Rentrée scolaire en Guinée : le SNE, le SLECG et la FSPE menacent de reprendre la grève

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À l’approche de la rentrée scolaire, le climat se tend davantage dans le secteur de l’éducation en Guinée. Le Syndicat national de l’éducation (SNE), le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) et la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE) ont, au cours d’un point de presse, mis en garde le gouvernement contre une éventuelle reprise de la grève si leurs principales revendications ne sont pas satisfaites avant l’ouverture des classes.

Réunis au sein de l’intersyndicale de l’éducation, les trois organisations syndicales réclament notamment le respect des engagements pris par les autorités dans le cadre du protocole d’accord conclu avec le gouvernement. Elles demandent également l’intervention des institutions chargées du dialogue social afin de débloquer plusieurs dossiers qu’elles jugent prioritaires.

Parmi les principales doléances figure le déblocage des salaires d’anciens enseignants, dont certains seraient suspendus depuis 2023. L’intersyndicale réclame également la régularisation administrative des enseignants ayant changé de grade après des formations dans les Écoles normales d’instituteurs (ENI) ou à l’université.

Les syndicats dénoncent notamment la lenteur du traitement de ces dossiers au niveau de la Fonction publique et demandent leur aboutissement dans les meilleurs délais.

Autre point de crispation : la situation des anciens contractuels de l’éducation. L’intersyndicale exige l’application des dispositions prévues dans le protocole d’accord, notamment l’engagement direct des anciens contractuels biométrisés, sans obligation de repasser un concours.

Elle demande également une réévaluation de la situation des anciens contractuels non retenus, en tenant compte de leur expérience acquise en classe. Pour ceux de Conakry, les syndicats réclament l’organisation d’un concours pratique de classe avec un traitement prioritaire, conformément aux engagements pris.

L’intersyndicale dénonce par ailleurs la lenteur des travaux de la commission chargée du suivi des engagements du gouvernement. Selon les syndicats, cette structure travaille depuis plusieurs mois sans parvenir à des résultats concrets sur plusieurs dossiers.

À cela s’ajoute une autre exigence : la signature du statut particulier de l’éducation avant la rentrée scolaire. Les organisations syndicales demandent également la prise en compte de la prime de fonction destinée aux hauts responsables du département de l’Éducation.

Prenant la parole lors du point de presse, le secrétaire général du SLECG, Aboubacar Soumah, a appelé les autorités en charge du dialogue social à intervenir rapidement afin de trouver une issue aux revendications formulées.

« J’invite les autorités chargées du maintien du dialogue social, qui sont responsables de la préservation du climat de paix sociale, à intervenir pour que tous ces points soient satisfaits avant l’ouverture des classes », a-t-il déclaré.

Le responsable syndical a également réagi à l’appel de la ministre de l’Éducation nationale, qui souhaite une rentrée scolaire apaisée. Pour Aboubacar Soumah, la responsabilité de cette situation incombe désormais au gouvernement.

« Lorsque la ministre de l’Éducation nous demande une rentrée paisible, la balle n’est pas dans le camp de l’intersyndicale de l’éducation. Ce n’est pas à nous, c’est au gouvernement, qui est responsable de la préservation de ce climat de paix », a-t-il soutenu.

Le secrétaire général du SLECG est ensuite allé plus loin en évoquant explicitement une possible reprise de la grève.

« Si le gouvernement ne respecte pas ses engagements d’ici l’ouverture des classes, alors il n’y aura pas d’ouverture apaisée. Si nous ne sommes pas satisfaits, nous allons passer à la vitesse supérieure et reprendre la grève qui n’était que suspendue. Il n’y aura pas d’ouverture », a-t-il averti.

À quelques jours de la reprise des cours, cette sortie de l’intersyndicale fait planer une nouvelle incertitude sur le démarrage effectif de l’année scolaire. Le SNE, le SLECG et la FSPE appellent leurs membres à rester mobilisés autour de ce qu’ils présentent comme un « combat légitime et républicain ».

La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra apporter des réponses aux différentes revendications formulées par les syndicats avant l’ouverture des classes.

À défaut d’avancées concrètes, l’intersyndicale prévient qu’elle pourrait mettre fin à la suspension de son mouvement de grève, faisant ainsi peser une menace sur le déroulement de la rentrée scolaire.

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

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