Kindia : à Caravansérail, les victimes des inondations redoutent de nouvelles catastrophes

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur Kindia dans la journée du dimanche 19 juillet 2026 ont provoqué d’importantes inondations dans plusieurs quartiers de la commune urbaine, notamment à Caravansérail et Abattoir. Des dizaines de familles ont vu leurs habitations envahies par les eaux, tandis que des exploitations maraîchères, principale source de revenus de nombreux ménages, ont été dévastées. Entre pertes matérielles et inquiétudes grandissantes, les sinistrés appellent les autorités à accélérer les travaux du pont en construction et à mettre fin aux occupations anarchiques des berges.
À Caravansérail, le paysage porte encore les stigmates de la catastrophe. Dans les concessions, la boue recouvre les sols, des meubles détériorés sont exposés au soleil dans l’espoir d’être récupérés, tandis que les jardins maraîchers, autrefois verdoyants, sont désormais ensevelis sous le sable et les débris charriés par les eaux.

Pour Mely Sylla, maraîchère, les conséquences sont dramatiques. Son exploitation, qui faisait vivre sa famille, a été entièrement ravagée.
« C’est ici que nous nous débrouillons pour nourrir la famille. Mais les eaux ont tout détruit. Tous nos légumes sont couverts de sable et de boue. Nous avons perdu énormément. Nous payons des ouvriers, nous achetons des produits et des engrais très chers. Après la pluie d’hier, les inondations ont tout ravagé », déplore-t-elle.
Dans les habitations voisines, la nuit de dimanche restera longtemps gravée dans les mémoires. Réveillé en pleine nuit par les cris de sa fille, Lansana Boukhari Camara raconte les instants de panique vécus par sa famille.

« Ma fille est venue me réveiller en criant que nous étions inondés. L’eau avait déjà atteint notre maison et ma moto était complètement engloutie. Grâce à l’intervention des jeunes du quartier, nous avons pu limiter les dégâts dans plusieurs concessions. Des lits, des sacs de riz, des marmites et de nombreux biens ont été submergés. Nous avons passé une partie de la nuit à évacuer l’eau des maisons », témoigne-t-il.

Au-delà des dégâts, cet habitant pointe les facteurs qui, selon lui, aggravent les inondations.
« Si l’État ne finalise pas rapidement ce pont, il faut s’attendre au pire. Depuis que je vis ici, en 1980, je n’avais jamais vu une telle inondation. Il y a aussi les constructions anarchiques le long de la rivière. Les règles d’urbanisme ne sont pas respectées et cela aggrave la situation », alerte-t-il.
Même sentiment de désarroi chez Mamaïssata Bangoura, qui affirme avoir été prise de court par la rapidité de la montée des eaux.

« L’eau est arrivée avec une force impressionnante. Nous avons juste eu le temps de mettre quelques bagages à l’abri chez les voisins. Nos chambres ont été envahies et même les eaux usées sont remontées dans la maison. Nous n’avions jamais vécu cela auparavant », confie-t-elle.
De son côté, Aminata Camara estime que le retard accusé dans les travaux du pont a contribué à aggraver les conséquences des intempéries.

« Ce chantier a commencé depuis plusieurs mois. Les travaux auraient dû être terminés avant l’hivernage. En plus, le sable déposé derrière les habitations empêche désormais l’écoulement normal des eaux. Nous avons perdu beaucoup de biens », regrette-t-elle.

Face à cette situation, les habitants de Caravansérail lancent un appel pressant aux autorités. Ils demandent l’achèvement rapide du pont en construction, le curage des voies d’évacuation des eaux, ainsi qu’une application rigoureuse des règles d’urbanisme afin de mettre un terme aux occupations anarchiques des berges. Pour ces sinistrés, seule une intervention rapide permettra d’éviter que les prochaines pluies ne se transforment, une nouvelle fois, en véritable catastrophe.
Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info
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