
Le siège de la Chambre communale de commerce de Matam a abrité, ce vendredi, une importante conférence de presse consacrée au Protocole d’accord portant approvisionnement du marché national et fixation des prix plafonds des denrées de première nécessité. Une mobilisation significative des acteurs économiques, des représentants de l’administration commerciale et des organisations de consommateurs y a marqué l’engagement collectif en faveur de la stabilisation des prix et de la protection du pouvoir d’achat des Guinéens.

Prenant la parole en ouverture, Elhadj Saidou Oumar Baldé, président de l’antenne communale de la Chambre de commerce de Matam, a salué « un plaisir renouvelé » d’accueillir cette mobilisation des opérateurs économiques. Selon lui, Matam représente un carrefour stratégique, concentrant près de 70 % des activités économiques de la capitale.
« Nous, opérateurs économiques, sommes déterminés à accompagner la vision du président Mamadi Doumbouya. Les taxes sont lourdes, mais le peuple attend de nous de la résilience. La saturation du port est due à notre efficacité. Maintenant, à l’État de rattraper son retard en infrastructures », a-t-il déclaré, appelant à une synergie autour des efforts du gouvernement.

Mohamed Traoré, directeur national du commerce intérieur, a pour sa part détaillé les contours du protocole récemment signé entre trois entités majeures : la Direction nationale du commerce intérieur, la Douane et la Chambre de commerce.
Baptisé Protocole d’accord sur l’approvisionnement et la fixation des prix plafonds des produits de grande consommation, il vise à protéger le pouvoir d’achat en encadrant les marges bénéficiaires sans imposer de prix fixes, conformément à la liberté des prix.
« L’État renonce à plus de 650 milliards de GNF de recettes annuelles pour soulager les consommateurs », a précisé le directeur. Il a également annoncé la mise en place d’une équipe de suivi chargée de veiller à l’application effective du protocole.
Parmi les engagements spécifiques :
- Commerce intérieur : fixation, diffusion des prix, contrôles et sanctions.
- Douane : exonérations fiscales, maintien des valeurs mercuriales (riz à 100 USD/tonne, sucre à 200 USD/tonne), lutte contre la fraude.
- Chambre de commerce : sensibilisation des opérateurs, remontée des données du terrain, prévention des pratiques spéculatives.
Un exemple concret a été donné pour le riz étuvé 5 % brisure (sac de 50 kg) :
- Importateur : 260 000 GNF
- Distributeur : 265 000 GNF
- Détaillant : 280 000 GNF

Le président de la Chambre nationale de commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée (CCIAG) a tenu à rendre hommage à ceux qu’il appelle « les vrais importateurs », qui malgré un contexte difficile, ont pris des risques avec leurs propres moyens pour approvisionner le pays. « C’est à 70 % grâce à votre énergie que la Chambre fonctionne aujourd’hui. Vous êtes la Chambre, même si vous ne venez pas souvent au siège », a-t-il lancé aux opérateurs économiques.

Il a également mis en garde contre toute tentative de spéculation et insisté sur la responsabilité morale des grossistes et détaillants, affirmant que toute personne prise en flagrant abus de prix sera sanctionnée fermement.
« Respecter les prix plafonds, c’est déjà faire un sacrifice pour le bien commun. »

Enfin, Elhadj Boubacar Mitty Barry, vice-président de l’Union des consommateurs de Guinée, a exprimé la satisfaction des usagers face à la relance de ce protocole, interrompu par le passé pour des raisons contextuelles. « À 80 %, nous dépendons des importations. Ce protocole est donc une nécessité. Nous saluons l’engagement du ministère du Commerce et de la Douane pour rendre les produits disponibles et accessibles. »
Il a appelé les citoyens à signaler toute infraction via le numéro vert 142, ou à se rapprocher des autorités locales et des antennes communales de l’Assemblée des commerces.

Cette mobilisation traduit une volonté commune de réguler le marché, tout en respectant les principes d’une économie ouverte. Entre encadrement des prix, allègement fiscal, responsabilité citoyenne et mécanismes de contrôle, l’État et les acteurs du secteur privé s’alignent pour répondre à un objectif essentiel : soulager le panier de la ménagère et renforcer la cohésion nationale en cette période de vulnérabilité économique.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
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