Soudan du Sud : Salva Kiir dissout le gouvernement et écarte Riek Machar

À trois mois des premières élections de l’histoire du Soudan du Sud, prévues le 22 décembre, le président Salva Kiir a dissous le gouvernement d’union nationale et démis de ses fonctions son principal rival politique, Riek Machar. Cette décision intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu, faisant planer de nouvelles incertitudes sur le processus électoral.
À Juba, la scène politique connaît un nouveau bouleversement. Le président sud-soudanais Salva Kiir a mis fin au gouvernement intérimaire d’union nationale, en place depuis 2020 dans le cadre de l’accord de paix destiné à mettre un terme à la guerre civile déclenchée en 2013.
La décision, annoncée mardi 22 septembre, intervient alors que les autorités ont renforcé la présence des forces de sécurité dans les rues de la capitale, Juba, à l’approche d’un scrutin présenté comme historique pour le plus jeune État du monde.
Salva Kiir a toutefois voulu rassurer sur l’avenir de l’accord de paix. « L’accord de paix ne s’est pas effondré », a-t-il déclaré, alors que cette réorganisation intervient à quelques semaines d’une échéance électorale majeure.
Principal adversaire politique du président Salva Kiir, Riek Machar a été officiellement démis de ses fonctions de premier vice-président. Il était placé en résidence surveillée à Juba depuis mars 2025.
Avec cette décision, son éviction du pouvoir devient officielle. Quatre autres vice-présidents représentant différentes composantes politiques ont également perdu leurs fonctions.
Cette nouvelle configuration politique intervient après l’adoption, lundi 21 septembre, d’une réforme du code électoral par le Parlement. Celle-ci autorise désormais le chef de l’État à dissoudre le gouvernement tout en restant lui-même en fonction.
Dans la soirée du mardi 22 septembre, un nouveau gouvernement intérimaire composé de 13 ministres a été nommé. Il aura notamment pour mission de préparer et d’organiser les élections présidentielles et législatives prévues le 22 décembre.
Cette recomposition du pouvoir intervient néanmoins dans un climat marqué par de fortes préoccupations sécuritaires. La société civile et plusieurs organisations de défense des droits humains redoutent une nouvelle détérioration de la situation à l’approche du scrutin.
Lors d’une visite au Soudan du Sud en août, la Commission des droits de l’homme des Nations unies avait déjà mis en garde contre les risques liés à une élection organisée sans garanties suffisantes. Selon l’institution, « des élections organisées sans garanties adéquates pourraient alimenter une reprise du conflit ».
Le scrutin du 22 décembre constitue ainsi une échéance cruciale pour le Soudan du Sud. Mais entre la recomposition du gouvernement, l’éviction de Riek Machar et les inquiétudes sécuritaires, le chemin vers les urnes demeure entouré d’incertitudes.
À trois mois de ce rendez-vous historique, Juba doit désormais relever un double défi : maintenir la stabilité du pays tout en créant les conditions nécessaires à la tenue d’un scrutin crédible et pacifique.
Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info
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