Benna Sikhourou : routes dégradées, pont vétuste et infrastructures insuffisantes, le quotidien des populations en difficulté

sonoco sites

À Benna Sikhourou, dans la préfecture de Forécariah, les difficultés liées aux infrastructures restent au cœur des préoccupations des populations. Routes fortement dégradées, pont en bois fragilisé, manque de salles de classe ou encore bâtiments communautaires vieillissants : dans cette localité, les besoins demeurent nombreux malgré quelques réalisations enregistrées ces dernières années.

La saison des pluies accentue particulièrement les difficultés d’accès. Sur l’axe reliant Forécariah à Moussaya, Sikhourou et Séguéya, les déplacements deviennent plus pénibles en raison de la dégradation avancée de la chaussée.

Le maire de Benna Sikhourou, Sékou Camara, reconnaît les avancées enregistrées dans la localité, notamment dans les secteurs administratif et éducatif. Il cite notamment la construction d’un bloc administratif et de deux écoles de six classes.

« Nous avons obtenu le bloc administratif à travers le ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation. Malgré le fait que le chantier soit en souffrance, aujourd’hui, le visage a changé. Nous avons également deux écoles de six classes qui sont en construction », explique-t-il.

Mais derrière ces réalisations, l’accessibilité reste l’un des principaux défis auxquels la commune est confrontée. Le maire décrit une situation particulièrement difficile sur l’axe Forécariah-Moussaya-Sikhourou-Séguéya.

« Vous avez vu l’accessibilité de la route Forécariah-Moussaya-Sikhourou jusqu’à Séguéya. C’est un problème. Partout où vous passez, vous trouverez de la boue et une dégradation très poussée », déplore Sékou Camara.

À cette difficulté s’ajoute l’état du pont en bois reliant Sikhourou aux districts de Mamoudou Camara, Santiguiyah et Lefouré. Pendant la saison des pluies, l’ouvrage devient un passage particulièrement difficile pour les habitants.

« Dès que la saison pluvieuse s’annonce, c’est des problèmes. Ce pont représente aujourd’hui un calvaire, un obstacle qui a freiné le développement de Sikhourou par rapport aux trois autres districts », poursuit le maire.

Pour les autorités locales, la construction d’un ouvrage durable permettrait de faciliter les échanges entre les différents districts et de réduire les difficultés de déplacement.

Le secteur éducatif fait également face à d’importants besoins. Au collège de Sikhourou, le nombre d’élèves dépasse les capacités d’accueil actuelles, selon le maire.

« Nous avons besoin de l’extension du collège de Sikhourou. Nous n’avons qu’un seul bâtiment et les élèves sont très nombreux. Vous pouvez trouver dans une salle plus de 100 élèves. C’est un problème », souligne Sékou Camara.

La commune sollicite également la construction de logements destinés aux enseignants, afin de renforcer les conditions d’accueil et de fonctionnement des établissements scolaires.

À Sikhourou Centre, l’état de la mosquée construite en 1999 suscite, lui aussi, des inquiétudes. Des fissures sont visibles sur les murs et des infiltrations d’eau affectent l’édifice.

L’imam Karamoko M’Bemba Conté dit craindre pour la sécurité des fidèles.

« Nous prions dans cette mosquée avec de gros risques. Les fissures sont visibles partout sur les murs. Pendant chaque prière, nous avons peur de son effondrement », alerte-t-il.

Au-delà des infrastructures routières et scolaires, les populations évoquent également l’accès à l’eau potable, l’électricité et le soutien aux activités agricoles.

Dans le secteur maraîcher, les difficultés d’accès aux intrants affectent notamment les rendements. Nana Camara, présidente des femmes, appelle à un accompagnement accru des productrices.

« Nous sommes des maraîchères, mais le problème des intrants agricoles nous fatigue. Quand nous travaillons, le rendement est faible. Nous demandons le soutien de l’État », témoigne-t-elle.

Pour Mohamed Lamine Camara, chef du district de Sikhourou Centre, les priorités sont avant tout liées à l’électricité et à la route.

« Nos principales préoccupations aujourd’hui, c’est l’électricité, le courant, et la route. Si Dieu nous facilite ces deux choses, nous le dirons merci », affirme-t-il.

À Benna Sikhourou, les populations ne nient pas les réalisations enregistrées ces dernières années. Mais elles attendent désormais des réponses aux difficultés qui pèsent sur leur quotidien. La réhabilitation des routes, la construction d’un pont durable, l’extension des infrastructures scolaires, la sécurisation des ouvrages fragilisés et l’amélioration de l’accès aux services de base figurent parmi les principales demandes exprimées par les habitants.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.

Accueil
Radio
Tv
Replays