« Une femme qui accouche devant un centre de santé révèle l’échec du système » : Dr Lamarana Diallo interpelle

La condamnation de Maïmouna Djiba Sow et de Cécile Balamou, prononcée ce mardi 19 mai 2026 à Mamou dans une affaire de présumée non-assistance à une femme en situation d’accouchement, continue de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique guinéenne.
Parmi les voix qui se sont élevées après cette décision judiciaire figure celle du Dr Lamarana Diallo, gynécologue-obstétricien et spécialiste de la santé sexuelle et reproductive. Dans une tribune largement relayée, le médecin critique une décision qu’il juge « émotive » et insuffisamment fondée sur les réalités du système sanitaire guinéen.
Selon lui, « l’affaire de Soyah dépasse largement le cas de trois agents de santé ». Tout en reconnaissant que toute faute professionnelle doit être examinée avec rigueur, Dr Diallo estime qu’attribuer l’entière responsabilité à ces femmes reviendrait à ignorer les profondes défaillances structurelles du système de santé national.
Le spécialiste dresse un constat préoccupant du secteur sanitaire guinéen, qu’il décrit comme sous-financé, insuffisamment équipé et confronté à un déficit chronique de personnel qualifié. Il pointe également du doigt des pratiques de recrutement souvent critiquées pour leur manque de transparence, ainsi que les conditions de travail difficiles dans plusieurs structures sanitaires du pays.
Dans sa tribune, Dr Lamarana Diallo souligne aussi que de nombreux médecins spécialistes guinéens formés à l’étranger souhaitent contribuer au développement du système de santé national, mais se heurtent depuis des années à l’absence de conditions adéquates pour exercer efficacement.
Avant toute condamnation morale ou judiciaire, il appelle à une réflexion plus large sur plusieurs questions essentielles : le niveau réel de qualification du personnel, la qualité de la formation reçue, l’organisation des gardes, les moyens logistiques disponibles, ainsi que le niveau d’encadrement dans les centres de santé.
Pour le gynécologue, cette affaire devrait servir de point de départ à un débat national sérieux sur la santé maternelle et les responsabilités institutionnelles, plutôt qu’à la désignation de simples boucs émissaires.
« Lorsqu’une femme accouche devant un centre de santé, c’est tout le système qui a échoué », conclut-il.
Oumar Sylla Bah pour Planete7.info
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