Nomination de Mourana Soumah : l’URTELGUI appelle à un nouveau souffle pour la presse guinéenne

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À la suite de la nomination de Mourana Soumah au poste de ministre de la Communication, le président de l’Union des Radiodiffusions et Télévisions Urbaines de Guinée (URTELGUI), Aboubacar Camara, s’est exprimé sur les attentes du secteur médiatique. Entre espoir de continuité, plaidoyer pour un meilleur accompagnement économique et appel à un dialogue inclusif, le patron de la faîtière des médias audiovisuels privés trace les priorités d’une presse en quête de stabilité et de professionnalisation.

La nomination de Mourana Soumah à la tête du ministère de la Communication suscite de nombreuses réactions dans le milieu des médias. Du côté de l’URTELGUI, la principale organisation qui regroupe les radios et télévisions urbaines privées de Guinée, le ton est à l’ouverture et à l’optimisme prudent.

Interrogé sur sa réaction, Aboubacar Camara se veut d’abord rassurant :

« En tant qu’association faîtière, nos portes sont toujours grandement ouvertes à tous les ministres qui passent par ce département, dans le cadre de la collaboration continuelle que nous avons toujours eue », affirme-t-il.

Pour le président de l’URTELGUI, l’arrivée de Mourana Soumah s’inscrit dans la continuité d’une dynamique déjà amorcée avec le ministre sortant Fana Soumah. « Sous son magistère, il y avait un véritable élan de collaboration entre la presse publique et la presse privée, avec l’accompagnement de la Haute Autorité de la Communication (HAC) et les autres acteurs. Nous voulons que cet élan continue », insiste-t-il.

Selon Aboubacar Camara, la nouvelle configuration institutionnelle, marquée par la jonction entre le ministère de la Communication et celui des Postes et Télécommunications, peut constituer une opportunité majeure pour le secteur.

« Cela peut être un grand plus pour nous, le monde de la presse, afin d’ouvrir un nouveau champ de réflexion et de rebondir vers une véritable croissance des médias », estime-t-il.

L’URTELGUI entend ainsi rapidement engager des échanges avec le nouveau ministre. « Nous restons disponibles pour rencontrer le ministre, lui exposer les problèmes de la presse et surtout proposer des pistes de solutions », précise le président.

Parmi les dossiers prioritaires figure la question des médias ayant perdu leur agrément. « Le débat doit être relancé. Nous n’avons jamais coupé le pont avec les autorités. Nous avons toujours maintenu la négociation et nous attendions un climat plus favorable pour remettre ce sujet sur la table », rappelle-t-il.

Autre attente forte, l’harmonisation des rapports entre médias publics et privés. Pour Aboubacar Camara, les clivages tendent déjà à s’estomper.

« Aujourd’hui, on parle de plus en plus de presse nationale, et de moins en moins de presse publique ou privée. La synergie d’actions sur le terrain montre que la presse guinéenne est en train de conjuguer le même verbe », se réjouit-il.

Mais pour consolider cette dynamique, le soutien de l’État reste indispensable, notamment sur le plan économique. « Le modèle économique de la presse guinéenne, en particulier la presse audiovisuelle privée, bat de l’aile. Nous avons de sérieuses difficultés », alerte-t-il.

Le président de l’URTELGUI plaide ainsi pour un régime fiscal spécifique en faveur des médias. « La presse est un service public. Nous informons, nous sensibilisons, nous éduquons. Il est donc normal qu’il y ait un traitement particulier sur le plan fiscal », soutient-il.

Il évoque également les charges liées aux redevances de fréquences auprès de l’ARPT (Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications) ainsi que la pression fiscale globale qui pèse sur les entreprises de presse. « Avec la tutelle du ministère des Postes et Télécommunications, nous espérons qu’il y aura plus de compréhension et d’accompagnement », ajoute-t-il.

Autre point crucial, la situation sociale des journalistes, notamment leur affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

« Il faut des aides pour permettre l’enregistrement effectif des journalistes. C’est une question d’avenir, surtout pour la retraite », martèle Aboubacar Camara.

Selon lui, les difficultés ne relèvent pas d’un manque de volonté des patrons de presse, mais plutôt de contraintes financières. « Les charges mensuelles, les déclarations, les impôts… tout cela est lourd pour des entreprises déjà fragilisées économiquement », explique-t-il.

En définitive, le président de l’URTELGUI voit dans la nomination de Mourana Soumah une chance de repartir sur de nouvelles bases.

« Si tous ces éléments sont pris en compte – assainissement, accompagnement économique, dialogue permanent – nous partirons d’un bon pied. La presse va se crédibiliser davantage, se professionnaliser et jouer pleinement son rôle dans le développement du pays », conclut-il.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

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