2 octobre : au marché Avaria, les petits commerçants espèrent profiter de la fête nationale

À quelques jours du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, les couleurs rouge, jaune et vert gagnent progressivement les étals du marché Avaria, à Conakry. T-shirts, polos, chemises, casquettes, vêtements pour enfants et jouets aux couleurs nationales s’affichent dans les espaces de vente. Derrière ces étals colorés, les commerçantes espèrent transformer l’engouement autour du 2 octobre en opportunité commerciale.
Dans les allées du marché, les couleurs nationales attirent les regards. Les vendeuses interpellent les passants, présentent leurs articles et négocient les prix. À l’approche de la fête nationale, l’ambiance change peu à peu, mais une interrogation demeure : le 2 octobre permet-il réellement aux petits commerces d’augmenter leurs ventes ?
Pour les commerçantes rencontrées par Planète7.info, la période suscite de l’espoir, sans pour autant garantir une forte affluence.

Installée derrière son étal, Mariame Bangoura propose plusieurs articles destinés aux festivités. T-shirts, polos, chemises et casquettes aux couleurs de la Guinée occupent une partie de sa marchandise.
La vendeuse constate un certain mouvement, mais estime que les clients restent encore prudents.
« Moi, je vends des T-shirts, des Lacoste, des chemises et des casquettes de l’indépendance. Ce n’est pas facile, mais on s’accroche. Il y a des gens qui viennent, mais ils n’achètent pas beaucoup. Souvent, il faut beaucoup leur parler, discuter avec eux, leur expliquer et les convaincre jusqu’à ce que toi-même tu te fatigues. Mais ça va un peu », témoigne-t-elle.

Pour tenter de répondre aux différents budgets, elle dit proposer plusieurs gammes de produits. Les T-shirts sont notamment vendus entre 25 000 et 35 000 francs guinéens, selon la qualité.
« Le prix est très abordable. Les T-shirts sont à 35 000 francs guinéens et d’autres à 25 000 francs. Tout dépend de la qualité. Il y a des personnes qui veulent quelque chose de simple, qui peut être porté seulement pour la fête, et d’autres qui préfèrent prendre quelque chose de meilleure qualité. Nous essayons donc d’avoir plusieurs choix pour que chacun puisse acheter selon ses moyens », explique Mariame Bangoura.
Pour elle, le véritable défi reste de convertir l’intérêt pour les couleurs nationales en achats.

Chez Fanta Bangoura, l’approche du 2 octobre est accueillie avec davantage d’enthousiasme. Pour la commerçante, la fête nationale dépasse le seul enjeu commercial.
« Nous sommes tellement contents de cette fête du 2 octobre. Qu’Allah nous donne beaucoup d’années encore. Cette année, nous allons tellement fêter ça. Nous sommes là, il y a des vêtements, des jouets et tout. Venez acheter avec nous. C’est pour la Guinée », lance-t-elle.

Sur son espace de vente, elle affirme avoir constitué un stock destiné aux enfants comme aux adultes. Elle invite les consommateurs à effectuer leurs achats avant les derniers jours précédant la célébration.
« Nous demandons à tous de venir acheter avec nous avant le jour-J. Rien ne coûte cher ici. Il y a des vêtements pour les enfants, pour les adultes, des jouets et d’autres choses. Nous avons préparé beaucoup de marchandises parce que nous savons que les gens aiment porter les couleurs de la Guinée pendant cette période », poursuit-elle.
Mais derrière cet appel aux consommateurs se cache aussi une réalité économique. Pour les petits vendeurs, chaque achat compte.
« Nous sommes de petits vendeurs, nous comptons beaucoup sur les clients. Quand les gens viennent acheter chez nous, cela nous aide beaucoup. Même si chacun prend seulement un T-s hg5hirt, une casquette ou un vêtement pour son enfant, ça peut nous permettre de vendre notre marchandise. Nous voulons que la fête soit belle et que les commerçants puissent aussi en profiter », souligne Fanta Bangoura.

À quelques mètres de là, Mme Camara tient un discours similaire. À l’approche de la fête nationale, elle affirme disposer d’un stock suffisamment varié pour répondre aux différentes demandes.
« Ce que je vais dire aux gens, c’est de venir acheter les habits. On va finir avec ça et on va bien fêter l’anniversaire. Nous avons beaucoup de marchandises ici et nous sommes là à tout moment. Il y a toutes les pointures et les prix sont abordables », assure-t-elle.
La commerçante insiste elle aussi sur l’importance de ne pas attendre les derniers jours.
« Nous avons beaucoup de choses ici. Que ce soit pour les enfants, les jeunes ou les adultes, chacun peut trouver quelque chose. Il ne faut pas attendre le dernier moment pour venir chercher. Nous sommes déjà là avec les marchandises et nous voulons vendre. Si les gens viennent acheter maintenant, ça nous arrange et eux aussi peuvent prendre le temps de choisir ce qui leur plaît », explique-t-elle.
Les tailles et les prix constituent, selon elle, deux arguments essentiels pour attirer les clients.
« Il y a toutes les pointures et le prix est abordable. Nous essayons de faire en sorte que les gens puissent acheter sans avoir trop de difficultés. Le plus important pour nous, c’est que les clients viennent voir, discuter avec nous et acheter. On veut que la fête soit bien célébrée et que les gens puissent porter les couleurs de notre pays », ajoute-t-elle.
À Avaria, le 2 octobre commence donc déjà à se lire sur les étals. Les couleurs nationales se multiplient, les commerçantes mettent en avant leurs stocks et les appels aux consommateurs se font plus insistants.

Pour ces vendeuses, la fête nationale représente à la fois un moment de célébration et une occasion de faire vivre leurs petites activités. Mais les premiers mouvements observés sur le marché ne permettent pas encore de mesurer l’impact réel de la fête sur leurs chiffres d’affaires.
Entre les produits exposés, les négociations et les appels à l’achat, une attente domine : voir les consommateurs passer du simple intérêt pour les couleurs nationales à l’acte d’achat.
À quelques jours du 2 octobre, le marché Avaria attend désormais de savoir si la ferveur de la fête nationale se traduira aussi par une véritable bouffée d’oxygène pour les petits commerces.
Salif Camara pour Planete7.info
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