Simandou 2040 : Djiba Diakité expose la vision stratégique d’un co-développement au service de la Guinée

Dans un entretien accordé à la presse, Djiba Diakité, Ministre Directeur de cabinet de la Présidence de la République et Président du Comité stratégique du projet Simandou 2040, a livré une analyse détaillée de la vision portée par le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, autour de ce mégaprojet minier, présenté comme un levier majeur de transformation structurelle de la Guinée.
D’emblée, Djiba Diakité qualifie Simandou d’« opportunité unique », non seulement pour la Guinée, mais également pour le continent africain. Selon lui, cette ambition s’inscrit dans une vision présidentielle claire, structurée autour de trois piliers fondamentaux : le social, l’économique et le politique.
Sur le plan social, le Président du Comité stratégique met l’accent sur la consolidation de la cohésion nationale. « Il n’y a pas de développement sans la paix, et il n’y a pas de développement sans une communauté nationale unie autour d’un même idéal », souligne-t-il, insistant sur la nécessité de préserver le vivre-ensemble comme socle de toute dynamique de progrès.
L’axe économique constitue le cœur du projet Simandou. Djiba Diakité y voit « un instrument stratégique pour amorcer un processus réel et durable de développement économique de la Guinée ». À travers Simandou, l’État ambitionne de dépasser la simple logique d’exportation brute pour impulser une transformation profonde de l’économie nationale.
Quant à l’axe politique, il repose sur la construction d’institutions solides et crédibles. « Il s’agit de bâtir des institutions fortes et de faire de la justice la boussole de l’action publique », affirme-t-il, soulignant que la gouvernance est un facteur déterminant de réussite du projet.
Revenant sur l’historique de Simandou, Djiba Diakité rappelle que les premières études remontent à la Première République, sous le Président Ahmed Sékou Touré. Il salue ainsi la vision de ce dernier, qui avait déjà perçu le caractère stratégique du corridor Simandou pour le développement de la Guinée. « Tous les Présidents qui se sont succédé ont apporté leur contribution, jusqu’à l’actuelle transition, qui a décidé de faire de Simandou un véritable catalyseur du développement durable », précise-t-il.
Le projet Simandou repose aujourd’hui sur quatre composantes majeures. La première concerne l’exploitation minière, avec les blocs 1 et 2 confiés au Winning Consortium et à son partenaire stratégique BAO, et les blocs 3 et 4 attribués à Rio Tinto et Chinalco. La deuxième composante porte sur les infrastructures ferroviaires, avec la construction de plus de 650 kilomètres de rails. La troisième concerne les infrastructures portuaires, destinées à assurer le transport du minerai, mais aussi des marchandises et des passagers. Enfin, la quatrième composante est axée sur la transformation locale du minerai, notamment à travers la mise en place d’une aciérie.
Pour Djiba Diakité, la réussite du projet repose sur un principe fondamental : le co-développement. « Il s’agit de mutualiser les coûts et les risques, tout en garantissant l’interdépendance des intérêts asiatiques, occidentaux et surtout guinéens », explique-t-il. C’est dans cette logique qu’a été créée la Compagnie du Transguinéen, au sein de laquelle l’État guinéen détient désormais au moins 15 % de participation, une avancée qualifiée d’historique.
Autre innovation majeure : l’introduction de standards élevés en matière de gouvernance et d’environnement. « Nous avons imposé des normes ESG de très haut niveau, car la dimension environnementale est une priorité absolue », affirme-t-il, précisant que la présidence du conseil d’administration de la Compagnie du Transguinéen est confiée à un Guinéen, tout comme le poste de directeur général adjoint.
Estimé à près de 20 milliards de dollars américains, Simandou est aujourd’hui présenté comme un projet « entièrement dérisqué ». Les closings financiers ont été finalisés et les travaux progressent effectivement sur le terrain. Afin de fluidifier les procédures, un guichet unique Simandou a été mis en place pour centraliser l’ensemble des démarches administratives des partenaires industriels.
« Là où Simandou était autrefois fragmenté en deux projets distincts, il constitue désormais un seul projet intégré, régi par une seule convention et porté par une seule entité », insiste Djiba Diakité. Toutes les infrastructures — rails, ports et aciérie — relèvent désormais de la Compagnie du Transguinéen, tandis que les partenaires se concentrent exclusivement sur l’exploitation minière.
Après plus de deux années de négociations intensives, la Guinée se positionne désormais comme un acteur stratégique à part entière dans ce partenariat international. Avec des réserves estimées à près de 8 milliards de tonnes de minerai de fer de classe mondiale, affichant une teneur supérieure à 65 %, Simandou apparaît comme un projet structurant, appelé à transformer durablement l’économie nationale et à repositionner la Guinée sur l’échiquier économique africain et mondial.
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