Kindia : le bras de fer autour de la paroisse Sainte-Croix perdure, entre accès au culte et survie économique des vendeuses

Depuis plusieurs années, la paroisse Sainte-Croix de Kindia est au cœur d’un conflit qui peine à trouver une issue. L’occupation des abords de l’édifice religieux par des vendeuses continue de susciter des tensions entre responsables de l’église, fidèles et commerçantes installées sur les lieux.
Malgré plusieurs démarches de médiation et des engagements annoncés par les autorités locales, l’entrée principale de la paroisse reste toujours encombrée. Une situation qui, selon les fidèles, complique l’accès au lieu de culte, particulièrement lors des grandes célébrations religieuses.
Le dimanche 21 juin 2026, des chrétiens se sont mobilisés devant l’église Sainte-Croix pour exprimer leur mécontentement. Pancartes en main, ils ont réclamé la libération des accès, estimant que l’occupation des espaces environnants porte atteinte au bon fonctionnement de la paroisse.

Pour le père Martin Camara, administrateur de la paroisse Sainte-Croix, cette situation est devenue préoccupante avec le temps. Il rappelle que l’église, vieille de plusieurs décennies, fait aujourd’hui face à d’importantes difficultés d’accès.
« L’église Sainte-Croix est une paroisse centenaire. Aujourd’hui, les fidèles comme les véhicules rencontrent d’énormes difficultés pour accéder au site. Plusieurs opérations de dégagement ont été menées, mais les installations reviennent systématiquement », regrette-t-il.
Selon le responsable religieux, plusieurs propositions ont été étudiées avec les autorités locales, notamment la réorganisation des espaces commerciaux et la mise en place d’aménagements permettant de préserver l’accès à la paroisse. Mais jusqu’à présent, ces initiatives n’ont pas permis de parvenir à une solution durable.
La tension entre les deux parties aurait également été renforcée par certains incidents enregistrés à proximité de l’église. Des discussions avaient notamment porté sur la construction d’infrastructures de séparation entre l’espace religieux et les zones commerciales, mais le projet n’a finalement pas abouti en raison de contraintes administratives.
Du côté des autorités, le dossier est reconnu comme particulièrement sensible. Il oppose deux réalités : d’un côté, la nécessité de garantir aux fidèles un accès libre à leur lieu de prière ; de l’autre, les préoccupations économiques des femmes qui tirent leurs revenus de ces activités commerciales.
Le procureur près le Tribunal de première instance de Kindia estime que le règlement de cette affaire nécessite une implication coordonnée des différentes autorités administratives.

Pour sa part, l’administratrice du marché, Aïssatou Sow, assure que des démarches sont en cours afin de trouver une solution progressive. « Nous allons continuer à travailler afin que les femmes quittent progressivement cette partie de la route », a-t-elle indiqué.
Après plusieurs années de discussions sans résultat définitif, les différents acteurs espèrent désormais parvenir à un compromis qui permettra de préserver à la fois la vocation religieuse de la paroisse et les activités économiques des commerçantes. Une nouvelle concertation est annoncée dans les prochains jours pour tenter de débloquer cette situation qui divise la communauté.
Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info
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