Culture – PLANETE 7 https://planete7.info Tour de la planète sur 7 Mon, 20 Jul 2026 20:45:36 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.2 https://planete7.info/wp-content/uploads/2022/12/cropped-WhatsApp-Image-2022-12-01-at-12.56.29-32x32.jpeg Culture – PLANETE 7 https://planete7.info 32 32 182805278 N’Zérékoré : « Le musée n’est pas un endroit où l’on conserve seulement le passé, c’est là où l’on fabrique l’avenir », affirme Moussa Moïse Sylla https://planete7.info/nzerekore-le-musee-nest-pas-un-endroit-ou-lon-conserve-seulement-le-passe-cest-la-ou-lon-fabrique-lavenir-affirme-moussa-moise-sylla/ Mon, 20 Jul 2026 20:43:03 +0000 https://planete7.info/?p=59674 Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a officiellement lancé, ce lundi 20 juillet 2026, les travaux de construction du musée régional et du centre culturel de la région administrative de N’Zérékoré. La cérémonie de pose de la première pierre, organisée dans l’enceinte du gouvernorat, a réuni les autorités […]]]>

Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a officiellement lancé, ce lundi 20 juillet 2026, les travaux de construction du musée régional et du centre culturel de la région administrative de N’Zérékoré. La cérémonie de pose de la première pierre, organisée dans l’enceinte du gouvernorat, a réuni les autorités administratives, préfectorales et communales, des acteurs du secteur culturel ainsi que de nombreux invités.

À travers ce projet, le gouvernement entend renforcer les infrastructures culturelles du pays tout en inscrivant la valorisation du patrimoine national au cœur de sa stratégie de développement.

Prenant la parole, le ministre a expliqué que cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du programme Simandou 2040, présenté comme un levier de transformation durable de la Guinée.

« Le projet Simandou extrait le minerai de nos montagnes. Le programme Simandou 2040, lui, transforme cette richesse extraite en une richesse partagée : écoles, hôpitaux, routes, industries, et oui, en musées et en centres culturels. Le premier est le moyen, le second est la finalité », a déclaré Moussa Moïse Sylla.

Le ministre a insisté sur le changement de paradigme opéré par les autorités en matière de politique culturelle, affirmant que la culture occupe désormais une place stratégique dans le développement national.

« La culture n’est plus tenue pour un ornement ; elle est désormais reconnue comme un levier stratégique de cohésion nationale, de développement économique, de promotion touristique et de rayonnement international de notre pays », a-t-il souligné.

Au-delà du chantier lancé à N’Zérékoré, Moussa Moïse Sylla a annoncé que les huit régions administratives de la Guinée seront progressivement dotées d’un musée régional et d’un centre culturel.

« N’Zérékoré ouvre le chemin, les autres capitales régionales suivront », a-t-il assuré, avant de rappeler la portée de cette ambition : « Le musée n’est pas un endroit où l’on conserve seulement le passé. C’est là où l’on fabrique l’avenir. »

Le maire de la commune urbaine de N’Zérékoré, Germain Tavaguez Kolié, a salué une infrastructure appelée, selon lui, à devenir un véritable repère pour la mémoire collective et un espace d’épanouissement pour la jeunesse.

« Poser la première pierre de ce complexe, c’est jeter les bases d’un sanctuaire pour notre mémoire collective. Ce futur musée sera le gardien de notre héritage, tandis que le centre culturel offrira à notre jeunesse un espace d’expression, d’apprentissage, d’innovation et de brassage », a-t-il déclaré.

S’adressant aux populations, l’édile communal a invité les citoyens à s’approprier ce projet afin d’en faire un symbole durable de l’identité régionale et nationale.

« Chers concitoyens de N’Zérékoré, ce centre sera le vôtre ; il portera haut les couleurs de notre diversité et de notre unité. J’invite chacun de nous à soutenir ce projet, à en être le protecteur et, demain, à le faire vivre avec fierté. Que cet édifice soit le symbole d’une Guinée fière de ses racines et résolument tournée vers l’avenir », a-t-il exhorté.

Pour sa part, le gouverneur de la région administrative de N’Zérékoré, le colonel Moussa Condé, a mis en avant l’importance stratégique de cette infrastructure dans la préservation du patrimoine culturel et le développement touristique de la région.

« La région administrative de N’Zérékoré est un véritable carrefour culturel. La construction de ce musée régional et de ce centre culturel constitue un projet structurant qui contribuera à la conservation de notre mémoire collective, au développement du tourisme culturel et au renforcement de l’unité nationale », a-t-il indiqué.

Représentant l’entreprise en charge des travaux, le directeur général de MC Group, Semah Ben Salah, a réaffirmé l’engagement de son entreprise à livrer une infrastructure répondant aux ambitions des autorités.

« Nous ne construisons pas un simple bâtiment. Nous créons une institution qui préservera le riche patrimoine de la Guinée, célébrera sa diversité, encouragera l’innovation et demeurera un symbole durable de l’identité nationale pour les générations à venir », a-t-il affirmé.

Selon lui, le futur complexe sera édifié sur une superficie d’environ 11 960 m². Il comprendra notamment des galeries d’exposition permanente et temporaire, une bibliothèque, des salles de conférence, des espaces administratifs, des ateliers, des espaces commerciaux, des espaces verts ainsi que des infrastructures destinées à l’accueil des visiteurs.

Avec le lancement de ce chantier, les autorités guinéennes concrétisent une nouvelle étape de leur politique culturelle. Au-delà de la construction d’un simple édifice, ce projet traduit la volonté de faire de la culture un véritable moteur de développement, de renforcer l’attractivité touristique des régions et de préserver durablement le patrimoine national au bénéfice des générations futures.

Pépé Blaise Théa, correspondant à Nzérékoré pour Planete7.info

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Lecture en Guinée : Mohamed Salifou Keita alerte sur l’urgence de reconstruire toute la chaîne du livre https://planete7.info/lecture-en-guinee-mohamed-salifou-keita-alerte-sur-lurgence-de-reconstruire-toute-la-chaine-du-livre/ Mon, 20 Jul 2026 10:37:01 +0000 https://planete7.info/?p=59627 Pour Mohamed Salifou Keita, le défi de la littérature guinéenne ne réside pas dans le manque de talents. Il se situe ailleurs : dans la fragilité de tout un écosystème. De l’auteur au lecteur, en passant par l’éditeur, le libraire, la bibliothèque et les politiques publiques, chaque maillon de la chaîne du livre souffre de […]]]>

Pour Mohamed Salifou Keita, le défi de la littérature guinéenne ne réside pas dans le manque de talents. Il se situe ailleurs : dans la fragilité de tout un écosystème. De l’auteur au lecteur, en passant par l’éditeur, le libraire, la bibliothèque et les politiques publiques, chaque maillon de la chaîne du livre souffre de dysfonctionnements qui freinent l’essor de la création littéraire nationale.

Invité de l’émission Face à Pathé, le journaliste, écrivain et critique littéraire pose un diagnostic qui dépasse la seule question des écrivains. Son analyse met en lumière les insuffisances structurelles d’un secteur culturel pourtant essentiel à la formation des citoyens et à la préservation de la mémoire collective.

« La littérature guinéenne est vivante, mais elle demeure insuffisamment structurée », affirme-t-il d’emblée. Une formule qui résume le paradoxe d’un pays ayant produit des auteurs majeurs de la littérature africaine francophone, mais qui peine encore à offrir un environnement favorable à l’épanouissement des nouvelles générations.

Pour Mohamed Salifou Keita, le problème commence dès la publication des œuvres. Les maisons d’édition restent peu nombreuses, les circuits de distribution demeurent limités et les livres restent difficilement accessibles pour une grande partie de la population. À cela s’ajoutent un faible pouvoir d’achat et l’absence d’un véritable marché national du livre.

L’ancien animateur de l’émission Papier, Plume, Parole insiste également sur une réalité préoccupante : la diminution progressive de la pratique de la lecture, particulièrement chez les jeunes. Sans condamner les nouvelles technologies, il estime que les écrans ont profondément modifié les habitudes culturelles.

Pour lui, cette évolution impose une nouvelle stratégie. Les outils numériques ne doivent pas être considérés comme des adversaires du livre, mais comme des instruments capables d’élargir son audience. Encore faut-il que les auteurs, les éditeurs et les institutions culturelles s’en emparent efficacement.

Au-delà du numérique, Mohamed Salifou Keita appelle surtout à une politique publique ambitieuse. Selon lui, la promotion du livre ne peut reposer uniquement sur les écrivains. Elle exige un engagement de l’État, des collectivités locales, des établissements scolaires, des universités, des bibliothèques et du secteur privé.

Il plaide ainsi pour une politique nationale du livre capable de financer durablement la création littéraire, de moderniser les bibliothèques, de soutenir les maisons d’édition et de professionnaliser l’ensemble des métiers liés à la chaîne du livre.

L’écrivain rappelle que la littérature ne constitue pas seulement un patrimoine culturel. Elle participe à la formation de l’esprit critique, nourrit le débat démocratique et renforce le sentiment d’appartenance à une nation. Dans un contexte marqué par de profondes mutations sociales, elle demeure, selon lui, un espace privilégié de réflexion et de transmission.

L’expert en communication stratégique accorde également une importance particulière aux langues nationales. À ses yeux, leur intégration dans la production littéraire permettrait d’élargir le lectorat tout en valorisant les traditions orales qui constituent l’une des plus grandes richesses culturelles de la Guinée.

À travers son intervention, Mohamed Salifou Keita lance finalement un appel qui dépasse le monde des lettres. Il invite les décideurs à considérer le livre comme un investissement stratégique plutôt qu’une simple activité culturelle. Car une société qui lit est une société qui développe son esprit critique, protège sa mémoire et prépare son avenir.

Son plaidoyer sonne ainsi comme une invitation à reconstruire toute la chaîne du livre afin que la Guinée puisse transformer son immense potentiel littéraire en véritable levier de développement culturel, éducatif et citoyen.

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Mohamed Salifou Keita : « La culture, la littérature et la communication sont des leviers essentiels de développement » https://planete7.info/mohamed-salifou-keita-la-culture-la-litterature-et-la-communication-sont-des-leviers-essentiels-de-developpement/ Sun, 19 Jul 2026 14:25:33 +0000 https://planete7.info/?p=59614 Dans cette seconde partie de l’entretien, Mohamed Salifou Keita partage sa vision de l’avenir de la littérature guinéenne. Il aborde la place des langues nationales, les opportunités offertes par le numérique, les réformes nécessaires pour relancer le livre en Guinée et le rôle fondamental que doivent jouer les écrivains dans la construction d’une société plus […]]]>

Dans cette seconde partie de l’entretien, Mohamed Salifou Keita partage sa vision de l’avenir de la littérature guinéenne. Il aborde la place des langues nationales, les opportunités offertes par le numérique, les réformes nécessaires pour relancer le livre en Guinée et le rôle fondamental que doivent jouer les écrivains dans la construction d’une société plus éclairée. Il adresse également un message d’encouragement à la jeune génération d’auteurs.

Deuxième partie de l’interview ci-jointe :

9. La richesse de nos langues nationales est immense. Pensez-vous qu’elles devraient occuper une place plus importante dans la production littéraire ?

Absolument. Nos langues nationales sont des trésors culturels. Elles portent notre mémoire, nos imaginaires et nos traditions orales. Leur valorisation, aux côtés du français, enrichirait considérablement notre patrimoine littéraire et favoriserait une meilleure appropriation de la lecture par les populations.

10. Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux représentent-ils une menace ou une opportunité pour la littérature ?

Ils constituent surtout une formidable opportunité, à condition d’être bien utilisés. Les outils numériques permettent de diffuser les œuvres, de créer des communautés de lecteurs et de faire connaître les écrivains au-delà des frontières. Ils ne remplaceront jamais le livre, mais ils peuvent devenir de puissants alliés.

11. Parmi les écrivains guinéens contemporains, quels sont ceux qui, selon vous, incarnent le mieux le renouveau de notre littérature ?

Le renouveau s’incarne dans plusieurs voix, chacune avec sa sensibilité. Des auteurs confirmés continuent d’innover, tandis que de jeunes écrivains apportent un souffle nouveau. Je préfère parler d’une génération plurielle plutôt que d’établir un classement, car la littérature se nourrit de cette diversité.

12. Vous avez consacré une grande partie de votre vie à étudier la littérature guinéenne. Quel est le plus grand enseignement que vous en tirez ?

J’ai appris que la littérature est une mémoire vivante des peuples. Elle permet de comprendre notre passé, d’interroger notre présent et d’imaginer notre avenir. Elle est un espace de liberté, de résistance et de transmission.

13. Qu’est-ce qui vous a poussé à consacrer votre vie à la littérature et à la critique littéraire ?

Ma passion pour les livres est née très tôt. J’ai compris que les écrivains contribuent à éclairer les consciences et à faire progresser les sociétés. La critique littéraire est, pour moi, une manière de mettre les œuvres en dialogue avec leur époque et de participer au débat intellectuel.

14. Parmi vos ouvrages, lequel reflète le mieux votre vision de la Guinée et pourquoi ?

Je dirais que mon œuvre romanesque en cours, Aède, exprime profondément ma vision de la Guinée. À travers la mémoire, les voyages, l’histoire et les rencontres, j’y montre une Guinée ouverte sur le monde, fidèle à ses racines mais résolument tournée vers l’avenir. C’est une invitation à faire dialoguer notre patrimoine avec l’universel.

15. Si vous deviez proposer trois mesures prioritaires pour relancer la littérature et la lecture en Guinée, lesquelles seraient-elles ?

Premièrement, créer une véritable politique nationale du livre avec un financement pérenne. Deuxièmement, développer un réseau moderne de bibliothèques scolaires, universitaires et municipales. Enfin, soutenir les auteurs, les éditeurs et les libraires afin de professionnaliser toute la chaîne du livre.

16. Quel rôle un écrivain doit-il jouer dans une société confrontée à des défis politiques, économiques et sociaux comme la Guinée ?

L’écrivain ne doit pas être un simple observateur. Il doit être une conscience critique, un témoin de son époque, un défenseur des libertés, du dialogue et de la dignité humaine. Par son œuvre, il éclaire les consciences, nourrit l’espérance et participe à la construction d’une société plus juste.

17. En conclusion, quel message adressez-vous aux jeunes Guinéens qui rêvent d’écrire et de contribuer, à leur tour, au rayonnement de la culture guinéenne ?

Je leur dirais de lire sans relâche, d’écrire avec sincérité et de ne jamais renoncer face aux difficultés. L’écriture exige de la patience, de la discipline et de l’humilité. Chaque livre est une pierre apportée à l’édifice de notre mémoire collective. La Guinée a besoin de nouvelles voix capables de raconter ses blessures, ses espérances et ses rêves. C’est ainsi que notre littérature continuera de rayonner en Afrique et dans le monde.

 

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Littérature guinéenne : entre héritage prestigieux et défis d’avenir, le cri d’alarme de Mohamed Salifou Keita https://planete7.info/litterature-guineenne-entre-heritage-prestigieux-et-defis-davenir-le-cri-dalarme-de-mohamed-salifou-keita/ Sat, 18 Jul 2026 12:10:42 +0000 https://planete7.info/?p=59545 « La littérature guinéenne est vivante, mais elle demeure insuffisamment structurée. » En une phrase, Mohamed Salifou Keita résume la réalité d’un secteur riche en talents, mais confronté à de nombreux obstacles. Journaliste, écrivain, critique littéraire et figure incontournable de la promotion du livre en Guinée, il livre, dans l’émission Face à Pathé, une analyse […]]]>

« La littérature guinéenne est vivante, mais elle demeure insuffisamment structurée. » En une phrase, Mohamed Salifou Keita résume la réalité d’un secteur riche en talents, mais confronté à de nombreux obstacles. Journaliste, écrivain, critique littéraire et figure incontournable de la promotion du livre en Guinée, il livre, dans l’émission Face à Pathé, une analyse lucide de la situation de la création littéraire nationale.

Pour celui qui a consacré plus de quarante ans de sa vie à faire connaître les écrivains à travers la célèbre émission Papier, Plume, Parole, la Guinée n’a jamais manqué d’auteurs ni d’inspiration. Ce qui fait défaut, selon lui, c’est l’écosystème capable d’accompagner ces talents vers une véritable reconnaissance.

« Nos écrivains continuent de produire une littérature exigeante », affirme-t-il, tout en regrettant l’absence d’institutions solides, d’une politique éditoriale ambitieuse et de mécanismes efficaces de diffusion.

Pour Mohamed Salifou Keita, les difficultés ne se limitent pas à la publication des ouvrages. Elles concernent toute la chaîne du livre. Faiblesse des maisons d’édition, manque de réseaux de distribution, coût élevé des livres, insuffisance des bibliothèques et faible pratique de la lecture constituent, selon lui, autant de freins à l’épanouissement de la littérature guinéenne.

Pourtant, le pays dispose d’un patrimoine littéraire reconnu au-delà de ses frontières. Camara Laye, Williams Sassine, Alioum Fantouré, Tierno Monénembo ou encore Djibril Tamsir Niane ont contribué à inscrire la Guinée sur la carte mondiale de la littérature francophone. Pour Mohamed Salifou Keita, leur héritage dépasse largement le cadre des lettres : il participe à la construction de la mémoire nationale et nourrit la réflexion sur l’identité, l’histoire et les grandes questions de société.

Face à cette génération de pionniers, l’écrivain observe avec intérêt l’émergence de nouvelles voix. Il refuse cependant d’opposer anciens et jeunes auteurs. À ses yeux, la littérature guinéenne traverse une phase de transition où les nouvelles sensibilités doivent s’appuyer sur la lecture, la rigueur et la patience afin de bâtir des œuvres durables.

Loin d’être déconnectée des réalités du pays, la production littéraire actuelle demeure, selon lui, un miroir de la société. Les écrivains abordent les enjeux liés à la gouvernance, à la démocratie, aux migrations, aux inégalités sociales, à la jeunesse ou encore à la condition des femmes. Une manière de rappeler que la littérature ne se limite pas au divertissement, mais constitue également un outil de réflexion et d’interpellation citoyenne.

Mohamed Salifou Keita s’inquiète néanmoins de l’évolution des habitudes de lecture, notamment chez les jeunes. Si le livre conserve toute sa valeur, il reconnaît que les écrans et les réseaux sociaux occupent désormais une place prépondérante dans le quotidien. Pour inverser cette tendance, il plaide en faveur du développement des bibliothèques scolaires et municipales, de clubs de lecture et d’une véritable politique publique en faveur du livre.

À travers son analyse, une conviction se dégage : la littérature n’est pas un luxe réservé à une élite. Elle constitue un instrument de développement, de transmission des savoirs, de construction citoyenne et de dialogue entre les peuples.

Au-delà du constat, Mohamed Salifou Keita invite les décideurs à considérer le livre comme un investissement stratégique pour l’avenir du pays. Car, selon lui, une nation qui néglige ses écrivains prend le risque d’affaiblir sa mémoire, son identité et sa capacité à penser son propre avenir.

Son message résonne ainsi comme un appel à redonner toute sa place à la culture dans les politiques publiques, afin que la richesse littéraire de la Guinée puisse enfin bénéficier des conditions nécessaires à son plein rayonnement, aussi bien sur le continent africain que sur la scène internationale.

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Mohamed Salifou Keita : « La littérature guinéenne est vivante, mais elle demeure insuffisamment structurée » https://planete7.info/mohamed-salifou-keita-la-litterature-guineenne-est-vivante-mais-elle-demeure-insuffisamment-structuree/ Sat, 18 Jul 2026 10:59:23 +0000 https://planete7.info/?p=59529 Journaliste, écrivain, critique littéraire et spécialiste reconnu de la littérature guinéenne, Mohamed Salifou Keita dresse un état des lieux sans complaisance de la création littéraire en Guinée. Dans cet entretien accordé à Face à Pathé, il analyse les forces et les faiblesses du secteur, revient sur l’héritage des grandes figures des lettres guinéennes et évoque […]]]>

Journaliste, écrivain, critique littéraire et spécialiste reconnu de la littérature guinéenne, Mohamed Salifou Keita dresse un état des lieux sans complaisance de la création littéraire en Guinée. Dans cet entretien accordé à Face à Pathé, il analyse les forces et les faiblesses du secteur, revient sur l’héritage des grandes figures des lettres guinéennes et évoque les défis auxquels sont confrontés les écrivains d’aujourd’hui.

Interview première partie ci dessous :

1) Vous êtes l’un des meilleurs spécialistes de la littérature guinéenne. Quel diagnostic faites-vous aujourd’hui de l’état de notre littérature ?

La littérature guinéenne est vivante, mais elle demeure insuffisamment structurée. Elle regorge de talents et d’œuvres de qualité, mais souffre d’un manque d’institutions fortes, d’une faible politique éditoriale et d’une diffusion limitée. Malgré ces contraintes, nos écrivains continuent de produire une littérature exigeante qui témoigne de la vitalité intellectuelle du pays.

2. Pourquoi les écrivains guinéens peinent-ils encore à être connus et lus, aussi bien en Guinée qu’à l’étranger ?

Plusieurs facteurs l’expliquent : la faiblesse des maisons d’édition, l’absence d’un véritable réseau de distribution, le coût élevé du livre, le faible niveau de lecture et le manque de promotion internationale. Beaucoup d’auteurs publient dans l’anonymat, sans bénéficier d’un accompagnement professionnel.

3. Quels auteurs considérez-vous comme les véritables bâtisseurs de la littérature guinéenne, et quel héritage ont-ils laissé ?

Je pense notamment à Camara Laye, Williams Sassine, Alioum Fantouré, Tierno Monénembo, Djibril Tamsir Niane et bien d’autres. Ils ont donné une visibilité internationale à la littérature guinéenne tout en explorant notre mémoire, notre histoire, nos traditions et les grandes questions politiques et humaines. Leur héritage est à la fois littéraire, intellectuel et moral.

4. La jeune génération d’écrivains est-elle à la hauteur de cet héritage ou constatez-vous une rupture ?

Je ne parlerais pas de rupture mais de transition. La nouvelle génération apporte des sensibilités nouvelles, des écritures différentes et des thèmes contemporains. Elle doit cependant approfondir son travail, lire davantage les grands auteurs et construire une œuvre durable plutôt que rechercher uniquement la visibilité immédiate.

5. La littérature guinéenne reflète-t-elle réellement les réalités sociales, politiques et culturelles du pays aujourd’hui ?

Oui, dans une large mesure. Les écrivains abordent les questions de gouvernance, de démocratie, de migrations, de pauvreté, des violences sociales, de la jeunesse et de la condition féminine. La littérature reste un miroir critique de notre société.

6. Le livre occupe-t-il encore une place importante dans la société guinéenne, notamment auprès des jeunes ?

Le livre conserve son importance, mais il est aujourd’hui concurrencé par les écrans et les réseaux sociaux. Beaucoup de jeunes lisent moins de livres qu’autrefois. Il faut réconcilier la jeunesse avec la lecture dès l’école en développant les bibliothèques et les clubs littéraires.

7. Quel regard portez-vous sur les politiques publiques en faveur du livre, de la lecture et des écrivains en Guinée ?

Les efforts demeurent insuffisants. Le livre devrait être considéré comme un outil stratégique de développement culturel et citoyen. Une véritable politique nationale du livre devrait soutenir les auteurs, les éditeurs, les libraires, les bibliothèques et les manifestations littéraires.

8. Quels sont aujourd’hui les principaux obstacles qui freinent le développement de l’édition et de la création littéraire dans notre pays ?

Les principaux obstacles sont le manque de financements, la faiblesse du marché du livre, l’absence de circuits de distribution performants, la rareté des bibliothèques publiques, le faible pouvoir d’achat et le manque de professionnalisation du secteur éditorial.

 

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Mamadou Saïdou Diallo défend l’héritage artistique de Mamadou Thug et appelle au respect de son parcours https://planete7.info/mamadou-saidou-diallo-defend-lheritage-artistique-de-mamadou-thug-et-appelle-au-respect-de-son-parcours/ Sun, 12 Jul 2026 12:10:43 +0000 https://planete7.info/?p=58940 Pour avoir eu la chance de côtoyer l’homme et de collaborer avec lui dans le milieu artistique, mon constat est sans appel : c’est un grand bosseur et un visionnaire. En Guinée, nous pouvons parfois désapprouver ses prises de position, mais nous devons reconnaître qu’il a marqué et inspiré toute une génération de comédiens. De […]]]>

Pour avoir eu la chance de côtoyer l’homme et de collaborer avec lui dans le milieu artistique, mon constat est sans appel : c’est un grand bosseur et un visionnaire. En Guinée, nous pouvons parfois désapprouver ses prises de position, mais nous devons reconnaître qu’il a marqué et inspiré toute une génération de comédiens. De 1998 à 2026, son impact sur notre culture et ses retombées pour les artistes sont immenses.

Ses accomplissements parlent d’eux-mêmes, notamment au sein du Conseil National de la Transition (CNT), où il a dignement représenté les entrepreneurs culturels et les artistes guinéens pendant les quatre années de transition. Au-delà de ses exploits en tant qu’artiste, il est le membre fondateur de plusieurs compagnies culturelles et d’organisations faîtières du domaine artistique. Avec plus de 25 ans d’une immense carrière jalonnée de distinctions nationales et internationales, il mérite le respect des Guinéens, même si l’on n’est pas obligé de l’aimer.

Pour rappel, Mamadou Thug a fait partie de la prestigieuse équipe nationale de théâtre de Guinée. En 2012, il a représenté notre pays lors de la plus grande rencontre théâtrale africaine au Festival international du théâtre de Béjaïa, en Algérie. Il y incarnait le rôle de Loïc Sans-Culotte, tiré de l’œuvre du professeur Ahmed Tidjani Cissé, ancien ministre de la Culture. Il est revenu d’Algérie avec deux trophées majeurs : celui du meilleur acteur et celui de la meilleure représentation scénique. À cela s’ajoutent plus d’une dizaine d’autres prix et distinctions à travers le monde.

Enfin, parmi tous les grands artistes que la Guinée a connus, combien ont réussi ce que Mamadou Thug a accompli à Conakry et Labé ? Il a créé le premier festival international dédié à l’humour, l’Open Comédie Club de Conakry, via son label Soudou Daardja Prod en 2010. Il y maintient un festival depuis plus de dix ans, et ce, sans l’accompagnement du ministère de la Culture. De plus, avec ses propres moyens, il a fondé l’un des plus grands centres culturels privés du pays Ka Werde. Ne serait-ce que pour cela, son nom devrait rimer avec respect.

On peut parfois s’opposer à l’homme, mais il faut savoir saluer ses réussites pour la nation. Le Mamadou Thug que j’ai connu sur le terrain œuvre sans relâche depuis le début des années 2000, de Cosa au Palais du Peuple, en passant par le CCFG jusqu’au Musée national de Sandervalia. Le théâtre lui a permis de parcourir toute la Guinée et de devenir l’ambassadeur de plusieurs grandes entreprises du pays, asseyant ainsi son indépendance économique et artistique.

Critiquons donc, mais ne renions pas le travail des gens et acceptons cette différence avec respect. À toi, Mamadou Thug : arrête de répondre aux gens. Quand on est une personnalité publique, on doit savoir encaisser. Tu ne dois pas ressembler à Donald Trump, qui répond aussi bien à des présidents, des ministres et des maires qu’à des chefs de quartier, des chefs de carré ou même des individus inconnus. Il est toujours prêt à répliquer sur Internet, mais toi, mon frère Thug, tu prépares une carrière bien plus grande que ça.

Mamadou Saïdou Diallo

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Acteur du film Samba et Sadjo

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Conakry : Nima Gastronomy Group sublime le fonio et affirme son ambition de porter la gastronomie guinéenne sur la scène internationale https://planete7.info/conakry-nima-gastronomy-group-sublime-le-fonio-et-affirme-son-ambition-de-porter-la-gastronomie-guineenne-sur-la-scene-internationale/ Sat, 04 Jul 2026 13:17:48 +0000 https://planete7.info/?p=58416 Et si le fonio devenait l’un des plus grands ambassadeurs de la cuisine guinéenne ? C’est le pari que porte Nima Gastronomy Group, qui a organisé, vendredi 3 juillet, une dégustation culinaire entièrement consacrée à cette céréale ancestrale. Accueillie dans les locaux de Nima Service Traiteur, la rencontre a rassemblé professionnels de la restauration, acteurs […]]]>

Et si le fonio devenait l’un des plus grands ambassadeurs de la cuisine guinéenne ? C’est le pari que porte Nima Gastronomy Group, qui a organisé, vendredi 3 juillet, une dégustation culinaire entièrement consacrée à cette céréale ancestrale. Accueillie dans les locaux de Nima Service Traiteur, la rencontre a rassemblé professionnels de la restauration, acteurs des médias, partenaires et invités autour d’une même ambition : démontrer que le fonio peut séduire les palais les plus exigeants et s’imposer comme un produit d’excellence sur les tables de Guinée et d’ailleurs.

Le temps d’une dégustation, les convives ont découvert une succession de créations culinaires revisitant le fonio sous toutes ses formes. Entrées raffinées, plats gastronomiques, pâtisseries, biscuits, pizzas et même gâteau d’anniversaire : chaque préparation témoignait du potentiel de cette céréale longtemps cantonnée à la cuisine traditionnelle.

À l’origine de cette initiative, la cheffe Nima, fondatrice de Nima Gastronomy Group, de Nima Traiteur et de Nima Académie, mais également présidente de l’Association des chefs cuisiniers et pâtissiers de Guinée, a rappelé que son groupe œuvre depuis plusieurs années à promouvoir la gastronomie guinéenne tout en formant une nouvelle génération de professionnels des métiers de bouche.

À travers Nima Académie, a-t-elle expliqué, l’objectif est également de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et l’autonomisation des femmes grâce aux métiers de la restauration.

Pour la cheffe, cette dégustation répond avant tout à une volonté de faire évoluer le regard porté sur le fonio.

« Nous organisons régulièrement des dégustations pour faire connaître le fonio autrement. Aujourd’hui, j’ai choisi de réaliser une entrée inspirée des couleurs du drapeau guinéen, parce que j’aime mon pays, j’aime mon drapeau et j’aime ses couleurs », a-t-elle expliqué en présentant sa création aux invités.

Le manager de Nima Gastronomy Group et coordinateur de la deuxième édition du Festival du Fonio en Guinée, Jean-Charles Coquer, a indiqué que cette rencontre avec les médias s’inscrivait dans une stratégie plus large de promotion de la gastronomie guinéenne.

Selon lui, le fonio représente un véritable levier de développement économique, culturel et touristique, à condition d’être davantage valorisé.

Il a salué, à cet effet, les efforts des autorités guinéennes, notamment du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, du Premier ministre Amadou Oury Bah et du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, pour leur engagement en faveur de la promotion du patrimoine culturel national.

« Cette dégustation est organisée pour permettre aux médias de relayer notre vision. Le fonio est une céréale consommée dans plusieurs pays africains, mais notre ambition est de le positionner sur les tables des grands hôtels et restaurants à travers le monde », a-t-il déclaré.

Il a également rappelé que la Guinée s’était récemment distinguée lors d’un festival gastronomique organisé en Côte d’Ivoire, où des préparations à base de fonio ont remporté le deuxième prix. Une distinction qui, selon lui, conforte la volonté de poursuivre les actions de promotion de cette céréale emblématique.

Présente à cette rencontre, la cheffe Mabinty, directrice générale de Rice & Cake et vice-présidente de l’Association Les Mains Unies, a salué une initiative qui contribue à mettre en valeur l’identité culinaire de la Guinée.

Pour elle, le fonio offre une multitude de possibilités gastronomiques et mérite une place de choix dans les cuisines modernes.

« En valorisant le fonio, elle ne vend pas seulement une céréale. Elle vend aussi l’image de la Guinée à travers le monde. C’est un travail remarquable que nous encourageons vivement », a-t-elle affirmé.

Oumar Boh, également présent, s’est dit agréablement surpris par la richesse et l’originalité des créations proposées au cours de cette dégustation.

« J’ai découvert aujourd’hui des plats, des biscuits, une pizza et même un gâteau d’anniversaire réalisés à base de fonio. C’est une première pour moi. Cela démontre que cette céréale peut être utilisée de multiples façons. Voilà ce qu’on appelle véritablement consommer local. Ce sont des initiatives qu’il faut soutenir afin de faire rayonner la Guinée à travers sa gastronomie », a-t-il déclaré, avant de féliciter la cheffe Nima et l’ensemble de son équipe pour leur engagement.

Au-delà de la découverte culinaire, cette dégustation a surtout permis de rappeler que le fonio constitue un patrimoine alimentaire dont la valorisation peut contribuer au développement de la filière agricole, à la promotion du Made in Guinea et au rayonnement de la culture guinéenne.

En faisant dialoguer tradition et innovation, Nima Gastronomy Group entend poursuivre ses actions afin de hisser le fonio au rang de référence gastronomique, convaincu que cette céréale ancestrale possède tous les atouts pour séduire les tables les plus prestigieuses, en Guinée comme à l’international.

Salif Camara pour Planete7.info

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Patrimoine culturel : la Guinée engage une révolution numérique pour recenser et préserver son héritage https://planete7.info/patrimoine-culturel-la-guinee-engage-une-revolution-numerique-pour-recenser-et-preserver-son-heritage/ Wed, 01 Jul 2026 18:49:59 +0000 https://planete7.info/?p=58201 La République de Guinée a officiellement lancé, ce mercredi, un vaste programme national de recensement, de documentation et de numérisation de son patrimoine culturel. Une initiative d’envergure qui ambitionne de bâtir, pour la première fois, une base de données nationale structurée et fiable sur l’héritage culturel du pays, dans une dynamique intégrée au programme stratégique […]]]>

La République de Guinée a officiellement lancé, ce mercredi, un vaste programme national de recensement, de documentation et de numérisation de son patrimoine culturel. Une initiative d’envergure qui ambitionne de bâtir, pour la première fois, une base de données nationale structurée et fiable sur l’héritage culturel du pays, dans une dynamique intégrée au programme stratégique Simandou 2040.

La cérémonie de lancement s’est tenue au Centre culturel franco-guinéen de Conakry, en présence de membres du gouvernement, d’universitaires, de chercheurs, d’acteurs culturels ainsi que de représentants d’institutions nationales et partenaires du secteur.

Prenant la parole, la présidente du conseil d’administration du CIRD, Dr Aïssatou Bella Diallo, a souligné la portée fondatrice de ce projet pour la Guinée :

« Nous engageons ensemble une démarche qui ambitionne de doter la Guinée, pour la première fois, d’un système national fiable de connaissance, de documentation et de valorisation de son patrimoine culturel. C’est un grand honneur et une grande responsabilité, car un pays qui n’a pas de politique culturelle, qui n’a pas de données fiables, ne peut pas avancer », a-t-elle déclaré.

Un constat fort qui place la question de la mémoire culturelle au cœur des enjeux de développement et de souveraineté intellectuelle.

De son côté, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a inscrit cette initiative dans la vision globale du développement national portée par Simandou 2040.

« Cette initiative intervient dans un contexte particulièrement important pour notre pays. Elle s’inscrit dans la vision de développement engagée par le projet Simandou 2040, dont le deuxième pilier place l’éducation et la culture au cœur de la transformation qualitative de la Guinée. La culture n’est pas une dépense pour la nation, elle en est le fondement. Un peuple qui méprise son récit se laisse raconter par quelqu’un d’autre », a-t-il affirmé avec insistance.

Un message fort qui traduit la volonté des autorités de repositionner la culture comme levier stratégique de transformation sociale et économique.

Dans une perspective historique, le président de l’Académie des sciences, le Pr Mamadou Aliou Baldé, est revenu sur les dynamiques passées et les défis actuels du secteur culturel guinéen.

« Nous avons vu, à l’époque, l’effort fourni par les gouvernements d’alors pour réhabiliter la culture guinéenne, et nous avions été témoins des résultats qui en ont découlé : la culture guinéenne a rayonné. Puis, il y a eu une période où cela a chuté et, avec tristesse, je pense que toute la population en a été témoin. Aujourd’hui, des jeunes ont pris la relève et font en sorte que le flambeau demeure », a-t-il rappelé.

Évoquant également les perspectives à long terme, notamment le programme Simandou 2040 et l’échéance symbolique du centenaire de l’indépendance en 2058, le scientifique s’est montré optimiste :

« Tous ces jeunes qui sont derrière, ainsi que toutes les institutions engagées – politiques, chercheurs, enseignants et public – ont réellement décidé de relever le défi », a-t-il souligné.

À travers ce programme national, les autorités guinéennes entendent structurer durablement la gestion du patrimoine culturel, en assurant sa conservation, sa transmission et sa valorisation grâce aux outils numériques.

Au-delà d’un simple projet technique, cette initiative s’impose comme un tournant stratégique, visant à replacer la culture au centre des politiques publiques et à renforcer l’identité nationale dans une perspective de développement durable.

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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Clôture de la Semaine nationale des archives : la Guinée veut préserver les traces de son histoire à l’ère du numérique https://planete7.info/cloture-de-la-semaine-nationale-des-archives-la-guinee-veut-preserver-les-traces-de-son-histoire-a-lere-du-numerique/ Tue, 30 Jun 2026 18:13:25 +0000 https://planete7.info/?p=58119 Après six jours d’échanges, de panels, d’expositions et de réflexions autour de la sauvegarde du patrimoine documentaire national, la première édition de la Semaine nationale des archives de Guinée a refermé ses portes ce mardi 30 juin 2026 sur le site de la plage Camayenne, à Conakry. Une initiative qui a réuni acteurs publics, archivistes, […]]]>

Après six jours d’échanges, de panels, d’expositions et de réflexions autour de la sauvegarde du patrimoine documentaire national, la première édition de la Semaine nationale des archives de Guinée a refermé ses portes ce mardi 30 juin 2026 sur le site de la plage Camayenne, à Conakry. Une initiative qui a réuni acteurs publics, archivistes, experts du numérique, universitaires, artistes et citoyens autour d’un même défi : préserver la mémoire collective et moderniser la gestion des archives nationales.

Placée sous le signe de la valorisation du patrimoine archivistique à l’heure de la transformation numérique, cette rencontre, organisée du 25 au 30 juin, a permis de mettre en lumière le rôle essentiel des archives dans la construction de l’identité nationale, la transparence administrative et la transmission de l’histoire aux générations futures.

Lors de la cérémonie de clôture, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de considérer les archives comme un véritable outil de développement et de gouvernance publique.

Prenant la parole, la secrétaire générale adjointe du gouvernement, Hadja Sarangbé Keïta, a rappelé que les archives dépassent largement le cadre de simples documents conservés. « Les archives ne sont pas de simples documents conservés dans les rayonnages », a-t-elle déclaré, les présentant comme « les mémoires vivantes de notre nation ». Pour elle, elles jouent un rôle fondamental dans la préservation de l’histoire nationale, la protection des droits des citoyens et la sécurisation des décisions publiques.

Elle a également salué les différentes activités organisées durant cette semaine, notamment les ateliers, démonstrations, expositions et sessions de numérisation, qui ont permis d’identifier les défis du système archivistique guinéen tout en explorant les opportunités offertes par les nouvelles technologies.

Présent à cette cérémonie, le représentant du Rwanda en Guinée, Franko Kalissa Kanimba, a qualifié cette initiative d’importance majeure pour le pays. « Les archives de l’État ne sont pas un détail administratif, elles sont l’âme d’une nation », a-t-il soutenu. Selon lui, l’organisation de cette semaine nationale traduit une volonté politique forte et constitue un acte de souveraineté pour permettre à la Guinée de maîtriser son propre récit historique.

Pour sa part, le directeur général de la Bibliothèque nationale, Daouda Tamsir Niane, a plaidé pour une meilleure collaboration entre les structures chargées de conserver le patrimoine documentaire. « Un peuple sans archives est un peuple sans boussole », a-t-il déclaré, estimant que les Archives nationales et la Bibliothèque nationale sont deux institutions complémentaires au service de la mémoire du pays.

Au terme de cette première édition, la Semaine nationale des archives aura permis de sensibiliser davantage les institutions et le grand public sur l’importance de la conservation documentaire. Elle marque également une nouvelle étape dans la volonté de la Guinée de moderniser ses archives, notamment à travers la numérisation, afin de garantir la transmission de son histoire aux générations futures.

 

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info 

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Affaire Art-Man contre La Lionne : la réconciliation des deux protagonistes relance les interrogations avant le verdict du 30 juin https://planete7.info/affaire-art-man-contre-la-lionne-la-reconciliation-des-deux-protagonistes-relance-les-interrogations-avant-le-verdict-du-30-juin/ Fri, 26 Jun 2026 03:39:57 +0000 https://planete7.info/?p=57806 À quelques jours du verdict attendu au Tribunal de Première Instance (TPI) de Kankan, l’affaire opposant l’artiste Mandén Fodé, connu sous le nom d’Art-Man, à l’influenceuse Mariama Ciré Kaba, surnommée « La Lionne », connaît un nouveau tournant. Au cœur de cette procédure judiciaire, la chanson « Quartier La Grande » avait déclenché une vive […]]]>

À quelques jours du verdict attendu au Tribunal de Première Instance (TPI) de Kankan, l’affaire opposant l’artiste Mandén Fodé, connu sous le nom d’Art-Man, à l’influenceuse Mariama Ciré Kaba, surnommée « La Lionne », connaît un nouveau tournant.

Au cœur de cette procédure judiciaire, la chanson « Quartier La Grande » avait déclenché une vive polémique, provoquant une confrontation entre les deux figures publiques et attirant l’attention d’une large partie de l’opinion. Depuis l’ouverture du procès, l’affaire est largement suivie sur les réseaux sociaux et dans le milieu culturel guinéen.

Mais ce jeudi 25 juin 2026, un nouvel épisode est venu changer l’atmosphère autour du dossier. Une vidéo devenue virale montre Art-Man et La Lionne réunis dans un climat marqué par l’apaisement et le dialogue. Face à son interlocutrice, l’artiste a présenté publiquement ses excuses, reconnaissant les éventuels préjudices causés par les propos contenus dans son morceau.

D’après des informations recueillies à Kankan, cette rencontre serait l’aboutissement de plusieurs démarches de médiation initiées par le Directeur communal de la jeunesse (DCJ) de Kankan, Sidiki Belmando Kaba, avec le concours d’autres acteurs engagés dans la promotion de la paix sociale.

Si cette réconciliation apparaît comme un signe de décrispation entre les deux parties, elle ne signifie pas pour autant la fin de la bataille judiciaire. La procédure suit son cours et le Tribunal de Première Instance de Kankan est toujours attendu pour rendre sa décision le 30 juin prochain.

Désormais, une question demeure au centre des débats : cette volonté d’apaisement entre Art-Man et La Lionne pourrait-elle influencer l’issue du procès ? La réponse sera connue dans les prochains jours, alors que cette affaire continue de susciter l’intérêt du public à Kankan et au-delà.

Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info

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