L’eau potable en Guinée : un tournant historique depuis l’indépendance

Sécurité hydrique – Paix sociale – Développement humain
Entre 2021 et 2025, la République de Guinée a engagé une transformation sans précédent de son secteur de l’eau potable. Pour la première fois depuis l’indépendance, une vision structurée, adossée à des investissements massifs, à la montée en performance de la Société des Eaux de Guinée et à une planification nationale de long terme, a permis de poser les fondations d’une véritable sécurité hydrique.
I. Des infrastructures structurantes enfin réalisées
Des villes historiquement marginalisées ont accédé, pour la première fois, à un service public d’eau potable moderne et sécurisé. Les systèmes d’alimentation en eau potable ont été intégralement mis en service à Gaoual, Lélouma, Tougué, Lola et Yomou, localités qui, jusqu’alors, n’avaient jamais disposé de stations d’eau potable urbaines.
Parallèlement, quatorze sites de production répartis sur le territoire national( toutes les stations de la moyenne Guinée ont bénéficié d’une modernisation complète des équipements, avec l’appui déterminant de Agence française de développement, améliorant durablement la fiabilité et la qualité de l’eau produite.
II. Redressement et performance du service public de l’eau
La période a également été marquée par une amélioration notable des performances commerciales et opérationnelles de la SEG dans plusieurs communes du Grand Conakry, grâce à l’accompagnement de la Banque mondiale. Cette dynamique a contribué à renforcer la soutenabilité financière du service et à restaurer la confiance entre l’opérateur public et les usagers.
III. Le projet stratégique du Grand Conakry : une rupture d’échelle
Le lancement du Projet stratégique d’Alimentation en Eau Potable du Grand Conakry constitue l’un des actes les plus structurants jamais posés dans le secteur, avec 648 millions USD de financements mobilisés, réunissant Exim Bank of India, la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement et l’Union Européenne
Ce projet majeur permettra :
1. Une capacité nouvelle de 200 000 m³/jour de traitement d’eau potable ; soit plus que la production nationale actuelle. Le recrutement de l’équipe de projet se trouve à sa phase finale.
2. La pose de 315 km de réseaux structurants ;
3. 28 500 nouveaux raccordements domestiques, principalement au bénéfice des ménages ;
4. Le remplacement de 21 km de conduite datant de 1982 dans le grand Conakry.
5. L’élaboration de 28 schémas directeurs d’eau potable à l’horizon 2040, inscrivant définitivement le secteur dans une logique de planification stratégique nationale.
6. Des financements bouclés avec la BIDC et les travaux en phase de démarrage pour les villes de Fria, Koubia et Beyla qui n’ont jamais connue une infrastructure digne de nom pour l’accès urbain à l’eau.
IV. Un bilan opérationnel sans précédent du SNAPE
Le Service National d’Aménagement des Points d’Eau a, sur la période, déployé une action d’envergure nationale :
2648 équivalents points d’eau réalisés,
Plus de 394 400 citoyens directement bénéficiaires,
543 ouvrages hydrauliques réhabilités,
Une couverture équilibrée de l’ensemble des régions administratives, rompant avec les inégalités territoriales héritées du passé.
V. Des impacts sociaux profonds et durables
Les effets de cette relance historique dépassent le seul champ technique. Ils se traduisent par :
a. Une réduction significative des maladies hydriques ;
b. Un allègement tangible de la corvée d’eau, notamment pour les femmes et les enfants ;
c. Une diminution des tensions sociales liées aux pénuries et aux conflits d’usage ;
d. Une amélioration substantielle des conditions d’hygiène dans les écoles, centres de santé et marchés.
V. BASSINS SOUS-RÉGIONAUX : OMVS – OMVG
UNE RÉHABILITATION HISTORIQUE DE LA VOCATION HYDRIQUE DE LA GUINÉE
Une correction d’une injustice historique
Depuis l’indépendance, malgré son statut de château d’eau naturel de l’Afrique de l’Ouest, la Guinée n’avait jamais abrité le siège d’une institution sous-régionale de l’eau.
Cette anomalie est désormais corrigée.
Implantations historiques désormais acquises
▪ Centre Régional de Gestion des Ressources en Eau de la CEDEAO installé en Guinée
▪ Siège de la SOGESART (OMVG) implanté en Guinée
Ces acquisitions consacrent le repositionnement stratégique de la Guinée au cœur de la gouvernance hydraulique et énergétique sous-régionale.
Pour la première fois depuis l’indépendance, l’accès à l’eau potable cesse d’être une promesse incantatoire pour redevenir progressivement un droit effectif, garanti par l’action publique. Ce bilan consacre l’eau comme un levier central de paix sociale, de dignité humaine et de développement durable, et marque une rupture historique dans la trajectoire de la Guinée.
Aboubacar Camara, ministre de l’hydraulique et des Hydrocarbures
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