Accueil de 300 nouveaux enseignants-chercheurs : la Guinée accélère la transformation de son enseignement supérieur

L’Université Université Gamal Abdel Nasser de Conakry a servi de cadre, ce mardi, à la cérémonie officielle d’accueil de la deuxième cohorte de 300 enseignants-chercheurs destinés à renforcer les universités publiques guinéennes. Un événement majeur qui marque une nouvelle étape dans la réforme engagée par le gouvernement pour moderniser et redynamiser le système d’enseignement supérieur.
Placée sous la haute autorité du Premier ministre, chef du gouvernement, et en présence du ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, la cérémonie a réuni responsables universitaires, autorités administratives et nouveaux recrues du corps académique.

Prenant la parole à cette occasion, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Diaka Sidibé, a qualifié cette intégration massive d’enseignants titulaires du doctorat de « décision structurante » pour l’avenir académique du pays.
« L’intégration de trois cents enseignants-chercheurs titulaires du doctorat n’est pas un simple événement administratif. C’est un acte politique fort, un choix stratégique du gouvernement et un investissement majeur dans le capital humain universitaire », a-t-elle déclaré.
Cette nouvelle vague de recrutements intervient après l’intégration de 155 enseignants-chercheurs en octobre 2024. En moins de deux ans, ce sont ainsi 450 docteurs qui ont rejoint les universités publiques du pays, une première dans l’histoire de l’enseignement supérieur guinéen.

Selon la ministre, les premiers résultats du programme lancé en 2024 sont déjà visibles.
L’évaluation de la première cohorte fait état d’un score moyen global de performance avoisinant les 78 %. Plus de 54 % des enseignants recrutés ont été classés dans les catégories « satisfaisant » ou « excellent ». Au total, 487 cours ont été dispensés durant l’année universitaire, avec un volume d’heures d’enseignement dépassant les obligations statutaires.
Ces performances ont notamment permis de réduire les vacances de cours, de limiter les retards académiques et de stabiliser les programmes, en particulier dans les cycles de master.
Au-delà du renforcement des effectifs, les autorités ambitionnent désormais d’améliorer en profondeur la qualité académique et scientifique des institutions universitaires.

Les nouveaux enseignants-chercheurs auront ainsi pour mission d’améliorer les maquettes pédagogiques, de renforcer la rigueur méthodologique, de structurer l’encadrement doctoral, de développer la culture de publication scientifique et de porter des projets de recherche capables d’attirer des financements.
« Nous attendons un impact mesurable dans nos institutions », a insisté la ministre.
Dans cette perspective, le ministère met en place un dispositif rigoureux de suivi et d’évaluation. Chaque enseignant sera soumis à un cahier de charges individuel, avec une traçabilité systématique des activités pédagogiques et scientifiques, une documentation obligatoire des encadrements, ainsi qu’un reporting standardisé des publications et des projets de recherche.
Des revues semestrielles de performance seront également organisées, suivies d’une évaluation annuelle pouvant conduire à la reconduction ou à la suspension du contrat. L’objectif est clair : faire passer la performance académique d’une logique déclarative à une logique mesurable.

Les recteurs et directeurs généraux des institutions d’enseignement supérieur ont, pour leur part, été appelés à assurer une intégration effective des nouveaux enseignants. Cela passera notamment par leur affectation immédiate dans les départements, leur participation aux équipes pédagogiques et aux conseils scientifiques, leur implication dans les écoles doctorales et la mise en place de binômes pédagogiques avec les enseignants guinéens.
Un calendrier précis a été arrêté : l’accueil institutionnel devra être organisé dans un délai d’une semaine, tandis que la constitution des équipes pédagogiques devra intervenir dans les deux semaines suivant l’arrivée des nouveaux recrues.
Le ministère a également défini trois axes prioritaires pour les années à venir :
- le renforcement de l’encadrement des masters et doctorats, avec notamment la réduction des délais de soutenance et l’obligation d’au moins un article scientifique publiable par doctorant ;
- le développement d’une production scientifique structurée, alignée sur les priorités nationales telles que l’agriculture, l’énergie ou la transformation productive ;
- et enfin la promotion d’une véritable culture de projets, favorisant la participation à des appels à financements compétitifs et la création de partenariats internationaux.
En conclusion, Diaka Sidibé a rappelé que ce programme constitue un investissement stratégique pour la nation.
« Chaque franc guinéen mobilisé doit produire de la qualité académique, de la compétence nationale, de la crédibilité scientifique et de l’employabilité », a-t-elle affirmé.

Avec l’arrivée de cette deuxième cohorte d’enseignants-chercheurs, la Guinée confirme ainsi son ambition de repositionner son système universitaire comme un levier central de développement, de souveraineté scientifique et de transformation économique.
Salif Camara pour Planete7.info
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