Mutilations génitales féminines en Guinée : Hassatou Lamarana Bah appelle Aminata Kaba à renouer le dialogue avec les activistes

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Face à la persistance des mutilations génitales féminines (MGF), la journaliste et écrivaine Hassatou Lamarana Bah plaide pour une collaboration plus étroite entre le ministère en charge de la Femme et les organisations féminines et féministes. Elle invite la nouvelle ministre, Aminata Kaba, à ouvrir rapidement un cadre de dialogue avec les acteurs engagés sur le terrain.

La lutte contre les mutilations génitales féminines en Guinée reste au cœur des préoccupations des organisations de défense des droits des femmes. Pour Hassatou Lamarana Bah, journaliste, écrivaine et vice-présidente de l’ONG Les Amazones de la Presse Guinéenne, l’efficacité de ce combat passe avant tout par une meilleure coordination entre les autorités et les organisations de la société civile.

L’activiste tient notamment à lever toute ambiguïté sur les rapports entre les organisations féminines et le ministère en charge de la Femme. Selon elle, les militantes engagées contre les violences faites aux femmes ne se positionnent pas en adversaires de l’administration, mais comme des partenaires qui souhaitent être davantage associées aux décisions et aux actions publiques.

« Nous ne sommes pas contre le ministère, nous voulons simplement être écoutées », affirme Hassatou Lamarana Bah.

Elle estime que les autorités gagneraient à mieux prendre en considération les réalités documentées par les organisations de terrain, notamment les données recueillies, les signalements, les dénonciations ainsi que les recommandations formulées à l’issue des différentes campagnes de sensibilisation.

Nommée récemment à la tête du ministère en charge de la Femme, Aminata Kaba n’a, à ce jour, pas encore eu de contact direct avec Hassatou Lamarana Bah. Cette dernière dit toutefois espérer que la nouvelle ministre prendra l’initiative de réunir autour d’une même table les principales organisations féminines et féministes du pays.

Pour elle, une telle rencontre permettrait d’identifier les priorités, de partager les informations recueillies sur le terrain et surtout de définir des actions communes pour mieux lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles.

« Nous espérons qu’elle aura l’initiative d’appeler les organisations féminines et féministes de la République de Guinée autour de la table », souligne-t-elle.

Au-delà du dialogue, l’activiste appelle également le ministère à renforcer son soutien concret aux organisations qui travaillent quotidiennement auprès des communautés. Elle estime que la présence des autorités lors des activités de sensibilisation ne doit pas se limiter à une participation symbolique.

Collecte de données, sensibilisation, accompagnement des victimes et dénonciation des violences : autant d’actions qui, selon elle, nécessitent un véritable accompagnement institutionnel.

Pour Hassatou Lamarana Bah, la lutte contre les mutilations génitales féminines ne peut toutefois se limiter aux discours et aux campagnes de sensibilisation. Elle doit également se traduire par des mesures concrètes et une application effective des textes en vigueur.

La vice-présidente des Amazones de la Presse Guinéenne dit avoir récemment adressé une lettre ouverte à la Première Dame de la République de Guinée. Une démarche motivée, selon elle, par sa réaction face à des informations faisant état de près de 300 jeunes filles victimes d’excision, mais aussi par la diffusion publique de contenus perçus comme faisant la promotion de cette pratique.

Elle souhaite ainsi une intervention de la Première Dame auprès du chef de l’État afin de favoriser une rencontre entre les différentes parties prenantes et de donner un nouvel élan à la lutte contre les MGF.

« Nous sommes dans un État de droit régi par des textes et des lois. On ne cautionne pas la criminalité. Les MGF sont un crime », martèle-t-elle.

L’activiste demande, dans ce cadre, que les personnes qui feraient publiquement la promotion de l’excision puissent répondre de leurs actes conformément aux dispositions légales.

Pour Hassatou Lamarana Bah, la lutte contre les mutilations génitales féminines ne pourra produire des résultats durables sans une véritable synergie entre les pouvoirs publics, les organisations féministes, les associations de défense des droits des femmes et les acteurs communautaires.

Son appel à la nouvelle ministre Aminata Kaba se veut donc celui d’un dialogue renouvelé : écouter les acteurs de terrain, prendre en compte leurs alertes et transformer les engagements en actions concrètes.

Car, au-delà des chiffres et des déclarations, l’enjeu reste celui de la protection effective des filles et des femmes contre une pratique dont les conséquences peuvent marquer durablement leur vie.

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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