Le pouvoir comme épreuve morale. (Par Abdourahamane NABÉ)

La Guinée, à l’instar de nombreux pays africains, a traversé des décennies marquées par des expériences politiques contrastées où le pouvoir, au lieu d’être un levier de transformation collective, s’est souvent mué en instrument de domination et de privilège. Trop souvent, nos dirigeants ont confondu autorité et toute-puissance, oubliant que le pouvoir, s’il n’est pas encadré par la morale et le sens du devoir, finit par corrompre les meilleures intentions.
Pourtant, l’histoire enseigne que la grandeur d’un dirigeant ne se mesure ni à sa longévité au pouvoir, ni à la taille de ses richesses, encore moins à l’étendue de son influence. Elle se mesure à sa capacité à gouverner avec *bienveillance*, à servir avec *gratitude*, à décider avec *honnêteté intellectuelle et à se comporter avec probité morale*. Ces vertus, souvent reléguées au second plan, demeurent pourtant la boussole des nations qui se veulent justes et durables.
Les élites dirigeantes actuelles de notre pays doivent entendre ce rappel avec lucidité. Gouverner, c’est d’abord rendre des comptes au peuple, non pas par obligation, mais par conviction. L’histoire ne retiendra pas leurs titres, leurs alliances ni leurs réussites personnelles, mais la trace qu’ils auront laissée dans le cœur de leurs concitoyens. Elle les jugera à la lumière de la justice sociale, de l’équité, et du respect de la dignité humaine.
Aujourd’hui, la Guinée a besoin de dirigeants habités par la conscience du devoir, non par la soif de domination. Elle a besoin de bâtisseurs, pas de profiteurs. De patriotes éclairés, pas d’élites arrogantes. Car la roue de l’histoire tourne inexorablement, et chaque cycle politique porte en lui le jugement du temps.
Il est donc urgent de réhabiliter les valeurs fondatrices du leadership éthique : *l’humilité dans la réussite*, *la rigueur dans la décision*, *la transparence dans la gestion* et *l’humanité dans la gouvernance*. C’est à ce prix seulement que nos élites pourront prétendre au titre de *dignes fils de la Guinée* et offrir aux générations futures un héritage de paix, de cohésion et de développement durable.
Le salut politique ne viendra pas d’un changement de régime ou d’un nouvel homme providentiel, mais d’une révolution intérieure : celle des consciences. Il est temps de substituer à l’orgueil et à l’extravagance la culture du service public, du respect mutuel et de la responsabilité partagée.
C’est ainsi que le pouvoir cessera d’être un privilège pour redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : *une mission au service du peuple.*
*Abdourahamane NABE*
Responsable RSE
drastone70@gmail.com
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