Enlèvement de Me Mohamed Traoré : le gouvernement brise le silence et dénonce une attaque contre les fondements de la République

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Une semaine après l’enlèvement et les violences subies par l’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Guinée, Me Mohamed Traoré, les plus hautes autorités du pays ont enfin réagi publiquement. Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, s’est exprimé dans une allocution solennelle diffusée jeudi soir à la télévision nationale, qualifiant cet acte d’atteinte directe non seulement à l’intégrité d’un citoyen, mais surtout aux valeurs fondamentales de la République.

Dans un ton grave, le chef du gouvernement a exprimé l’émotion et l’indignation de l’exécutif face à ce qu’il considère comme une tentative d’intimidation d’un homme de loi, symbole du combat pour les droits et les libertés en Guinée. « Ce n’est pas seulement un homme que l’on a voulu briser, c’est une institution que l’on a voulu ébranler », a déclaré Amadou Oury Bah, visiblement ému.

Selon lui, au-delà de la brutalité infligée à Me Traoré, c’est l’image de la Guinée, déjà fragile sur le plan démocratique, qui se trouve entachée. Il a évoqué une volonté manifeste de semer la peur et de compromettre les efforts engagés depuis plusieurs mois pour restaurer l’État de droit et instaurer une gouvernance responsable.

« La République ne vacillera pas face à la barbarie », a martelé le Premier ministre, promettant que des mesures seront prises pour retrouver les auteurs de cet acte ignoble et les traduire devant la justice. Il a également exhorté la population à ne pas céder à la peur ni à la tentation de la vengeance, appelant à l’unité nationale et au respect des institutions.

En toile de fond de cette déclaration, c’est toute la question de la sécurité des voix critiques et de la protection des libertés publiques qui est posée. Me Traoré, connu pour ses prises de position tranchées contre les abus de pouvoir, avait, par le passé, dénoncé à plusieurs reprises les dérives de certains acteurs étatiques et les violations des droits humains.

L’émoi suscité par cette affaire dépasse les cercles judiciaires. Avocats, organisations de la société civile et citoyens ordinaires réclament désormais une enquête rigoureuse, indépendante et transparente. Pour l’heure, aucune arrestation n’a été annoncée, mais l’engagement réitéré du gouvernement à faire toute la lumière sur ce crime est scruté de près par l’opinion publique.

Il est à noter que le Parquet Général avait, dès le 23 juin, fait part de sa « profonde consternation » et annoncé l’ouverture d’une procédure d’enquête. Mais au-delà des mots, c’est désormais l’efficacité et la crédibilité de l’action judiciaire qui seront mises à l’épreuve.

Dans une Guinée en quête de stabilité et de justice, cette affaire pourrait bien devenir un tournant symbolique. Un test, aussi, pour les autorités de la transition, qui ont fait de la lutte contre l’impunité l’un de leurs principaux chevaux de bataille.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

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