous la coordination du ministère de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables. Par exemple nous faisons partie de l’initiative de la mise en place du numéro vert gratuit pour dénoncer les violences faites aux femmes, de l’introduction de l’application alerte VBG, mais on fait aussi un travail d’habilitation communautaire, donc on accompagne les communautés guinéennes vers la déclaration d’abandon de certaines de ces pratiques néfastes en adoptant ce qu’on appelle les familles et les maris modèles. Et le dernier volet sur lequel on a fait beaucoup d’efforts depuis presque deux ans. C’est l’accompagnement du ministère du plan et de la coopération internationale à la réalisation du recensement général de la population et de l’habitation qui est le 4e recensement général pour la Guinée. Donc sur ces questions de population et de statistiques démographiques, on est l’agence d’assistance technique principale, donc on déploie aussi des compétences et des appuis sur ce domaine.

L’objectif de votre agence consiste à construire « un monde où chaque grossesse est désirée, chaque accouchement est sans danger et chaque jeune personne peut exprimer pleinement son potentiel ». Alors est-ce que vous avez réussi à atteindre cet objectif aujourd’hui ?

Malheureusement on n’a pas des chiffres mis à jour sur l’échelle nationale parce que les statistiques concernant ces indicateurs sociaux on les collecte à travers les enquêtes démographiques de santé, les EDS. La dernière enquête démographique de santé en Guinée a eu lieu en 2018, et heureusement qu’on est en train de préparer en collaboration avec le gouvernement, la prochaine enquête démographique de santé. Cependant, à défaut d’avoir des données à l’échelle nationale, nous accompagnons des exercices plus ponctuels, par exemple concernant l’élimination des décès maternels évitables, on accompagne les inspectorats régionaux de la santé ainsi que les directions préfectorales dans les exercices de revues des décès maternels. À travers les statistiques produites par le ministère de la santé et l’hygiène publique au niveau régional, on est en train de d’observer des améliorations notamment surtout en terme d’accouchement assisté par du personnel de la santé, ce qui est en général une activité très importante et un moment qui mène à une baisse des risques des décès maternels. Mais sur la base de la dernière enquête démographique de la santé en Guinée, on part d’un chiffre très élevé qui est de 550 décès par 5000 naissances vivantes, donc on parle presque de 6 décès de femmes par jour en Guinée. Mais on espère observer que le puisse atteindre la cible qu’on s’était donnée d’environ 330 décès sur la période concernée par les objectifs du développement durable. En ce qui concerne les grossesses désirées, on mesure ça en relation à l’augmentation des femmes et filles qui utilisent des méthodes de contraception modernes. Et chaque année l’UNFPA appuie sur toute l’étendue du territoire national des campagnes de planification familiale et pas seulement le nombre de nouvelles utilisatrices est en train d’augmenter mais on est ravi par le fait que dans de plus en plus de cas ces nouvelles utilisatrices se rendent voir des sages-femmes ou du personnel de la santé pour se planifier avec leurs compagnons. Enfin un mot lié aux statistiques sur le taux de violences basées sur le genre, c’est un domaine dans lequel, normalement c’est une augmentation des cas déclarés qui nous indique qu’on est sur le bon chemin. Quand on voit les cas déclarés augmenter c’est que les consciences sont en train de changer. Mais c’est qu’on observe, c’est les cas qui passent en justice et pour lesquels des accusés sont condamnés. On observe des améliorations à ce niveau mais quand on prend les chiffres qui nous ont été présentés par les dernières enquêtes sur l’étendue du territoire national, on parle encore d’environ 8 femmes sur 10 en âge adulte qui ont subi une forme de violence dont environ 1/3 donc 3/10 qu’ils ont subi dans leur vie adulte une forme de violence sexuelle. Un autre indicateur qui est tout récent, lors d’une étude menée par l’institut afrobaromètre, sur le continent africain, il en est ressorti que pour environ 70% de la population guinéenne (toutes tranches d’âge, sexes confondus…) trouve que les questions de violences sexuelles sont d’ordre privé. Et environ 65% des interviewées estiment que les violences faites aux femmes sont un phénomène acceptable au niveau de la société.

Qu’en est-il de la césarienne ?

Dans le cadre du nombre plus élevé d’accouchements assistés, on observe un nombre de césariennes qui sont bien gérées. Je dois dire que dans les districts sanitaires où on observe un taux de fréquentation des consultations prénatales plus élevées que la moyenne nationale, des femmes arrivent à accoucher dans les hôpitaux, dans les centres médicaux ayant pas besoin d’une césarienne. D’un côté nous accompagnons le don à l’Etat des médicaments qui sauvent des vies justement lors des après complications obstétricales et des accouchements plus complexes. On continue à assister de façon et de plus en plus professionnelle grâce aussi au mentorat des sages-femmes que l’UNFPA sponsorise et finance jusqu’au dernier kilomètre, on observe moins de décès, moins de césarienne dans certains cas mais tout cela grâce aux actions préventives et une présence de proximité des services de santé grâce aux efforts du ministère de la santé et des partenaires.

Est-ce que vous avez des représentations à l’intérieur du pays ? Comment se passe la coordination de vos activités ?

Nous sommes présents à Labé, Kankan, N’zérékoré, à Mamou et à Kindia. Nous avons ces sous bureaux régionaux avec des petites équipes. La coordination se passe à deux niveaux : il y a une coordination sur la cohérence d’approche et d’intervention de l’UNFPA en ligne avec notre cadre de coopération qui est élaborée conjointement au ministère au niveau central. Dans la mise en œuvre, la cohérence est assurée par le développement des plans de travail annuel au niveau des gouvernorats, nos équipes basées dans les régions élaborent sous la coordination du gouverneur et en consultation très étroite avec les inspecteurs régionaux, les activités liées au mandat de l’UNFPA dans le cadre de notre document de coopération que pour l’année vont accompagner les services déconcentrés à atteindre les résultats souhaités. 

Quels sont vos rapports avec le gouvernement guinéen mais aussi les ONG qui interviennent dans le domaine lié aux femmes et aux enfants ?

Nous sommes une organisation multilatérale, une organisation intergouvernementale. Ça nous revient à la fois d’accompagner les gouvernements des pays membres des systèmes des nations unies à rendre leurs engagements internationaux une réalité pour les populations.  Comme on aime l’appeler chez nous, contribuer à assurer les droits et les choix des gens. Donc on collabore de près avec le gouvernement à la fois dans l’établissement et la réalisation de ses priorités mais aussi dans la promotion d’une dynamique vertueuse, dans le dialogue entre le gouvernement et la société civile. Par exemple nous avons accompagné le ministère de la jeunesse et des sports pour la mise en place du conseil national de la jeunesse à tous les niveaux décentralisés de l’Etat. Parce que dans notre objectif d’aider la jeunesse à réaliser pleinement son potentiel, on sait qu’il faut que cette jeunesse soit écoutée et à la fois que cette jeunesse sache parler et engager les adultes et les décideurs ou les autres membres de leur communauté. Donc en plus de coordonner nos actions sous le leadership gouvernemental et de contribuer à un dialogue constructif entre le gouvernement et la société civile dans nos domaines d’intervention, on travaille avec la société civile à trois niveaux : le premier niveau c’est le niveau opérationnel. Deuxièmement on a des partenariats institutionnels à la fois avec les organisations de la société civile guinéenne voire basée en Guinée et à la fois des organisations de la société civile basée dans la sous-région. Et le troisième domaine pas des moindres, c’est le domaine des plaidoyers pour l’amélioration des cadres législatifs, pour l’augmentation des investissements dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive et de l’élimination des violences basées sur le genre, plaidoyers autour aussi des changements des normes socio-culturelles.

Pour l’année 2024 quelles sont vos perspectives en Guinée ?

L’année 2024 est l’année qui marque le début de notre nouveau plan cadre de document de coopération avec le gouvernement de Guinée et les organisations de la société civile, les populations guinéennes. C’est un programme qu’on a décidé en commun accord avec les partenaires et celui de notre conseil d’administration de mieux cibler pour valoriser davantage les volets de plus valu que le gouvernement et les partenaires Guinéens trouvent dans la contribution de l’UNFPA. Vraiment se situer de plus en plus en complémentarité avec les efforts nationaux vers le renforcement du système de santé, d’approvisionnement des médicaments, de protection des femmes et filles contre les violences basées sur le genre, du système des statistiques nationales, donc vraiment prendre les efforts nationaux, regarder aux investissements de l’Etat, identifier quels sont les créneaux d’assistance technique sur lesquels l’UNFPA peut apporter une vraie valeur ajoutée. Deuxièmement renforcer la réduction des décès maternels, le renforcement de la planification familiale à travers surtout un accompagnement cible aux métiers de la sage-femme jusqu’au dernier kilomètre. Un renforcement davantage de la chaîne d’approvisionnement des médicaments pour la santé maternelle et un accompagnement à ses plans de riposte aux causes principales des décès maternels, tout cela soutenu par les campagnes de planification familiale, les campagnes de don sanguin, des fissures obstétricales sur lesquelles ici en Guinée on a atteint un très bon niveau, un très bon résultat lors du dernier programme qui était rendre la chirurgie pour le traitement de la fissure obstétricale désormais une routine dans 4 sur 5 des hôpitaux régionaux. Sur le volet jeune on va continuer à accompagner le développement des compétences de vie notamment pour que les jeunes adoptent de plus en plus des comportements responsables à partir de leurs choix sexuels reproductifs, mais aussi en général leur choix de contribution aux défis de la société guinéenne. On vise aussi l’accompagnement aux capacités de dialogue intergénérationnel. On trouve que sur plusieurs instances il est nécessaire que les jeunes apprennent vraiment des formes de dialogue et d’engagement verbal, comportemental plus constructif vis à vis des aînés, les influenceurs en quelque sorte, les décideurs des communautés mais aussi à la fois les adultes, les aînés, les leaders traditionnels, les religieux, les parents apprennent à écouter les jeunes avec un regard moins paternaliste, moins dirigiste. Et le 4e volet très important reste celui de la réduction des violences faites aux femmes, voire on vise l’élimination sur le parcours en moyen terme, une réduction significative et pour cela on continuera l’accompagnement à la chaîne de la protection. On travaillera en étroit partenariat avec les acteurs de la chaîne de la justice avec lesquels nous ne sommes pas partenaires principalement mais nous avons apporté notre contribution autour des questions de médecine légale, accompagnement psychologique aux victimes lors des procès judiciaires et surtout une nouveauté est celle de la création d’un partenariat renforcé avec les acteurs du monde de la culture, écrivains, chanteurs, slameurs, cinéastes, pour faire en sorte que les sujets de l’UNFPA soient vraiment des sujets débattus au quotidien tels qu’on parle dans l’intimité aux foyers, entre amis on parle de sexualité, de mariages, de relations, il faut aussi que l’art et la culture nous  portent, nous dessinent la société idéale. La Guinée idéale dans sa richesse culturelle mais aussi un engagement beaucoup plus déterminé côte à côte avec les leaders religieux.

Pour terminer quelles sont vos difficultés majeures dans la réalisation de vos projets en Guinée ?

Les difficultés se situent probablement à trois niveaux dont est sans doute commun à plusieurs pays dans le monde. Je pense que certaines de nos pratiques de l’aide au développement aussi des politiques nationales de développement qui ont des racines qui remontent il y a 60 ans, 65 ans, quand on connaissait beaucoup moins les phénomènes sociaux, on disposait de beaucoup moins d’outils d’engagement des populations, il n’y avait pas de digital, le niveau d’alphabétisation des populations…Certaines de ces approches sont un peu datées. Donc le premier défi à nous tous c’est de nous reposer la question est-ce ce que nous sommes en train de faire est la bonne chose voire est-ce que la manière dans laquelle nous sommes en train de mener les bonnes actions est la seule manière de faire ? Ou il n’y aurait pas une façon plus innovante, plus galvanisante, la population surtout la jeunesse dans le cadre d’un pays jeune comme la Guinée pour accélérer les résultats. Le deuxième défi est celui de l’investissement sur le capital humain. La Guinée est un pays riche en ressources naturelles, en plein développement économique grâce aussi à ses ressources mais c’est aussi un pays riche en population. Un pays dont 77 % de la population à moins de 35 ans doit regarder à ses citoyens comme faisant partie du capital humain. Donc il faut traiter la population davantage mieux qu’on ne traite la bauxite ou d’autres ressources qui pourraient à un moment donné diminuer leur qualité. Le message c’est vraiment celui d’équilibrer les niveaux d’investissement et cela reste un défi parce que quand on voit les chiffres investis aujourd’hui, la proportion d’investissement sur les questions de santé et éducation ça reste plus bas que les cibles du gouvernement lui-même s’est donnés. On espère observer une amélioration. Le troisième défi principal reste celui de l’accès des populations aux services au dernier kilomètre. C’est vrai que le pays à travers les efforts du gouvernement mais aussi les partenariats public-privé, a beaucoup investi dans les infrastructures routières, dans l’accessibilité physique, mais tout cela ne suffit pas si n’y a pas du personnel de santé qualifié à côté des populations, s’il n’y a des moyens pour que les populations atteignent les services de santé…il y a des gros projets en ce moment, le Simandou par exemple qui ouvrent d’énormes possibilités de création de chaînes de valeur localisées pour servir ces grands investissements. Il faut vraiment nous assurer que le bénéfice des efforts ne s’use pas le plus qu’on s’éloigne de la capitale. Moi je dis souvent et je l’ai mentionné dans une tournée récente dans les régions, il faudrait concevoir de plus en plus le développement comme un processus de la périphérie au centre et pas du centre à la périphérie. Ça aussi c’est quelque chose pour un pays ayant une géographie aussi une morphologie du territoire pas toujours facile, les modèles de planification des systèmes d’assistance des populations du centre à la périphérie souvent sous estiment les spécificités de la morphologie du territoire voire des défis des régions en terme des systèmes socio-économiques, de traditions et comportements…Donc je souhaiterais de plus en plus être un partenaire pour le gouvernement qui accompagne au dernier kilomètre vers le kilomètre 36, vers Kaloum et pas le contraire.

 

Entretien réalisé par Pathé Diallo

624045895

]]>
https://planete7.info/francesco-galtieri-representant-de-lunfpa-en-guinee-il-faut-traiter-la-population-davantage-mieux-quon-ne-traite-la-bauxite-ou-dautres-ressources/feed/ 0 30355
Interview : à la rencontre de Mamadou Hawa Diallo, une Guinéenne passionnée d’intelligence artificielle ! https://planete7.info/interview-a-la-rencontre-de-mamadou-hawa-diallo-une-guineenne-passionnee-dintelligence-artificielle/ https://planete7.info/interview-a-la-rencontre-de-mamadou-hawa-diallo-une-guineenne-passionnee-dintelligence-artificielle/#respond Thu, 30 Nov 2023 15:38:38 +0000 https://planete7.info/?p=24979 Pendant que la question se pose sur l’avènement de ce nouvel outil dans le monde du travail et autre, Mamadou Hawa Diallo elle n’hésite pas à faire carrière avec et assumer en toute responsabilité son engagement pour montrer les avantages de l’intelligence artificielle. Pour comprendre cet outil, son importance et son impact dans le quotidien […]]]>

Pendant que la question se pose sur l’avènement de ce nouvel outil dans le monde du travail et autre, Mamadou Hawa Diallo elle n’hésite pas à faire carrière avec et assumer en toute responsabilité son engagement pour montrer les avantages de l’intelligence artificielle. Pour comprendre cet outil, son importance et son impact dans le quotidien des entreprises, notre rédaction a pris le soin de discuter avec cette jeune femme Guinéenne passionnée par les algorithmes d’apprentissage automatique pour prédire et prévenir les activités frauduleuses dans l’environnement financier.

Depuis la France, dans cette interview Mamadou Hawa Diallo nous parle de sa passion pour l’IA, sa compréhension des choses du monde, de la Guinée mais également de ses projets futurs. Dans cet échange, nous découvrons une femme intelligente, ambitieuse mais aussi très heureuse de tracer son propre chemin à elle. Lisez !

Planete7.info : Bonjour Madame ! SVP présentez-vous à nos lecteurs ?

Mamadou Hawa Diallo : Bonjour Monsieur Diallo,

Tout d’abord, je tiens à remercier M. Diallo et Planète7 de m’avoir accordé cette opportunité d’interview. Je m’appelle Diallo Mamadou Hawa, consultant data scientist dans un cabinet de conseil à Paris. Avec près de deux ans d’expérience dans le secteur bancaire, j’ai développé une expertise particulière en matière de données, d’intelligence artificielle, de conformité et de gestion des risques. Actuellement, mon domaine d’intérêt se concentre sur l’utilisation de modèles d’apprentissage automatique (Machine learning) pour détecter la fraude financière, un domaine fascinant et crucial dans l’environnement financier actuel. Dans un récent projet notable sur lequel j’ai travaillé, il était particulièrement utile d’appliquer des algorithmes d’apprentissage automatique pour prédire et prévenir les activités frauduleuses. Cette expérience a approfondi ma compréhension des enjeux liés à la sécurité financière. En dehors de ma vie professionnelle, je suis passionnée par l’écriture, les voyages. Ces passions assurent l’équilibre nécessaire dans ma vie et inspirent mon étude de la science des données. Je suis heureuse de partager plus d’informations sur ces sujets ou de répondre à toutes les questions.

Alors sans vouloir être sexiste, est-ce qu’on peut dire que vous vous retrouvez dans un domaine complexe pour une jeune femme que vous êtes. Comment parvenez-vous à vous en sortir ?

Je considère chaque défi comme une opportunité d’apprentissage et mon approche consiste à créer un équilibre entre la rigueur analytique requise pour la science des données et la créativité qui vient de diverses perspectives. Il est important de ne pas se laisser limiter par des préjugés, mais de considérer chaque obstacle comme une opportunité de les surmonter. Mon succès dans ce domaine repose sur ma passion pour l’exploration des données, ma curiosité infatigable et le soutien d’une communauté diversifiée de collègues. Chacun apporte sa propre expérience et son expertise, quel que soit son sexe, et ensemble nous créons un environnement propice à l’innovation et à la résolution de problèmes complexes. En tant que jeune femme, la clé pour survivre dans ce monde de données est de porter fièrement mes lunettes de programmation et mes super pouvoirs de résolution de problèmes. Parfois, je me sens un peu comme une super héroïne, mais au lieu de porter un costume moulant, je porte un t-shirt bizarre et une tasse de café. Quant à la complexité, je l’apprivoise avec une combinaison secrète de musique, de blagues de programmation et d’un peu de persévérance.  Donc, au final, j’utilise mon sens de l’humour, une tasse de café bien placée, pour m’en sortir et en me rappelant que la complexité n’est qu’une manière compliquée de rendre les choses intéressantes.

Les gouvernements peuvent créer un environnement propice à l’adoption de l’IA

Comment définissez-vous l’IA ? Selon vous vous quelle est son importance dans nos sociétés, son degré de pénétration dans le monde notamment en Afrique ?

L’intelligence artificielle représente une convergence fascinante entre la puissance des données, la puissance de calcul des machines et la créativité humaine. Il s’agit d’une technologie conçue pour imiter ou reproduire les capacités cognitives humaines, permettant aux machines d’apprendre, de résoudre des problèmes complexes et même de prendre des décisions autonomes. Au-delà des lignes de code, l’IA devient un catalyseur d’innovation, ouvrant la porte à un avenir plein de possibilités. Dans notre société contemporaine, l’importance de l’intelligence artificielle est partout. Qu’il s’agisse de fournir des diagnostics plus rapides et plus précis dans le domaine de la santé, des analyses prédictives dans le domaine financier ou même des assistants virtuels dans notre vie quotidienne, cela façonne notre façon de vivre et de travailler. L’ampleur de sa pénétration dans le monde, y compris en Afrique, représente une opportunité de changement. L’Afrique, avec sa diversité culturelle et ses défis uniques, a le potentiel de tirer pleinement parti de l’IA pour résoudre les problèmes locaux et stimuler le développement. Si nous parvenons à intégrer stratégiquement l’IA dans nos programmes éducatifs, cela constituera non seulement une étape vers la réduction du fossé technologique, mais également la préparation d’un avenir où l’innovation et la créativité seront des compétences essentielles. Il est nécessaire d’investir dans l’IA pour rattraper, voire combler, ce que nous appelons le « déficit de développement ». Cela va au-delà de l’acquisition de compétences techniques. Il s’agit de former une nouvelle génération capable de comprendre les nuances éthiques de l’IA, d’appliquer l’IA de manière inclusive et de développer des solutions innovantes aux défis locaux. Les défis sont énormes car en Afrique, on remarque que certains pays africains sont confrontés à des défis en matière d’infrastructure technologique, tels qu’un accès limité à l’Internet haut débit et un manque d’infrastructure de données robuste. Cela entrave le déploiement et l’utilisation généralisée de technologies avancées telles que l’intelligence artificielle, Les investissements massifs nécessaires pour le développement et la mise en œuvre de projets d’IA sont souvent difficiles à mobiliser dans un contexte financier où d’autres priorités, telles que l’éducation et la santé, sont également pressantes, Les talents formés en Afrique ont souvent tendance à rechercher des opportunités à l’étranger en raison du manque d’opportunités et d’infrastructures adéquates dans leur pays d’origine. Cela a entraîné une fuite des cerveaux, privant le continent de compétences essentielles. Chaque acteur, qu’il s’agisse d’un Etat, d’une entreprise ou d’un individu, a un rôle important à jouer. Les gouvernements peuvent créer un environnement propice à l’adoption de l’IA, les entreprises peuvent investir dans la R&D et les individus peuvent adopter l’apprentissage. En intégrant l’IA dans nos politiques de développement, nous posons les bases d’une transformation positive et durable. C’est l’occasion de construire un avenir où coexistent innovation et équité, où toutes les personnes impliquées contribuent à façonner une société prospère et technologiquement avancée. Le continent africain présente également un immense potentiel pour tirer parti de l’IA de manière significative. Il existe une jeunesse dynamique, une créativité entrepreneuriale et des opportunités uniques pour adapter les solutions d’IA aux défis locaux.

Justement comment faire pour convaincre les sceptiques notamment ceux qui pensent que l’IA est venue remplacer systématiquement le travail de l’Homme, plusieurs emplois pourraient disparaitre ?

Je dirais que l’IA n’est pas là pour jouer à cache-cache avec les emplois, mais plutôt pour former une équipe de travailleurs humains fantastiques. Imaginez cela comme une collaboration entre Batman et Robin, où l’IA est Robin, le partenaire qui gère les tâches répétitives, permettant à Batman (et à nous, les humains) de se concentrer sur des missions plus complexes et créatives. Il est vrai que certains emplois pourraient être modifiés, mais ils continueront d’exister plutôt que de disparaître. Si l’IA peut prendre en charge les aspects monotones et chronophages, cela libère du temps pour les humains afin qu’ils puissent mettre en œuvre leurs superpouvoirs uniques tels que la créativité, l’empathie et la pensée critique. C’est un peu comme si l’IA était une assistance extrêmement intelligente dans notre équipe de travail. Nous pouvons tous être des super-héros de cette nouvelle ère, où l’IA devient notre partenaire plutôt que notre concurrent, si nous investissons dans l’éducation et la formation. En résumé, considérons l’IA comme notre fidèle compagnon dans cette aventure du travail, prête à dynamiser nos efforts et à libérer le potentiel humain, plutôt que de la considérer comme un vilain venu voler nos emplois. Combattons pour une utilisation intelligente de l’IA qui bénéficie à tous, en mettant l’humain au centre de l’action.

Explorer divers domaines n’est pas simplement une préférence pour moi

Plus haut vous nous avez fait comprendre également que vous êtes une femme transversale. C’est à dire que vous explorerez plusieurs choses dans votre jeune carrière. Quel est votre secret?

Mon secret réside dans ma conviction que l’atypique est un atout, que la diversité est essentielle et que chaque nouvelle expérience est une opportunité de devenir une version améliorée de moi-même. Je progresse dans ma carrière de cette manière, prêt à accueillir le prochain chapitre avec impatience. De plus, Mon parcours scolaire est un assemblage intentionnel. J’ai commencé avec une licence en économie du développement, puis j’ai ajouté une maîtrise en économie numérique et d’autres certifications, je suis maintenant consultante en data. Bien que cela puisse sembler un trajet étrange pour beaucoup d’autres, je considère cela comme une suite logique. Chaque étape de mon parcours m’a donné la chance d’acquérir une variété de compétences et de les combiner pour créer un ensemble cohérent. Mon profil atypique est une force pour moi, pas une faiblesse. C’est comme si j’avais une boîte à outils pleine de diverses compétences et que je choisis les outils appropriés pour le travail à chaque nouveau défi. Mon adaptabilité et ma capacité à apprendre rapidement de nouvelles choses sont mes super-armes. Explorer divers domaines n’est pas simplement une préférence pour moi ; c’est une nécessité. Chaque période de travail me donne la possibilité d’acquérir des connaissances, de développer mes compétences et, surtout, de trouver mon bonheur. Qui sait ce qui se passera demain ? Je pourrais être astronaute data ou architecte d’IA. L’important, c’est que mon chemin professionnel ressemble à une playlist variée, avec chaque piste contribuant à une expérience unique.

Alors selon vous quelle place occupe la femme africaine dans le développement mondial de nos jours ? Quelle est sa marge de progression ?

De nos jours, la femme africaine est plus qu’une simple actrice du progrès mondial ; elle joue également le rôle d’architecte du changement et joue un rôle important dans la modification de notre planète. Sa position est diversifiée et en constante évolution, dépassant les préjugés, les limites et les attentes. Imaginons que la femme africaine est la clé de la réussite. Il existe de nombreux exemples, tels que Fatou Bensouda, qui a été la première femme procureure de la Cour pénale internationale et dont la détermination à protéger la justice a dépassé les continents. Ngũgĩ wa Thiong’o est une célèbre écrivaine kényane qui offre une voix à des réalités africaines souvent ignorées grâce à sa plume. Il y a également la situation de Chimamanda Ngozi Adichie, une écrivaine et militante nigériane qui a eu un impact significatif sur la perception globale de l’Afrique. Ellen Johnson Sirleaf, l’ancienne présidente du Libéria et lauréate du prix Nobel de la paix, a démontré que les femmes peuvent avoir un leadership efficace qui peut stimuler les progrès économiques et sociaux. La femme africaine a une immense marge de progression. Elle peut aller au-delà des limites de la profession et s’étendre à des domaines tels que la technologie, l’entrepreneuriat et la recherche scientifique. La fondatrice de LifeBank au Nigeria, Temie Giwa-Tubosun, utilise la technologie pour sauver des vies en améliorant l’accès aux produits sanguins. La réussite de cette avancée dépend de l’établissement d’un cadre propice, de l’éducation des générations à venir et de la suppression des obstacles qui restreignent trop de femmes. Il s’agit de faire écho aux histoires de réussite, de reconnaître les réalisations exceptionnelles et de s’engager dans la création d’un terrain de jeu égal pour tous. Pour résumer, les femmes africaines sont une force puissante dans le développement mondial et ont une marge de progression infinie. Bien qu’elle ait déjà tracé des voies extraordinaires, le monde peut toujours attendre des innovations, des découvertes et des leaderships qui révolutionneront notre compréhension même du progrès.

Il est crucial d’assurer une transition pacifique vers un gouvernement civil

Cela nous amène également à parler de la Guinée. Quel regard portez-vous sur le pays depuis la France ? Pensez-vous que les signaux sont bons pour son envol ?

Depuis ma position en France, je vois la Guinée avec espoir et confiance en son potentiel exceptionnel. La Guinée dispose de toutes les ressources dont elle a besoin pour prospérer, qu’il s’agisse de ses richesses naturelles ou de son capital humain dynamique. Néanmoins, pour atteindre cet objectif, il est crucial de donner la priorité au capital humain de la nation. La Guinée a besoin de stabilité et d’unité pour avancer. Pour permettre à ses citoyens de contribuer pleinement à son développement, le pays a besoin d’une période de stabilité politique, économique et sociale. La prospérité de la Guinée repose principalement sur le suivi du calendrier de la transition en cours. Il est essentiel que la transition soit réussie en favorisant des élections transparentes et en transférant le pouvoir aux citoyens. C’est un moment crucial qui peut ouvrir la voie à un développement inclusif et durable. Il est crucial que l’accent soit mis sur la réalisation des étapes prévues dans le cadre de la transition d’ici décembre 2024. Il est crucial d’assurer une transition pacifique vers un gouvernement civil et de mettre en place des élections transparentes. La situation pourrait devenir compliquée si ces étapes ne sont pas respectées. Pour résumer, l’avenir brillant de la Guinée dépend de la conformité avec le calendrier de la transition. En mettant l’accent sur la stabilité, l’unité et une transition politique réussie, la Guinée a toutes les opportunités de prospérer et de construire un avenir durable. Il est temps de collaborer pour transformer cette vision en réalité. Le pays a besoin d’élections transparentes, des institutions fortes sont le socle sur lequel repose l’État de droit et la stabilité politique, un capital humain uni et compétent et un modèle de développement innovant et compétitif qui positionnera la nation sur la scène mondiale, attirant les investissements et stimulant la croissance économique.

Les femmes guinéennes peuvent favoriser la stabilité sociale

Quel rôle doit jouer la femme Guinéenne dans la réussite de cette transition selon vous ?

Le rôle de la femme guinéenne dans la réussite de la transition politique du pays est multiple et essentiel. Les femmes guinéennes peuvent favoriser la stabilité sociale et le dialogue au sein de la communauté en tant que gardiennes des traditions et des valeurs familiales. Par exemple, des groupes de femmes ont été à l’avant-garde des efforts de médiation et de dialogue pendant des périodes de tension politique, contribuant ainsi à maintenir la paix. Il est important de les écouter dans les domaines politique, économique et social, car elles offrent une vision unique et une capacité de résilience qui peuvent conduire le pays vers des solutions novatrices. De plus, il est essentiel que les femmes participent activement au processus électoral. Leur vote est un élément essentiel de la démocratie, et s’engager dans les institutions politiques renforcera la représentation équitable et la légitimité du gouvernement. La participation des femmes en Guinée à la transition politique varie. Les femmes en Guinée jouent un rôle important dans la réussite de la transition politique du pays, de la participation aux élections à la promotion de la stabilité sociale et de l’éducation.

La lutte contre les violences basées sur le genre en Guinée nécessite une approche globale

Nous constatons également beaucoup de violences basées sur le genre en Guinée. Que préconisez-vous comme approche de solution ?

La lutte contre les violences basées sur le genre en Guinée nécessite une approche globale qui combine des mesures législatives, éducatives, et socioculturelles. Il est essentiel de mettre en place des lois strictes contre les violences basées sur le genre et de s’assurer qu’elles sont respectées. Cela implique de sensibiliser les autorités, le système judiciaire et le grand public de la gravité de ces crimes. Il est également nécessaire de mettre en place des programmes d’éducation visant à éduquer les gens sur les questions du consentement et de respect mutuel. Cela devrait commencer à la maternelle et continuer tout au long de la vie. Il est également important de mettre en place des dispositifs de soutien aux victimes, tels que des centres d’accueil et des lignes d’assistance. Cela comprend également la formation des travailleurs sociaux et des professionnels de la santé. Il faut encourager la participation équitable des femmes dans tous les domaines de la société, y compris la politique et l’économie, cela contribue à changer les perceptions et à créer un environnement propice à l’éradication des violences basées sur le genre. Enfin, Il est crucial que les communautés participent activement à la lutte contre la violence basée sur le genre. Les leaders de la communauté, les organisations religieuses et les personnalités publiques peuvent jouer un rôle important dans la promotion d’une culture respectueuse et équitable.

mon objectif est d’intégrer une institution africaine de renom

Quels sont vos projets à court, moyen et long terme avec la Guinée ou l’Afrique ?

À court terme, mes projets sont résolument tournés vers l’action concrète. Dès janvier, je m’apprête à intégrer la Direction de la Statistique et de la Recherche de la CEDEAO au Nigeria en tant qu’économiste, pour une mission d’une année. Cela représente une opportunité passionnante d’apporter ma contribution à l’avancement de la région ouest-africaine. Simultanément, je suis sur le point de concrétiser un autre projet à court terme. Dès décembre, je vais lancer les activités de ma plateforme de formation à distance au Sénégal et en Guinée. Cette initiative vise à faciliter l’accès à l’éducation de qualité, en particulier dans le domaine du numérique et de l’intelligence artificielle, renforçant ainsi les compétences locales. À moyen terme, mon objectif est d’intégrer une institution africaine de renom, que ce soit l’Union africaine ou la Banque africaine de développement. Cela me permettra de m’investir davantage dans des initiatives d’envergure continentale et de contribuer directement aux politiques de développement à l’échelle de l’Afrique. Enfin, à long terme, je nourris l’ambition de revenir en Guinée. Mon choix de m’engager en politique découle de ma conviction que le meilleur moyen d’aider la population guinéenne est d’utiliser mes connaissances et compétences au service du peuple. Mon objectif ultime est de contribuer activement à la construction d’un avenir plus prospère et équitable pour la Guinée en occupant un rôle politique significatif. Ces projets à court, moyen et long terme reflètent ma détermination à être une personne engagée dans le développement de l’Afrique, en mettant en œuvre des actions concrètes, en contribuant aux institutions continentales, et en apportant des solutions pratiques aux défis locaux.

chaque obstacle nous donne la chance de créer un avenir meilleur

Votre mot de la fin ?

Je voudrais adresser un message empreint d’espoir à tous les Africains, et tout particulièrement à mes compatriotes Guinéens. La richesse de l’Afrique est infinie, tant en termes de ressources naturelles que de la capacité et de la résilience de ses citoyens. Nous sommes les responsables de notre destin, et chaque obstacle nous donne la chance de créer un avenir meilleur. Il convient de rappeler aux Guinéens que notre pays possède un immense potentiel. En travaillant ensemble, nous pouvons surmonter les défis, établir des institutions robustes et établir une société dans laquelle chaque citoyen guinéen peut atteindre ses objectifs. Soyons fiers de notre héritage et de notre diversité, puis collaborons pour écrire le prochain chapitre de notre histoire. Il y a de l’espoir dans notre capacité à travailler ensemble, à créer des nouveaux concepts et à espérer un avenir où la Guinée brillera de toute sa splendeur. En tant qu’Africains et Guinéens, nous devons tous être motivés par l’idée d’un continent prospère, pacifique et uni. Ensemble, nous pouvons transformer les obstacles en opportunités et réaliser nos rêves communs. Notre boussole est l’espoir, et c’est nous qui façonnerons l’avenir de l’Afrique. Merci.

 

Interview réalisée par Pathé Diallo pour Planete7.info 

 

]]>
https://planete7.info/interview-a-la-rencontre-de-mamadou-hawa-diallo-une-guineenne-passionnee-dintelligence-artificielle/feed/ 0 24979
Exclu/OMVS: La raison non avouée par les autorités guinéennes sur leur suspension https://planete7.info/exclu-omvs-la-raison-non-avouee-par-les-autorites-guineennes-sur-leur-suspension/ https://planete7.info/exclu-omvs-la-raison-non-avouee-par-les-autorites-guineennes-sur-leur-suspension/#respond Wed, 02 Aug 2023 00:02:40 +0000 https://planete7.info/?p=22587 On en sait davantage sur les dessous qui auraient motiver la décision du gouvernement guinéen à suspendre sa participation au sein de l’OMVS. La non prise en compte des intérêts stratégiques de la Guinée évoquée officiellement est-elle suffisante? D’autres raisons sont-elles cachées? Ce sont entre autres des questions que nous avons posées dans une interview […]]]>

On en sait davantage sur les dessous qui auraient motiver la décision du gouvernement guinéen à suspendre sa participation au sein de l’OMVS. La non prise en compte des intérêts stratégiques de la Guinée évoquée officiellement est-elle suffisante? D’autres raisons sont-elles cachées? Ce sont entre autres des questions que nous avons posées dans une interview qu’un citoyen qui suit de près l’actualité de l’OMVS a accordée à notre rédaction. Notre source a sollicité s’exprimer sous l’anonymat.

Planete7: Bonjour M. Comprenez-vous la position de la Guinée en évoquant le retard du barrage de Koukoutamba?

La question de Koukoutamba évoquée parmi les raisons qui motivent la décision de la Guinée ne saurait à elle seule être suffisante, vue que beaucoup de projets de l’organisation connaissent la même réalité. La plupart des projets financés suivant le modèle EPC-F, (avec apport de financement par l’entreprise) ont connu de retard. Vu le contexte international actuel, beaucoup de projets de l’OMVS n’ont pas vraiment décollé. En plus du barrage Koukoutamba en Guinée, il y a celui de Gourbassi au Mali, tous deux avec des entreprises chinoises, le projet de construction de la ligne de transport électrique haute tension Manantali – Bamako, financé par AFD est aussi considérablement ralenti.

Barrage Koukoutamba

La raison est donc ailleurs?

La principale raison à mon avis, c’est la question de sous représentativité de la Guinée par rapport aux autres pays membres de l’OMVS, ce qui est une réalité. Lorsque la Guinée a rejoint l’OMVS en 2006, il avait été décidé qu’elle devrait intégrer toutes les structures de l’organisation. En plus du Conseil des Chefs d’État qui est l’instance suprême, le Conseil des Ministres, le Haut-commissariat dont le siège est à Dakar et les Cellules Nationales (une dans chaque pays membre), l’OMVS a aussi des sociétés spécialisées dont la Guinée n’appartient qu’à la SOGEOH (Société de Gestion de l’Energie des Ouvrages du Haut Bassin) dont le siège est à Conakry. Son intégration dans les autres sociétés à savoir, la SOGEM (Société de Gestion de l’Energie de Manantali) et sa filiale SEMAF (Société d’Exploitation de Manantali et Félou) sis au Mali, la SOGED (Société de Gestion du barrage de Diama) et la SOGENAV (Société de Gestion et d’Exploitation de la Navigation) sis à Nouakchott n’est pas encore effective.

Manantali au Mali

Au Haut-Commissariat quelques postes sont attribués à la Guinée mais le nombre est inférieur à celui des 3 autres pays. Jusqu’en 2013, les deux postes clés (le Haut-Commissariat et le Secrétariat Général) tournaient entre la Mauritanie et le Mali, le siège étant à Dakar. C’est lors du Conseil des Chefs d’État de 2013, que M. Kabinet KOMARA a été désigné Haut-Commissaire au compte de la Guinée. Pour contenter le Mali dont c’était le tour en principe, le poste de Haut-Commissaire Adjoint lui a été attribué. A la fin du mandat de la Guinée en 2017, le Mali a récupéré le poste de Haut-Commissaire, la Mauritanie et la Guinée ont respectivement pris les postes de Haut-Commissaire Adjoint et de Secrétaire Général.

Quel est le dernier élément qui a plus motivé cette décision de la Guinée? 

Avec la résolution de l’OMVS créant les postes de Secrétaires Généraux pour toutes ses sociétés en attribuant au pays siège, le Sénégal a occupé le poste de Secrétaire Général de l’OMVS. Pour palier probablement aux difficultés de fonctionnement et conflits d’attribution, le poste de Haut-Commissaire Adjoint qui devrait revenir à la Guinée n’a pas pourvu. Je ne sais pas s’il y a une résolution formelle qui élimine ce poste, toujours est-il que lors du dernier conseil des Chefs d’Etats (tenu le 18 juillet par Visio conférence, ndlr), la Guinée a sollicité en vain ce poste. Ce refus pourrait grandement expliquer la décision de la Guinée de suspendre sa participation.

Au passage, il faut signaler que la Guinée accumule beaucoup d’arriérés de cotisations. Toute chose à éviter dans ce genre d’organisations pour ne pas être privé de ses droits. Il faut s’efforcer pour s’acquitter de ses obligations.

Quelles peuvent être les conséquences de cette suspension?

Ni la Guinée, ni les autres pays n’ont intérêt au retrait de la Guinée de l’OMVS qui est un des organismes de bassin les mieux réussi à travers sa « Charte des Eaux » qui dispose « est propriété commune et indivisible des Etats Membres de l’OMVS, tout ouvrage commun ». « Les ouvrages communs sont et demeurent pendant toute la durée de leur vie, propriété commune et indivisible des Etats Membres de l’organisation » toute chose qui permet d’éviter beaucoup de conflits comme c’est le cas ailleurs.

Merci à vous pour toutes ces informations et analyses !

Je vous en prie.

 

 

]]>
https://planete7.info/exclu-omvs-la-raison-non-avouee-par-les-autorites-guineennes-sur-leur-suspension/feed/ 0 22587