Études en France : les erreurs qui compromettent les candidatures des étudiants guinéens

Dans l’émission « Face à Pathé », le directeur général de Campus France Guinée, Dr Amara Diawara, appelle les candidats à reprendre en main leur projet d’études et à mieux préparer leurs dossiers pour maximiser leurs chances d’admission.
Pour de nombreux étudiants guinéens, poursuivre des études en France représente un projet académique et professionnel majeur. Mais entre mauvais choix de formations, dossiers mal préparés et recours excessif aux intermédiaires, certaines erreurs peuvent sérieusement compromettre leurs chances d’admission. C’est le constat dressé par le directeur général de Campus France Guinée, Dr Amara Diawara, lors de son passage dans l’émission « Face à Pathé ».
Au cœur de son message : l’étudiant doit rester le principal acteur de son propre projet. Selon le responsable de Campus France Guinée, certains candidats délèguent entièrement leurs démarches à des proches ou à des intermédiaires, jusqu’à perdre la maîtrise de leur dossier.
« Les erreurs, elles sont toutes, excusez-moi l’expression, toutes bêtes. Parce que la plupart des jeunes qui se font avoir, ce sont des jeunes dont les projets sont gérés par une tierce personne », explique-t-il.
Il arrive ainsi que certains candidats ne disposent même pas de leurs identifiants ou ignorent les formations auxquelles ils ont postulé. « Il nous arrive qu’un étudiant vienne et n’ait même pas accès à son compte, qu’il ne sache pas quelle formation il a choisie. C’est incroyable », déplore Dr Amara Diawara.
Cette dépendance à l’égard des intermédiaires peut devenir particulièrement problématique au moment des échanges avec les conseillers de Campus France. L’étudiant est en effet appelé à expliquer son parcours, ses choix de formation et la cohérence de son projet professionnel.
Or, selon le DG de Campus France Guinée, certains candidats sont incapables de justifier leurs choix.
« Ils ne savent pas ce qui est dans leur dossier et, comme ça, l’étudiant en face d’un conseiller ne pourra pas défendre son dossier », souligne-t-il.
À cela s’ajoute une autre faiblesse régulièrement observée : la méconnaissance des conditions d’admission des établissements ciblés. Certains étudiants choisissent des universités ou des formations sans vérifier au préalable les prérequis, les critères de sélection ou l’adéquation avec leur parcours académique.
« Souvent aussi, la plupart des étudiants ne savent pas quels sont les prérequis demandés par les universités. Ils choisissent juste les universités parce que c’est une autre personne qui les a choisies », regrette le responsable.
Pour Campus France Guinée, la réussite d’une candidature ne repose donc pas uniquement sur les résultats scolaires. Le choix des formations doit également être réfléchi en fonction du parcours de l’étudiant, de ses compétences, de son projet professionnel et des exigences propres à chaque établissement.
Une sélection effectuée uniquement sur la base des notes ou de la réputation d’une université peut ainsi s’avérer contre-productive.
Dans un contexte où les candidats guinéens sont en concurrence avec des étudiants issus de nombreux autres pays, la qualité et la cohérence du dossier deviennent déterminantes.
« S’il y a une impréparation dans le dossier académique et dans le projet d’études professionnel, vous avez 90 % de chances d’avoir un refus », affirme Dr Amara Diawara.
Face à ces difficultés, Campus France Guinée entend renforcer l’information et l’accompagnement des candidats. L’organisme intervient notamment dans la préparation du projet d’études, la constitution du dossier et les différentes étapes de la procédure, jusqu’aux démarches liées au visa.
« Notre mission, c’est de mieux accompagner. Cet accompagnement, ce suivi, on le fait de septembre jusqu’au mois d’août. Nous avons des conseillers qui travaillent et nous essayons toujours de mieux les accompagner jusqu’à l’obtention du visa », précise-t-il.
Au-delà de la procédure de candidature, cet accompagnement vise également à préparer les futurs étudiants à leur installation en France, notamment en les informant sur les démarches administratives auxquelles ils seront confrontés à leur arrivée.
Pour Dr Amara Diawara, l’enjeu dépasse finalement la seule réussite individuelle des candidats. La formation des étudiants guinéens à l’étranger doit, selon lui, contribuer au renforcement des compétences disponibles dans le pays.
L’objectif affiché est de permettre à une nouvelle génération d’étudiants de construire des parcours cohérents, d’acquérir des compétences solides et, à terme, de mettre leur expertise au service du développement de la Guinée.
« Tout ce qu’on essaye de faire, c’est d’accompagner mieux nos étudiants pour qu’en termes de ressources humaines, on puisse avoir une main-d’œuvre qualifiée, des cadres compétents, pour essayer de répondre aux besoins du pays », rappelle le DG de Campus France Guinée.
Pour les candidats, le message est donc clair : connaître son dossier, comprendre sa formation, maîtriser son projet et vérifier les exigences des établissements ne sont pas de simples formalités. Ce sont des conditions essentielles pour mettre toutes les chances de son côté.
Sylla Ama pour Planete7.info
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