ANLC : grogne interne, accusations de dérives et climat de crise autour du secrétaire exécutif Dr Mohamed Bérété

Une onde de choc secoue l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de la promotion de la bonne gouvernance (ANLC). Ce lundi matin, un mouvement de protestation inhabituel a éclaté devant le siège de l’institution. Des agents en colère ont bloqué l’accès principal du bâtiment, forçant le secrétaire exécutif, Dr Mohamed Bérété, à rester confiné un moment dans son véhicule. Une manifestation forte de symboles, traduisant une crise profonde qui couvait depuis des mois.
Un membre de l’agence, ayant requis l’anonymat par crainte de représailles, s’est confié à notre rédaction. Son témoignage lève le voile sur une situation tendue, marquée par des réformes brutales, des salaires amputés, des arrestations controversées et un climat professionnel qu’il qualifie de « glissant vers le néant ».
Tout a commencé, selon notre interlocuteur, en août 2024. « Le secrétaire exécutif, Dr Bérété, a unilatéralement décidé de couper nos salaires, sans justification officielle, sans acte administratif, et surtout sans même nous en informer préalablement. » Cette décision aurait impacté les rémunérations de nombreux fonctionnaires, avec des baisses allant de 33 à 50 % selon les catégories.
Le carburant, autrefois fourni pour faciliter les déplacements dans le cadre des missions, a également été supprimé. « Aujourd’hui, il n’y a plus de fonctionnement. Les agents sont désœuvrés. L’ANLC n’est plus que l’ombre d’elle-même », déplore notre source.
La manifestation de ce matin avait pour but de « faire entendre un cri de cœur », précise l’agent. Les protestataires dénonçaient l’inaction des autorités malgré une année entière de signaux d’alerte. « Cela fait près d’un an que la présidence et le ministère de tutelle sont informés de la situation à l’ANLC. Rien n’a été fait. »
La tension a culminé lorsque quatre agents ont été arrêtés par les forces de la Brigade de Répression du Banditisme (BRB), appelées par Dr Bérété en personne selon notre source. « Il est venu sur place, il a pointé du doigt certains de nos collègues. Ils ont été immédiatement conduits à la DPJ. »
Face aux réformes imposées, les agents n’ont pas peur de perdre leur poste. « Nous sommes des fonctionnaires en détachement. L’ANLC n’est qu’une affectation. Nous pouvons être redéployés ailleurs. Mais ce que nous dénonçons ici, c’est la destruction méthodique d’un outil de lutte contre la corruption qui avait prouvé son efficacité. »
Selon eux, sous la direction précédente, l’ANLC avait contribué à générer d’importantes recettes pour l’État et renforcé la confiance du public dans les mécanismes de bonne gouvernance. « Sous l’ancien secrétaire exécutif, on avançait. Maintenant, on régresse vers zéro. »
Notre interlocuteur lance un message solennel au président de la République :
« Monsieur le Président, vous avez fait de la lutte contre la corruption un pilier de votre gouvernance. Aujourd’hui, l’ANLC est en train de s’effondrer. Les actes de Dr Bérété vont à l’encontre de vos engagements. Redonnez à cette institution sa mission et sa crédibilité. »
Il conclut avec gravité : « La lutte contre la corruption ne doit pas être un slogan, mais une action continue, portée par des hommes compétents et intègres. »
Alors que la crise interne s’envenime, la question demeure : quelle sera la réaction des plus hautes autorités face à ces accusations graves, à ces arrestations et à la paralysie progressive de l’agence censée être le fer de lance de la moralisation de la vie publique ?
Les regards sont désormais tournés vers la présidence et le ministère de tutelle, appelés à trancher entre soutien aux réformes et besoin de restaurer la confiance au sein d’un organe essentiel dans la lutte contre les pratiques corruptrices.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.