
Dans le cadre de sa tournée nationale de sensibilisation des professionnels des médias, à l’approche de l’élection présidentielle du 28 décembre, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a rencontré ce mardi 16 décembre les journalistes de la région de Kindia. Une rencontre au cours de laquelle il a longuement insisté sur la responsabilité sociale des médias et les dérives qui ont, selon lui, fragilisé l’exercice du journalisme en Guinée.
Sans détour, le président de la HAC a rappelé que des traitements médiatiques jugés irresponsables ont, par le passé, eu de lourdes conséquences au sommet de l’État. « Par la faute de certains journalistes indélicats, nous avons vu des ministres limogés, simplement parce que le mensonge a prévalu », a-t-il déclaré. Selon lui, des accusations de détournement et de corruption ont été portées à tort contre certains responsables, avant que la justice ne conclue finalement à leur innocence.
Ces dérives, a-t-il poursuivi, ont conduit la HAC à engager une vaste opération d’assainissement du secteur des médias. Une réforme fondée notamment sur l’application stricte de la loi relative à l’exercice du journalisme, avec l’exigence de la carte de presse comme condition obligatoire. « Tout individu non détenteur de la carte de presse ne peut pas exercer la profession », a-t-il martelé.
Boubacar Yacine Diallo estime que cette opération a permis de restaurer l’ordre et la crédibilité dans le paysage médiatique national. « Ceux qui avaient infiltré et infesté la presse se sont retrouvés dehors », a-t-il affirmé, saluant une reprise en main du secteur par les acteurs eux-mêmes. Il a également évoqué une période où certains journalistes exerçaient, selon ses termes, une influence excessive, imposant leurs décisions au détriment de l’intérêt général.
Le président de la HAC a tenu à reconnaître le rôle joué par les associations professionnelles, tant patronales que corporatives, dans ce processus. « La presse s’est autosaisie et a assaini ses propres rangs », a-t-il souligné. Pour faciliter l’accès à la carte de presse, la HAC a, durant plusieurs années, rendu sa délivrance gratuite, alors même que la loi prévoit le paiement d’une caution.
Il a expliqué que cette mesure visait à lever les obstacles financiers et logistiques auxquels étaient confrontés de nombreux journalistes, notamment ceux de l’intérieur du pays. « Avant notre arrivée, la carte coûtait 100 000 francs et tout le monde devait venir à Conakry », a-t-il rappelé. Désormais, l’enrôlement se fait directement dans les rédactions, de Conakry à Yomou, de Lola à Lélouma, de Boké à Koundara.
Après quatre années de délivrance gratuite à grande échelle, la HAC a confié la collecte des dossiers à ses points focaux régionaux. Ceux-ci transmettent les dossiers à la HAC pour examen et production, avant le retour des cartes dans les régions pour leur distribution. Une procédure que Boubacar Yacine Diallo a qualifiée de simplifiée et plus inclusive.
Enfin, le président de la HAC a insisté sur le caractère obligatoire de la carte de presse, rejetant toute interprétation contraire. « Lorsqu’une disposition est prévue par la loi, elle devient obligatoire », a-t-il rappelé, estimant que toute remise en cause de cette exigence relève d’une mauvaise lecture des textes en vigueur.
Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planète7.info
Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.