Mamadou Baadiko Bah tire la sonnette d’alarme : « Le pouvoir militaire prépare la confiscation définitive du pouvoir »

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Dans une interview sans concession, Mamadou Baadiko Bah, président de l’Union des Forces Démocratiques (UFD), s’élève contre le processus électoral en cours, qu’il juge biaisé et destiné à légitimer une confiscation du pouvoir par les autorités de transition. Il dénonce une mise en scène coûteuse, une neutralité de façade du ministère en charge des élections et une campagne masquée en faveur d’une éventuelle candidature du président de la transition, Mamadi Doumbouya.

Pour Mamadou Baadiko Bah, le décor électoral en Guinée est déjà planté, et le scénario écrit d’avance. Si, en principe, le fait que le ministère de l’Administration territoriale organise les élections ne pose pas problème, l’homme politique souligne cependant que ce ministère est « tout sauf neutre ». Selon lui, il s’agit d’« une administration engagée, fortement engagée, pour légitimer les autorités de la transition ».

Ce parti pris institutionnel serait à l’origine d’un processus verrouillé, éloigné du consensus, de la paix et du progrès. « Ça va être des résultats absolument préfabriqués », dénonce-t-il, pointant du doigt l’absence de réformes crédibles au niveau de la CENI, malgré des milliards engloutis dans des opérations électorales jugées factices.

Mamadou Baadiko Bah ne mâche pas ses mots : pour lui, les autorités militaires cherchent à « mettre en place des organes pour légitimer leur confiscation définitive du pouvoir ». Il voit dans le recensement général de la population une manœuvre d’exclusion massive des Guinéens de la diaspora.

« La moitié aujourd’hui de la population guinéenne en âge de voter est à l’extérieur, et dans les ambassades, l’enrôlement est pratiquement impossible », déplore-t-il. Cette stratégie, selon lui, vise à réduire la participation électorale réelle, tout en conservant une façade institutionnelle.

Le président de l’UFD accuse le régime de mener, en toute discrétion, une vaste campagne en faveur d’une future candidature du président de la transition. « On est en campagne depuis pratiquement six mois, avec des centaines de milliers de portraits. Même en Corée du Nord, on n’a pas vu ça ! », ironise-t-il, dénonçant une mise en scène orchestrée, financée par des ressources publiques.

« La population est mobilisée pour des danses, des marches, des campagnes de soutien, pendant que l’économie s’asphyxie. Aujourd’hui, la Guinée vit une crise de liquidité sans précédent », alerte-t-il, pointant l’abandon des priorités socio-économiques au profit d’une propagande politique déguisée.

Alors que plusieurs grandes formations politiques du pays sont suspendues ou menacées de l’être, Mamadou Baadiko Bah redoute un retour déguisé au parti unique. « On veut réduire la scène politique à des partis pancartes qui applaudissent et rentrent dans les rangs pour leur tranquillité », dénonce-t-il.

Face à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire, l’UFD prône un sursaut : « Nous voulons qu’on respecte les libertés d’expression, indispensables pour bâtir nos pays africains. Ce n’est pas qu’un problème guinéen. Il faut sortir du tout politique, bâtir un État de droit et restaurer le pluralisme démocratique avec une éthique minimale. »

Dans un climat politique tendu, où la méfiance envers les institutions de transition s’intensifie, la voix de Mamadou Baadiko Bah sonne comme un appel à la vigilance. Alors que la Guinée s’apprête à franchir une nouvelle étape de son histoire politique, l’exigence de transparence, de neutralité et de respect des libertés fondamentales semble plus que jamais cruciale.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

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