Fin d’année à N’Zérékoré : les taxis-motos au cœur de l’effervescence et de la précarité

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À l’approche des fêtes de fin d’année, les rues de N’Zérékoré, notamment dans le quartier Dorota, vibrent au rythme d’une intense activité commerciale et sociale. Au centre de cette effervescence urbaine, les taxis-motos, communément appelés jakarta, assurent l’essentiel des déplacements quotidiens, devenant plus que jamais indispensables à la vie locale.

De l’aube jusque tard dans la nuit, ces engins à deux roues sillonnent sans relâche les artères de la ville, transportant clients pressés, commerçants, familles en visite et fêtards. Pour les conducteurs, cette période est synonyme d’une hausse notable de la demande, et donc d’un espoir d’amélioration des revenus.
« Pendant les fêtes, il y a beaucoup plus de courses, surtout le soir. Mais le carburant coûte cher et la fatigue est énorme », confie Gardey Zoumah, taxi-motard à N’Zérékoré. Derrière l’animation apparente, la pression économique demeure constante.

Insécurité : l’ombre qui plane sur la fête
Cette opportunité saisonnière est toutefois assombrie par une réalité préoccupante : l’insécurité croissante. Ces derniers mois, plusieurs conducteurs ont été victimes d’agressions, parfois mortelles, sur les axes périphériques et les routes peu éclairées.
« Chaque fin d’année, les attaques se multiplient. Nous avons récemment perdu un collègue, assassiné sur la route de Gono alors qu’il rentrait d’une course », témoigne, sous anonymat, un responsable syndical local. Un drame qui a profondément marqué la corporation et ravivé les craintes liées aux déplacements nocturnes.
La peur est désormais une compagne silencieuse du quotidien des conducteurs, contraints de travailler tard pour répondre à la demande accrue.

Nouvelles règles, nouvelles inquiétudes
À ces risques s’ajoutent les nouvelles exigences réglementaires imposées par les autorités. Depuis fin novembre 2025, le permis de conduire moto est devenu officiellement obligatoire pour exercer le métier, conformément à une décision du ministère des Transports visant à réduire les accidents et à professionnaliser le secteur.

Mais le coût du document, fixé à environ 800 000 francs guinéens, suscite une vive inquiétude parmi les conducteurs.
« C’est une somme énorme pour nous. Beaucoup n’ont pas les moyens de payer, surtout dans un contexte où les revenus restent instables », déplore Moussa Traoré, taxi-motard.
Entre routes dégradées, insécurité nocturne et contraintes administratives, les conditions de travail demeurent particulièrement difficiles.
« On sort tôt, on rentre tard. Le danger est toujours là, surtout la nuit, mais on est obligé de travailler pour pouvoir fêter comme tout le monde », confie Souleymane, conducteur depuis cinq ans.

Un service indispensable pour les usagers
Malgré ces défis, les taxis-motos restent un pilier incontournable de la mobilité urbaine. Pour les habitants, ils représentent souvent le moyen de transport le plus rapide, voire le seul accessible.
« Sans les taxis-motos, il serait presque impossible de se déplacer pendant cette période », affirme Jacqueline, commerçante à Dorota.
Entre espoir et vulnérabilité

En cette fin d’année en Guinée forestière, les taxis-motos incarnent à la fois une opportunité économique et une réalité marquée par la précarité. Indispensables au fonctionnement de la ville, leurs conducteurs poursuivent leur activité entre espoir de gains, peur de l’insécurité et adaptation à de nouvelles règles, contribuant ainsi, dans l’ombre, à la dynamique festive de N’Zérékoré.

Antoine Neima pour Planete7.info 

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