Angola : l’Unita dénonce 32 blessés après la dispersion musclée d’un rassemblement

À un an de l’élection présidentielle prévue en août 2027, l’intervention de la police contre un rassemblement de l’opposition dans la province d’Uige ravive les inquiétudes sur le climat politique en Angola. L’Unita dénonce une opération brutale et fait état de 32 blessés, dont dix grièvement.
La tension monte en Angola à l’approche de la prochaine présidentielle. Dans la province d’Uige, un rassemblement organisé par l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), en hommage à son fondateur Jonas Savimbi, a été violemment dispersé par les forces de l’ordre.
Selon le principal parti d’opposition, 32 personnes ont été blessées lors de l’intervention policière, dont dix grièvement. Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des policiers armés et cagoulés intervenir à l’aide de gaz lacrymogènes. Certaines séquences font également apparaître des tirs.
Face à ces accusations, la police provinciale évoque un « malentendu ». Elle affirme avoir empêché la tenue du rassemblement au motif que celui-ci devait se dérouler dans un lieu considéré comme inapproprié.
Une explication qui ne convainc pas l’Unita. Pour le parti d’opposition, l’intervention policière s’apparente davantage à une opération d’intimidation, dans un contexte politique déjà marqué par des tensions à l’approche du scrutin présidentiel d’août 2027.
L’incident dépasse désormais le cadre du face-à-face entre l’opposition et les autorités. Au sein de la société civile et de l’Église catholique, des voix s’élèvent également pour dénoncer la dégradation du climat politique.
L’archevêque Manuel Imbamba, président de la Conférence épiscopale d’Angola, s’est dit préoccupé par le « niveau d’intolérance politique » et par la multiplication des incidents violents dans le pays.
La réaction est également venue du Mozambique voisin. La Renamo, autre grande formation d’opposition dans la région, a dénoncé un « usage disproportionné de la force » et exprimé sa solidarité avec l’Unita.
À douze mois de la présidentielle, l’épisode d’Uige intervient ainsi comme un nouveau signal d’alerte. Alors que les acteurs politiques se préparent progressivement à la bataille électorale, la question du respect des libertés politiques et du droit de rassemblement revient au cœur des préoccupations.
Pour l’opposition, l’enjeu est désormais de savoir si cet incident restera isolé ou s’il annonce une période de tensions plus importantes à l’approche du scrutin de 2027.
Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info
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