Incendies de véhicules en Guinée : il est temps d’intégrer le coût environnemental dans la responsabilité des propriétaires

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Les incendies de véhicules, notamment ceux impliquant des camions, deviennent de plus en plus fréquents sur les routes et dans les centres urbains de Guinée. Si l’attention est souvent portée sur les pertes matérielles et les perturbations de la circulation, les conséquences environnementales et sanitaires restent largement sous-estimées.

Lorsqu’un camion prend feu, la combustion des carburants, des huiles, des pneus, des plastiques, des câbles électriques et des autres composants libère dans l’atmosphère des fumées toxiques contenant du monoxyde de carbone, des oxydes d’azote, des particules fines, des composés organiques volatils et d’autres substances dangereuses. Ces polluants dégradent la qualité de l’air, menacent la santé des populations, contaminent les sols et peuvent polluer les eaux de surface.

Au-delà de la pollution atmosphérique, les débris calcinés, les huiles usagées et les eaux utilisées pour éteindre les flammes deviennent des déchets dangereux qui nécessitent une gestion spécialisée. Malheureusement, dans de nombreux cas, ces résidus sont abandonnés sur la voie publique, aggravant les risques environnementaux.

Face à cette situation, la FEGEDEG estime que la réparation d’un véhicule incendié ne doit plus se limiter aux seuls aspects mécaniques. Le coût environnemental de l’incident doit également être pris en compte. Le principe du « pollueur-payeur », reconnu dans les politiques modernes de protection de l’environnement, doit être appliqué afin que les responsables contribuent à la dépollution, au nettoyage et à la restauration des sites affectés.

Nous appelons les autorités compétentes à renforcer le contrôle technique des poids lourds, à améliorer les inspections de sécurité et à mettre en place un mécanisme obligeant les propriétaires de véhicules incendiés à financer les opérations de dépollution lorsque leur responsabilité est engagée.

Recommandations de la FEGEDEG

– Intégrer officiellement le coût environnemental dans les frais de réparation et de remise en circulation des véhicules incendiés.

– Rendre obligatoire le nettoyage et la dépollution du site avant toute évacuation du véhicule.

– Sanctionner les propriétaires qui abandonnent les déchets issus des incendies ou refusent de prendre en charge les opérations de dépollution.

– Prévoir des amendes proportionnelles aux dommages environnementaux causés.

– Exiger des compagnies d’assurance qu’elles couvrent également les coûts de dépollution et de gestion des déchets dangereux.

– Renforcer les contrôles techniques des camions afin de prévenir les incendies liés à des défaillances mécaniques ou électriques.

– Mettre en place un protocole national de gestion environnementale des incendies de véhicules impliquant les services de protection civile, les collectivités locales et les structures environnementales.

– Sensibiliser les transporteurs sur les risques environnementaux et sanitaires liés aux incendies de véhicules.

La protection de l’environnement ne peut plus être considérée comme une charge secondaire. Chaque incendie de véhicule représente également un coût pour la société, pour la santé publique et pour les générations futures. Il est donc indispensable que la responsabilité environnementale accompagne désormais toute responsabilité matérielle.

 

Sory CAMARA

Président de la Fédération des Gestionnaires des Déchets de Guinée (FEGEDEG)

Fondateur du Centre de Recherches Environnementales et de Valorisation des Déchets (CREVADE)

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