Tensions en Angola : les commerces étrangers pris pour cibles, des Guinéens sous le choc

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À Luanda, capitale de l’Angola, la récente hausse du prix du carburant a provoqué une explosion de colère populaire. Autorisée mais non encadrée par les autorités, la manifestation a rapidement dégénéré en actes de vandalisme ciblés, notamment contre les commerces appartenant à des étrangers. Plusieurs boutiques de Guinéens, d’Indiens, de Libanais et de Chinois ont été pillées, dans un climat de terreur généralisée.

Parmi les victimes, Mamadou Yayah, un ressortissant guinéen installé dans le quartier de Kalembadoz, a accepté de livrer un témoignage poignant à notre rédaction.

« Dans la journée d’hier, le marché a été littéralement envahi. Ils ont pillé entre quatre à cinq boutiques appartenant à des compatriotes guinéens. Des commerces indiens, libanais et chinois ont aussi été saccagés. Ma place a été endommagée : les portes ont été détruites, mais grâce à l’aide de Dieu et à la solidarité de mes voisins, les marchandises principalement des téléphones, ont pu être préservées », raconte-t-il avec émotion.

Mais tous n’ont pas eu cette chance. « Mon voisin, lui, a tout perdu. Les pillards ont tout emporté. Ce qui est encore plus choquant, c’est que de 8h à 15h, aucun policier n’a été vu dans la zone. C’est entre commerçants que nous avons organisé notre propre défense, courant de boutique en boutique pour tenter de sauver ce qui pouvait l’être. Une grande surface indienne a été attaquée pendant plus de six heures, sans aucune intervention des forces de l’ordre », déplore Mamadou Yayah.

Aujourd’hui, la situation semble partiellement sous contrôle. « Les forces de sécurité sont enfin déployées sur le terrain. Je suis actuellement aux abords du marché avec des policiers qui veillent à ce que plus rien ne dégénère. Mais l’angoisse est toujours là, palpable », confie-t-il, encore sous le choc.

En guise de message, il appelle ses compatriotes à la vigilance :
« J’exhorte tous les commerçants guinéens vivant ici en Angola à faire preuve de prudence. Il faut avoir conscience que, tant que nous sommes sur une terre étrangère, notre sécurité n’est jamais garantie. Moi, personnellement, si les pillards avaient réussi à vider ma boutique, c’est dix années de dur labeur qui auraient été réduites à néant », conclut-il, la voix serrée.

Ces évènements mettent en lumière la vulnérabilité des communautés étrangères en période de crise sociale, dans un contexte où les tensions économiques exacerbent les sentiments de rejet et d’injustice.

Mohamed Diallo pour Planete7.info 

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