CBG : entre héritage, expertise et transformation locale, Karifa Condé mise sur un modèle durable

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Active depuis 1963, la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) entend capitaliser sur plus de six décennies d’expérience pour consolider ses activités et accélérer sa transition vers la transformation locale de la bauxite. Pour son directeur général, Karifa Condé, la longévité de la compagnie repose sur un partenariat historique avec HALCO, une expertise désormais largement guinéenne et un ancrage ancien dans les communautés de sa zone d’intervention.

Plus de 60 ans après sa création, la CBG reste l’un des acteurs historiques de l’industrie minière guinéenne. Une longévité que Karifa Condé attribue d’abord à la stabilité du partenariat conclu entre l’État guinéen et HALCO.

« Quand on est arrivé aux commandes, on a fait un diagnostic stratégique de la société. On s’est rendu compte que l’un des facteurs clés de succès qui garantit cette longévité, c’est la qualité du partenariat. La Guinée et son partenaire HALCO ont signé un accord depuis 1963. De 1963 à date, cet accord n’a été amendé que deux fois », explique-t-il.

À cette stabilité contractuelle s’ajoute, selon le dirigeant, une expertise progressivement acquise par les travailleurs guinéens au fil des décennies. « C’est aussi l’expertise que nous avons. Les Guinéens ont développé une forte expertise en matière de l’industrie de la bauxite depuis 1963 », souligne Karifa Condé.

L’histoire de la CBG se confond également avec celle de plusieurs localités de la région de Boké. Kamsar, Sangarédi, Kolaboungni et Boké ont connu d’importantes évolutions depuis l’implantation de la compagnie.

Karifa Condé rappelle qu’au-delà de l’exploitation minière, la CBG a longtemps assumé des fonctions traditionnellement associées aux services publics dans sa zone d’opération.

« La CBG est la plus vieille entreprise minière encore en activité. Et pour qui connaît l’histoire de la CBG, elle a joué fortement le rôle de l’État dans sa zone d’opération pendant longtemps. La CBG a fourni l’électricité, l’eau aux communautés, gratuitement, autant à Kamsar qu’à Sangarédi, qu’à Kolaboungni, qu’à Boké », rappelle-t-il.

Le directeur général évoque notamment la transformation de Kamsar et de Sangarédi depuis l’arrivée de la compagnie. « Quand CBG s’installait en 1963, Kamsar n’était pas une ville. Sangarédi était un gros hameau et aujourd’hui, à leur place, ce sont des grandes villes qui sont nées », affirme-t-il.

Cet héritage territorial s’accompagne aujourd’hui d’engagements revendiqués par la compagnie en matière de développement communautaire, d’environnement, de santé, de sécurité et de gouvernance.

Selon Karifa Condé, certaines de ces pratiques ont été engagées avant même l’existence d’obligations réglementaires spécifiques. « Si vous prenez le développement communautaire, avant la CBG, sans aucune loi, sans aucune obligation, participait au développement de ces communautés. Nous avons souscrit volontairement à certaines normes », affirme-t-il.

Le dirigeant cite notamment la triple certification ISO de la compagnie dans les domaines de la qualité, de la santé, de la sécurité et de l’environnement, ainsi que son adhésion à l’Aluminium Stewardship Initiative (ASI).

Après plusieurs décennies consacrées à l’exploitation de la bauxite, la CBG veut désormais franchir une nouvelle étape : accroître la valeur ajoutée produite en Guinée.

Le projet de transformation de la bauxite en alumine constitue ainsi l’un des principaux axes de développement mis en avant par la direction de la compagnie. Karifa Condé voit dans l’orientation du gouvernement en faveur de la transformation locale une opportunité stratégique.

« Pour moi, la meilleure opportunité que la CBG a saisie, c’est ce temps qui est donné par le gouvernement pour la transformation locale. La meilleure opportunité aujourd’hui, c’est vraiment la transformation locale en alumine et pourquoi pas un jour transformer l’alumine aussi en aluminium », explique-t-il.

La compagnie affirme avoir avancé sur les études préparatoires de son projet de raffinerie. « Nous sommes en train de finaliser les études FL2, FL3 qu’on combine, parce qu’on a pris des engagements avec le gouvernement pour pouvoir commencer la construction de notre raffinerie au plus tard en 2027 », annonce le directeur général.

Au-delà de ses projets industriels, Karifa Condé présente également l’histoire de la CBG comme un argument susceptible de rassurer les investisseurs intéressés par la Guinée.

Il met en avant la continuité de l’entreprise malgré les différentes alternances politiques intervenues dans le pays depuis 1963.

« Sincèrement, si j’ai eu l’opportunité, je dirais à l’investisseur de regarder la CBG. La CBG est là depuis 1963. Imaginez de 1963 à aujourd’hui, on a eu combien de changements de régime ? Les présidents se sont succédé, la compagnie est restée, la convention est restée. Elle n’a pas été remise en cause », soutient-il.

Cette stabilité s’accompagne, selon le dirigeant, d’une forte présence de compétences nationales au sein de l’entreprise. « Si vous prenez la CBG, nous sommes à 99,99 % guinéens à faire tourner la société. Au comité de direction, nous n’avons qu’un seul expatrié dont le poste va être guinéisé au plus tard en décembre », affirme-t-il.

De la stabilité de son partenariat historique à la montée en puissance de l’expertise guinéenne, en passant par son implantation dans les communautés et son projet de raffinerie, la CBG entend ainsi s’appuyer sur son héritage pour préparer une nouvelle étape de son développement.

Pour Karifa Condé, l’enjeu est désormais de transformer cette expérience accumulée depuis 1963 en un levier pour davantage de valeur ajoutée locale et pour une nouvelle phase de l’industrie minière guinéenne.

Sylla Ama pour Planete7.info

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