Mamou : une rentrée scolaire dynamique, mais un lycée en détresse face au manque d’infrastructures

La rentrée scolaire 2025-2026 s’est déroulée ce lundi 6 octobre dans la préfecture de Mamou, marquant officiellement la reprise des cours pour des milliers d’élèves. Si l’ambiance était globalement satisfaisante et les salles de classe bien remplies, cette réussite apparente cache des réalités beaucoup plus préoccupantes, notamment au lycée Grand Ducal, où les problèmes d’infrastructures et de mobilier scolaire restent criants.
Dès les premières heures, les autorités éducatives locales ont salué le bon déroulement de cette reprise. Le proviseur du lycée, Alpha Oumar Timbo Barry, se félicite du retour massif des élèves :
« La rentrée a été effective. Vous-même, vous avez constaté que dès le premier jour, les classes étaient pleines. C’est une grande satisfaction, tant pour les encadreurs que pour les parents d’élèves. »

Mais derrière cette note positive, la réalité du terrain reste préoccupante. Le proviseur n’a pas manqué de dresser un constat sans détour sur les difficultés qui freinent le bon fonctionnement de son établissement.
« Nous manquons cruellement d’infrastructures. Nous ne disposons que de 15 salles de classe pour 22 groupes pédagogiques. C’est une contrainte majeure. À cela s’ajoute un manque flagrant de mobilier : parfois, cinq élèves partagent le même table-banc, et trois salles ne sont pas encore équipées. »
Malgré quelques appuis extérieurs, les besoins demeurent énormes.
« Grâce à des amis allemands, nous avons reçu 30 table-bancs, mais il en manque encore au moins 150. Les enfants ont du mal à étudier dans ces conditions. L’année dernière déjà, certains suivaient les cours assis à même le sol », déplore-t-il.

Le chef d’établissement pointe également du doigt le manque de soutien institutionnel.
« J’ai saisi les autorités compétentes et informé l’APAE, mais sans suite. Pire, on nous oppose souvent aux parents d’élèves, au lieu de chercher des solutions concertées. »
Face à cette impasse, Alpha Oumar Timbo Barry en appelle à une mobilisation directe des parents : « J’invite les parents à confectionner eux-mêmes les tables-bancs et à les remettre à l’école, plutôt que de verser de l’argent à des intermédiaires. C’est la meilleure manière de sécuriser leur contribution et d’aider concrètement leurs enfants. »
Le proviseur se dit déterminé à poursuivre ses efforts, mais il reconnaît que la situation devient intenable :
« Quand je vois des enfants assis à terre, ça me bouleverse. On ne peut pas enseigner sereinement dans ces conditions. Il est urgent d’agir. »
Si la rentrée scolaire à Mamou se veut prometteuse sur le plan de la mobilisation, elle met en lumière les failles structurelles qui continuent de miner l’enseignement public dans la région. Sans une action concertée entre autorités, encadreurs et parents, le lycée Grand Ducal comme bien d’autres établissements du pays – risque de voir ses efforts compromis par un manque cruel de moyens matériels.
Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info
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