Cameroun : 154 anciens contractuels du PIAASI réclament 60 mois d’arriérés de salaire

Licenciés il y a près de trois ans dans le cadre d’une restructuration, les ex-employés du Programme d’intégration et d’appui du secteur informel maintiennent leur mobilisation à Yaoundé. Ils demandent au gouvernement le paiement de leurs salaires impayés et la concrétisation des engagements annoncés en leur faveur.
À Yaoundé, l’attente s’éternise et la colère gagne du terrain. Devant les locaux de la coordination du Programme d’intégration et d’appui du secteur informel (PIAASI), dans le quartier de Nlongkak, quelques anciens employés se relaient depuis plusieurs jours pour réclamer le paiement de leurs salaires impayés. Sur leurs pancartes, des messages témoignent d’une situation sociale qui, selon eux, s’est considérablement dégradée au fil des mois.
Au total, 154 ex-contractuels seraient concernés par cette situation. Ils réclament le règlement de 60 mois d’arriérés de salaire, accumulés depuis leur départ de la structure publique. Une dette sociale qu’ils décrivent comme un lourd fardeau pour leurs familles.
Devant les locaux où elle travaillait encore il y a trois ans, Olga, ancienne employée du PIAASI, laisse éclater sa détresse. À ses côtés, d’anciennes collègues partagent la même revendication : être payées pour le travail accompli.
« Nos familles nous ont abandonnés, la société même nous a abandonnés », se lamente-t-elle.
Pour cette ancienne employée, la situation n’est plus tenable. « On réclame seulement notre salaire », martèle-t-elle, résumant en quelques mots l’objet de leur mobilisation.
Les manifestants affirment avoir été licenciés dans le cadre d’une restructuration du PIAASI, il y a environ trois ans. Depuis, ils disent avoir multiplié les démarches pour obtenir le règlement de leurs droits, sans parvenir, selon eux, à une issue concrète.
Derrière les revendications salariales se dessine une réalité sociale difficile. Sur les pancartes brandies devant le programme, les mots « foyers disloqués », « collègues décédés » et « nos enfants sont encore à la maison » traduisent l’ampleur des difficultés évoquées par les anciens employés.
Olga évoque des collègues décédés, des familles en difficulté et des situations de précarité devenues préoccupantes.
« Soixante mois d’arriérés de salaire, c’est trop. Nous n’en pouvons plus. Nous sommes sans domicile, des SDF. Des collègues sont décédés, certaines sont désormais veuves », témoigne-t-elle.
Pour ces anciens contractuels, les salaires impayés ne représentent pas seulement une dette financière. Ils constituent également, selon leurs témoignages, un obstacle à la stabilité de leurs foyers et à la prise en charge de leurs enfants.
Au sein du collectif, Joël, porte-parole des anciens employés, assure que les travailleurs n’ont pas été clairement informés de leur situation au moment de leur départ.
Il affirme que les ex-contractuels avaient nourri l’espoir d’une reprise de leur situation professionnelle ou, à défaut, du paiement de leurs droits.
« On ne nous a rien dit. Seulement le Premier ministre nous a dit que le gouvernement a pris notre dette sociale en compte », explique-t-il.
Selon le porte-parole, cette annonce avait suscité l’espoir d’un règlement prochain des salaires impayés. Mais plusieurs mois après une rencontre avec le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute, les anciens employés disent toujours attendre la concrétisation de cet engagement.
Les représentants du collectif avaient été reçus par le chef du gouvernement il y a quelques mois. Une solution leur aurait alors été promise. Depuis, les manifestants affirment qu’aucune mesure concrète n’a permis de solder leurs arriérés.
Face à cette situation, les anciens contractuels annoncent leur intention de poursuivre leur mobilisation devant les locaux du PIAASI.
« Nous allons manifester notre mouvement d’humeur jusqu’à ce que le gouvernement prenne acte de notre mécontentement et qu’il nous paye », prévient Joël.
Le collectif réclame ainsi le règlement de ses 60 mois d’arriérés de salaire et appelle les autorités camerounaises à donner suite aux engagements annoncés.
En attendant une éventuelle réponse du gouvernement, les anciens employés maintiennent la pression. À Nlongkak, leur présence rappelle une revendication qui, près de trois ans après leur licenciement, reste toujours en suspens.
Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info
Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.