
Le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, alerte sur la situation de plus de 180 enseignants qui seraient actuellement détenus dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays pour des faits présumés de fraude aux examens nationaux. Le responsable syndical appelle les autorités à privilégier les sanctions disciplinaires prévues par les textes plutôt que le recours systématique à l’emprisonnement.
La lutte contre la fraude aux examens nationaux continue de faire débat en Guinée. Alors que les autorités multiplient les actions pour préserver l’intégrité des évaluations scolaires, le Syndicat national de l’éducation (SNE) interpelle sur le sort réservé aux enseignants impliqués dans ces affaires.
Selon Michel Pépé Balamou, secrétaire général du SNE, plus de 180 enseignants seraient actuellement privés de liberté dans différentes prisons du pays à la suite d’arrestations liées à des cas de fraude enregistrés lors des examens nationaux.
« Ils ont été arrêtés et sont détenus dans les différentes prisons de la Guinée. Aujourd’hui, il va falloir aussi les libérer et faire appliquer les règlements généraux qui prévoient qu’ils soient exclus du processus d’organisation des examens nationaux pendant une période allant de deux à cinq ans », a déclaré le syndicaliste, joint par notre rédaction.
Pour le responsable syndical, la réponse pénale ne devrait pas être l’unique solution face à ce phénomène. Il estime que les textes en vigueur offrent déjà un cadre disciplinaire permettant de sanctionner les enseignants reconnus coupables, tout en évitant des conséquences sur le fonctionnement du système éducatif.
« Si on applique cette méthode, c’est aussi une mesure dissuasive que d’enfermer des enseignants. D’autant plus que si ces enseignants restent en prison alors que la rentrée scolaire approche, qui viendra enseigner à leur place dans certaines localités ? On ne résout pas le problème, on le déplace », a-t-il soutenu.
Michel Pépé Balamou appelle ainsi à une approche préventive, basée notamment sur le renforcement du contrôle, la sensibilisation des acteurs du système éducatif et l’application rigoureuse des sanctions prévues par les règlements des examens.
Interrogé sur le nombre exact d’enseignants concernés, le secrétaire général du SNE affirme que les chiffres avancés proviennent de remontées effectuées par les représentants du syndicat sur le terrain.
« Nous avons des informations claires remontées par nos hommes sur le terrain. Ils sont 187. Nous demandons qu’ils soient jugés dans les règles de l’art, dans le respect de leurs droits », a-t-il précisé.
Ces déclarations interviennent alors que la Guinée poursuit sa politique de lutte contre la fraude aux examens nationaux. Cette année encore, plusieurs candidats et encadreurs scolaires ont été interpellés dans différentes régions du pays, dans le cadre des opérations visant à garantir la crédibilité des évaluations scolaires.
Oumar Sylla Bah pour Planete7.info
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