Ousmane Gaoual : « Nous voulons confier les bus à une société privée »

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Le gouvernement guinéen entend accélérer la modernisation du transport public urbain à Conakry et à l’intérieur du pays. Face aux nombreuses attentes des usagers, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a apporté ce vendredi des précisions sur l’état d’avancement du programme de renouvellement des bus et sur les réformes en cours pour assurer leur gestion durable.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, le ministre a confirmé que les premiers bus déjà acquis sont disponibles, tandis qu’un second lot est attendu dans les prochaines semaines, en même temps que l’arrivée annoncée de près de 300 taxis avant la fin du mois de février.

Selon lui, le principal défi ne réside pas seulement dans l’acquisition du matériel roulant, mais surtout dans la structuration du réseau. « Le problème des bus, c’est un problème de réseau », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de mettre en place des infrastructures adaptées, notamment des arrêts et abris bus clairement identifiés.

À cet effet, des travaux sont en cours dans plusieurs quartiers de Conakry, notamment à Madina. Une centaine d’abris bus devraient être installés d’ici la fin du mois de mars afin de permettre aux usagers d’identifier facilement les points d’arrêt et de structurer les itinéraires.

Au-delà des infrastructures, la question centrale demeure celle de la gestion. Le ministre a indiqué que l’État ne souhaite plus assurer directement l’exploitation des bus, préférant confier cette mission à une entreprise privée, à l’issue d’un appel d’offres public qui sera lancé avant la fin du mois de février.

« L’État ne peut pas continuer à gérer ce type de service comme par le passé. Nous voulons une société privée pour garantir une meilleure gouvernance et une gestion durable », a-t-il expliqué, rappelant les échecs des anciennes entreprises publiques de transport, fragilisées par des exonérations massives et l’absence de mécanismes financiers viables.

Pour éviter les dérives, Ousmane Gaoual Diallo prône un modèle fondé sur le paiement systématique des titres de transport, y compris pour les étudiants, les fonctionnaires ou les militaires. Selon lui, si l’État souhaite soutenir certaines catégories sociales, il doit le faire à travers des subventions directes, et non en supprimant les recettes de l’entreprise de transport.

« On ne peut pas dire que tout le monde ne paye pas. Une société a des charges, si personne ne paye, elle s’écroule », a-t-il averti, plaidant pour un système transparent de compensation financière afin d’assurer la viabilité du service public.

Par ailleurs, le ministre a annoncé que dans le lot de bus attendus, une trentaine sera affectée au transport interurbain. Là encore, la gestion sera confiée à des opérateurs privés, dans le même esprit de performance économique.

En parallèle, la réhabilitation du dépôt de Matoto doit débuter ce mois-ci, avec un délai de trois mois pour sa mise en service. Un second site est également prévu à Kagbelin afin de renforcer la capacité logistique du futur réseau.

Ousmane Gaoual Diallo a établi un parallèle avec le projet de relance de la compagnie aérienne nationale, qui reposera également sur un partenariat public-privé. L’État y sera actionnaire, mais la gestion sera confiée à des opérateurs privés afin d’éviter les erreurs du passé.

« Nous voulons que nos entreprises vivent, pas qu’elles meurent avant même de naître à cause d’une mauvaise gestion », a-t-il conclu.

À travers cette réforme, le gouvernement ambitionne de poser les bases d’un système de transport moderne, structuré et économiquement viable, capable de répondre durablement aux besoins de mobilité des citoyens guinéens.

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