Alain Foka : « L’Afrique doit reprendre la maîtrise de son récit et de ses ressources minières »

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À l’occasion d’échanges consacrés aux innovations médiatiques et aux enjeux stratégiques des ressources minières africaines, le journaliste et producteur Alain Foka a livré une analyse engagée sur le rôle des médias dans la transformation de l’image du continent et sur la nécessité pour les Africains de reprendre la maîtrise de leurs richesses. Entre storytelling, économie et souveraineté minière, il lance un appel à une prise de conscience collective.

Pour l’ancien journaliste de Radio France Internationale, la question des médias africains ne relève pas d’un simple enjeu de communication, mais d’une véritable urgence stratégique pour le continent. À ses yeux, les plateformes médiatiques africaines doivent aller bien au-delà du traitement superficiel de l’actualité.

« Le média africain n’est pas une coquetterie, c’est une urgence. Nous ne pouvons pas être là simplement pour montrer des choses futiles. Nous devons aller au fond des choses, parce que nous avons un narratif à défendre », affirme-t-il, évoquant notamment la vocation de sa plateforme AFO MEDIA.

Selon lui, pendant des décennies, l’image du continent a été façonnée et contrôlée par des puissances étrangères, influençant durablement la perception internationale de l’Afrique.

« Depuis des années, les Américains et d’autres puissances ont contrôlé le storytelling de leurs pays. Aujourd’hui, nous commençons seulement à comprendre l’importance du branding, du soft power et du récit médiatique », explique-t-il.

Pour Alain Foka, ce travail de narration est déterminant dans la transformation de la perception des États africains à l’international. Il cite notamment l’évolution du regard porté sur des pays comme la Guinée ou la République démocratique du Congo.

« Le storytelling change la mentalité et la perception des gens. Aujourd’hui, on peut dire avec fierté : je vais en Guinée. Autrefois, on parlait surtout de saleté ou de désordre. Désormais, on parle aussi d’économie et d’opportunités », souligne-t-il.

Le journaliste observe également une mutation progressive des relations internationales avec l’Afrique. Selon lui, les grandes puissances s’intéressent désormais davantage aux opportunités économiques qu’aux discours strictement politiques.

« Ce qui fait vivre un pays, c’est l’économie. Pour que les investisseurs viennent chez vous, il faut montrer que votre pays est attractif et qu’il existe des opportunités », affirme-t-il.

Dans cette dynamique, il cite le gigantesque projet minier Projet minier de Simandou comme un symbole de la nouvelle ambition économique guinéenne.

Présent depuis plusieurs années au forum minier Mining Indaba en Afrique du Sud, il affirme n’avoir jamais observé un tel engouement autour de la Guinée.

« Je viens ici depuis des années. Je n’avais encore jamais vu un tel enthousiasme. Aujourd’hui, quand on parle de la Guinée et de Simandou, l’intérêt est immense », confie-t-il.

Au-delà de l’analyse médiatique et économique, Alain Foka insiste surtout sur la nécessité d’une prise de conscience des Africains eux-mêmes face à l’importance stratégique de leurs ressources naturelles.

« Nous avons un travail de pédagogie à faire. Les Africains doivent comprendre que Dieu leur a énormément donné. Mais pendant longtemps, nous sommes restés assis sur ces richesses pendant que d’autres venaient les exploiter », déplore-t-il.

Pour lui, les ressources minières africaines constituent un levier majeur de développement, à condition que les États et les populations en reprennent pleinement la maîtrise.

« Les mines ne sont pas l’affaire des autres. Les minéraux qui se trouvent sur votre sol vous appartiennent. Et ce sont les Africains qui doivent décider de leur exploitation », martèle-t-il.

Dans un ton plus ferme, il met également en garde contre ce qu’il considère comme une posture de résignation face à l’exploitation des ressources du continent.

« Si vous ne vous réveillez pas, vous resterez toujours spectateurs. Les autres viendront prendre vos richesses et repartir pendant que vous pleurez », prévient-il.

Pour conclure son intervention, il cite une phrase devenue emblématique de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara :

« L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort ».

Un message clair, selon lui : l’Afrique doit maîtriser son récit médiatique, valoriser son image et surtout reprendre le contrôle de ses ressources afin de transformer durablement son destin économique.

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