Enseignement supérieur : Conakry accueille la 42e session du Conseil des ministres du CAMES, une première historique pour la Guinée

La capitale guinéenne entre dans l’histoire de l’enseignement supérieur africain. Pour la première fois depuis sa création en 1968, le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) tient sa session ordinaire des ministres en République de Guinée. Un événement de portée continentale, marqué par une solennité particulière et un regain d’ambition pour l’intégration académique africaine.
La 42e session, qui se déroule du 22 au 24 mai à Conakry, réunit des délégations venues de 19 États membres du CAMES, dont le Tchad, Madagascar et le Gabon. Sont présents ministres, enseignants-chercheurs, experts et hauts responsables académiques. Tous se sont donné rendez-vous pour discuter des grandes orientations stratégiques en matière d’enseignement supérieur, de recherche scientifique et d’innovation en Afrique francophone.

Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah a salué un moment « historique » pour la Guinée, soulignant qu’il s’agit d’un retour significatif du pays sur la scène académique africaine. « La Guinée revient avec détermination et ambition. Nous voulons rattraper le retard accumulé et participer activement à la transformation du paysage de l’enseignement supérieur africain », a-t-il déclaré. Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de mutualiser les ressources africaines face aux défis démographiques, économiques et technologiques du continent, alertant sur les risques liés à la révolution numérique et à l’intelligence artificielle : « Celui qui ne produit pas suffisamment sera relégué à la périphérie du savoir. »

Ce choix du CAMES de tenir ses travaux à Conakry n’est pas anodin. Il traduit une reconnaissance du travail accompli par les autorités guinéennes ces dernières années pour repositionner le pays dans les instances académiques régionales. Alpha Bacar Barry, ministre guinéen de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, y voit l’aboutissement d’une dynamique amorcée depuis 2022. « Ces quatre dernières années, nous avons travaillé sans relâche pour que la Guinée retrouve sa place dans les grandes instances académiques du continent », a-t-il confié. Il a rappelé que la Guinée a successivement accueilli deux réunions du Comité consultatif général du CAMES, puis, en novembre 2024, le prestigieux concours d’agrégation en sciences de la santé, ayant réuni plus de 600 candidats de 13 pays.

Pour le professeur Souleymane Konaté, secrétaire général du CAMES, cette 42e session est une étape charnière. « Le CAMES a joué un rôle fondamental dans la construction d’un espace académique africain de qualité, en tissant des liens entre nos systèmes nationaux et en valorisant nos chercheurs », a-t-il affirmé. Il a également salué l’organisation réussie des concours d’agrégation en bimodal (présentiel et en ligne), une avancée majeure dans l’adaptabilité de l’institution face aux réalités contemporaines.

Au cœur des discussions figure l’évaluation du rapport d’activités 2024, le suivi de la mise en œuvre du Plan stratégique 2024-2028 et l’adoption de résolutions structurantes en vue d’atteindre l’objectif majeur : faire du CAMES une référence internationale en matière d’évaluation scientifique à l’horizon 2033. Les travaux évoqueront également les résultats de la 14e réunion extraordinaire du Comité consultatif général (CCG) à Niamey, les préparatifs de la 47e session des comités interafricains à Ouagadougou et les efforts déployés en matière d’assurance qualité.

La présidente en exercice du Conseil des ministres du CAMES, la professeure Édith Delphine Emmanuel-Adouki, ministre de l’Enseignement supérieur du Congo, a appelé à la consolidation des acquis sans céder à l’autosatisfaction. « Le bilan que nous dressons aujourd’hui, bien que non exhaustif, est source de légitime satisfaction. Mais il ne doit en aucun cas nous faire oublier les défis persistants, dans un monde de plus en plus marqué par l’intelligence artificielle », a-t-elle averti. Elle a encouragé la poursuite de la dynamique d’ouverture, notamment avec l’implication accrue de pays comme le Tchad, la Guinée équatoriale et de nouveaux partenaires techniques et financiers.

Cette session de Conakry, qui coïncide avec le 57e anniversaire du CAMES, cristallise l’ambition de bâtir un espace académique africain intégré, harmonisé et porteur d’excellence. Elle symbolise également le retour affirmé de la Guinée comme acteur incontournable de la diplomatie académique continentale. À Conakry, l’heure est à la mobilisation, à la solidarité et à l’ambition partagée.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
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