Djiba Diakité : « Le fer de Simandou s’épuisera, les compétences que nous aurons formées ne s’épuiseront jamais »

À l’ouverture du Grand Forum « Jeunesse et Avenir », le ministre directeur de cabinet de la Présidence et président du Comité stratégique de Simandou a placé le capital humain au cœur de l’ambition portée par Simandou 2040. Face à la jeunesse réunie au Chapiteau By Issa, ce mercredi 30 septembre, Djiba Diakité a appelé à la formation, à l’entrepreneuriat, au mérite et à l’excellence, estimant que la véritable richesse durable de la Guinée se trouve dans ses ressources humaines.
Le ton est donné dès les premières minutes. Pour Djiba Diakité, la question n’est plus de savoir quelle place la Guinée réservera à sa jeunesse, mais quelle place celle-ci entend prendre dans la construction du pays. À l’occasion du lancement officiel de PRIME, le Programme de Révélation de l’Identité par la Marque et l’Excellence, le ministre directeur de cabinet de la Présidence a livré un discours centré sur une conviction : le développement de la Guinée ne pourra être durable sans une jeunesse formée, compétente et capable de créer de la valeur.
Président d’honneur de PRIME et keynote speaker de cette première édition, Djiba Diakité a d’abord salué une initiative consacrée à ce qu’il considère comme l’une des principales richesses du pays : sa jeunesse.
« Nous ne sommes pas ici pour parler à la jeunesse, mais avec elle », a-t-il lancé devant les participants. Avant d’insister : dans la Guinée qu’il dit vouloir contribuer à bâtir, les jeunes ne doivent pas rester « spectateurs de la transformation ». Ils doivent, selon lui, « en être les acteurs ».
C’est autour de cette idée que le président du Comité stratégique de Simandou a articulé l’essentiel de son intervention. À ses yeux, le gigantesque programme ne saurait être réduit à l’exploitation d’une ressource minière.
« Simandou est devenu plus qu’un projet minier. C’est une opportunité historique de convertir notre potentiel en développement et en souveraineté », a-t-il déclaré.

Mais pour Djiba Diakité, cette transformation ne se mesure pas uniquement en minerai extrait ou en infrastructures construites. Elle se joue surtout dans la capacité de la Guinée à transformer ses ressources naturelles en compétences durables.
« La véritable richesse de la Guinée ne se trouve pas dans son sous-sol. Elle se trouve dans ses femmes, dans ses hommes », a-t-il martelé.
Puis cette formule, devenue l’un des temps forts de son discours : « Le fer de Simandou s’épuisera un jour, c’est une évidence. Les compétences que nous aurons formées, elles, ne s’épuiseront jamais. »
Une manière de placer le capital humain non pas comme un volet secondaire, mais comme le cœur même de l’ambition de Simandou 2040. Une orientation qui rejoint d’ailleurs les axes officiellement associés au programme, notamment la formation, l’éducation, l’emploi et le renforcement des compétences nationales.

Face aux jeunes, Djiba Diakité a également insisté sur la responsabilité qui leur incombe.
« L’État peut ouvrir les portes, il ne peut pas les franchir à votre place », a-t-il lancé.
Pour lui, ces portes devront être franchies par le travail, la discipline, la compétence et l’intégrité. Une exigence qu’il présente comme une condition de la réussite de la nouvelle génération.
Dans cette logique, le contenu local ne doit pas rester un simple mot d’ordre. Il doit se traduire par une présence plus forte des entreprises à capitaux guinéens dans la création de valeur.
« Une part croissante de la valeur créée en République de Guinée doit revenir à des entreprises à capitaux guinéens », a-t-il soutenu, avant de résumer sa conception du contenu local : « non pas un slogan, mais une place que vous conquérez par la qualité de votre travail ».

Le ministre a également défendu une conception fondée sur le mérite. « Dans la Guinée, sous le leadership de Son Excellence le Président de la République, c’est le mérite qui doit ouvrir les portes et non les relations », a-t-il déclaré.
À deux jours de la célébration de l’indépendance de la Guinée, le discours de Djiba Diakité a pris une dimension historique.
Il a présenté le 2 octobre comme davantage qu’une date commémorative : un héritage transmis d’une génération à une autre, accompagné d’une responsabilité.
Selon lui, la génération de 1958 a conquis la souveraineté politique. À la génération actuelle reviendrait désormais la tâche de consolider une souveraineté économique, à travers notamment l’éducation, l’innovation, l’entrepreneuriat et la création d’emplois.
« Cette bataille se gagnera dans les salles de classe, dans les amphithéâtres, dans les laboratoires, dans les marchés, dans les ateliers », a-t-il énuméré.

Et 2040, échéance du programme qui porte son nom, ne doit pas être perçu comme un horizon lointain.
« 2040 se prépare aujourd’hui dans nos écoles, dans nos universités, dans nos entreprises, dans nos champs agricoles, dans nos marchés, dans les quartiers », a-t-il insisté.
Pour Djiba Diakité, la réussite de Simandou ne devra donc pas être appréciée uniquement à travers les volumes de minerais exportés ou les kilomètres de voies ferrées construits.
Il a plutôt cité d’autres indicateurs : le nombre de compétences formées, d’entreprises créées, d’emplois générés, d’opportunités d’affaires offertes aux entrepreneurs guinéens et de transferts de compétences et de technologies réalisés.
Une approche qui s’inscrit dans la place accordée au capital humain et au développement des compétences dans l’architecture de Simandou 2040. La Présidence met notamment en avant Simandou Academy comme l’un des dispositifs destinés à renforcer l’excellence éducative et les compétences nationales.

L’ambition affichée est ainsi de faire évoluer la Guinée d’une économie principalement regardée pour ses ressources naturelles vers une économie capable de valoriser durablement ses talents.
« Nous devons être capables ensemble de bâtir une nation de talents, une économie de destination reconnue pour la qualité de ses ressources humaines », a déclaré Djiba Diakité.
À la fin de son intervention, le président d’honneur de PRIME a directement interpellé la jeunesse.
« Formez-vous, osez, visez l’excellence », leur a-t-il lancé.
Mais son message va au-delà d’un simple appel à l’effort individuel. Il invite les jeunes à changer de perspective : ne pas seulement attendre de l’État ou du pays une opportunité, mais se préparer à participer eux-mêmes à la construction du futur.
« Ne vous demandez pas seulement quelle place la Guinée vous réserve. Demandez-vous quelle Guinée vous allez construire », a-t-il déclaré.
Pour Djiba Diakité, l’enjeu dépasse finalement la réussite d’un programme ou d’un projet minier. Il s’agit, selon lui, de faire émerger une génération capable de prendre en main son avenir et celui du pays.
Au Chapiteau By Issa, le message aura donc été clair : le minerai peut s’épuiser, mais le capital humain, lui, doit rester. Et c’est dans la formation de cette génération que se joue, selon Djiba Diakité, une part essentielle de la Guinée de 2040.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
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