Insalubrité à Kindia : au marché Wambélén, les vendeuses lancent un appel urgent aux autorités

À Kindia, le marché Wambélén offre un visage préoccupant à l’approche de la saison des pluies. Entre eaux stagnantes, amas d’ordures, boue et mauvaises odeurs, les femmes vendeuses dénoncent des conditions de travail qu’elles jugent insupportables. Rencontrées ce lundi 25 mai 2026, plusieurs commerçantes ont exprimé leur colère face à ce qu’elles considèrent comme un abandon des autorités communales.
Au marché Wambélén, l’hivernage est désormais synonyme de souffrance pour de nombreuses vendeuses. À peine les premières pluies tombées que les allées du marché deviennent difficilement praticables. Déchets charriés par les eaux, latrines débordantes et insalubrité grandissante compliquent le quotidien des commerçantes qui tentent malgré tout de maintenir leurs activités.

Assise derrière ses marmites de riz préparé, M’Mah Bangoura décrit un environnement devenu invivable.
« Nous souffrons énormément ici pendant la période hivernale. Les femmes qui revendent dans le marché déposent des ordures sur la place publique. Quand il pleut, tous ces déchets viennent nous envahir. Il y a aussi des latrines à proximité qui déversent l’eau jusqu’à notre place », déplore-t-elle.
Selon cette vendeuse, les multiples plaintes adressées aux responsables locaux restent sans suite. Faute d’intervention des autorités, les commerçantes disent être contraintes d’assurer elles-mêmes le nettoyage des lieux, souvent à leurs propres frais.

« Quand nous nous plaignons, on nous dit que c’est une voie publique. Nous sommes obligées de nettoyer ici chaque jour. Parfois, nous payons des personnes pour enlever les ordures et cela nous coûte cher », explique-t-elle.
Très critique à l’égard des autorités communales, M’Mah Bangoura estime que la lutte contre l’insalubrité ne constitue plus une priorité pour les responsables locaux.
« La commune qui devrait rendre la ville propre ne fait rien. Ceux qui dirigent pensent seulement à leurs intérêts. Les marchés sont abandonnés », accuse-t-elle.

À ces difficultés s’ajoutent les conséquences sanitaires liées aux conditions de travail. Entre poussière pendant la saison sèche et boue durant l’hivernage, les commerçantes affirment mettre leur santé en danger pour subvenir aux besoins de leurs familles.
« Pendant la saison sèche, nous respirons la poussière. Aujourd’hui, nous sommes dans la boue. Nous supportons tout cela uniquement pour nourrir nos familles parce que nous n’avons pas d’autre activité », confie-t-elle.

Même constat chez Aïcha Kaba, vendeuse d’habits au marché Wambélén. Elle dénonce des promesses électorales qui, selon elle, ne sont jamais suivies d’effets.
« Nous ne sommes pas ici par plaisir. Nous restons dans la boue et les saletés faute de moyens. Pendant les campagnes, les responsables promettent d’améliorer les routes et les marchés. Mais une fois élus, ils nous abandonnent », regrette-t-elle.
Déçue par les autorités locales, la commerçante affirme que plusieurs femmes du marché ont perdu confiance dans les élus.
« Beaucoup de femmes ne croient plus aux promesses des responsables. Nous avons l’impression d’être oubliées », lance-t-elle.

Face au manque de moyens déployés pour l’assainissement, les vendeuses disent continuer à se mobiliser seules pour tenter de maintenir un minimum de propreté dans leur environnement de travail.
« Cela fait plusieurs années que nous vivons dans la boue et la poussière. Ce sont les femmes elles-mêmes qui achètent les pelles et les râteaux pour ramasser les ordures. Nous demandons aux autorités de nous aider à sortir de cette situation », plaide Aïcha Kaba.
À travers ces témoignages, les femmes du marché Wambélén interpellent les autorités locales et nationales sur l’urgence d’assainir les marchés de Kindia afin d’offrir aux commerçantes un cadre de travail plus sain, plus sécurisé et plus digne.
Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info
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