Sécurité et rigueur : Matoto met fin aux cours nocturnes dans les écoles

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Dans un souci de protection des élèves et de réorganisation du cadre pédagogique, le directeur communal de l’éducation de Matoto, Sékou Kaba, a pris une mesure ferme : l’interdiction des cours au-delà de 18 heures dans tous les établissements publics et privés relevant de sa juridiction. Cette décision, effective depuis l’année dernière mais récemment rappelée, vise à enrayer certaines dérives liées aux séances nocturnes.

Interrogé par Planète7.info, le DCE a justifié sa position par la multiplication de situations jugées préoccupantes. « Dans un passé très récent, certains chefs d’établissement organisaient des cours jusqu’à 22 heures. Pire, des candidats passaient la nuit à l’école pour se rendre directement aux centres d’examen. Cela favorisait des comportements déviants : grossesses non désirées, relations inappropriées entre encadreurs et élèves, et autres dérapages graves », déplore-t-il.

Face à ce constat alarmant, Sékou Kaba a décidé de rétablir une rigueur dans les horaires : « Les cours doivent se dérouler normalement de 8h à 18h. Après cette heure, les enfants doivent rentrer chez eux, se reposer et reprendre individuellement les leçons. C’est la seule voie saine vers la réussite », insiste-t-il.

Le directeur établit par ailleurs une distinction claire entre les heures de cours classiques, les sessions de révision et les cours dits nocturnes. « Les cours normaux s’étendent de 8h à 14h. De 14h à 18h, ce sont les révisions encadrées. Au-delà, ce n’est plus acceptable. Les cours nocturnes deviennent souvent un prétexte à tout sauf à l’apprentissage : bavardages, distractions, comportements à risques… ».

Autre dérive pointée du doigt : la circulation de faux sujets d’examen, surnommés localement « pétrole ». Certains enseignants, dans le cadre de ces cours nocturnes non réglementés, fourniraient à leurs élèves des épreuves fabriquées de toutes pièces. « Cela détourne les candidats de l’essentiel. Ils se concentrent sur des sujets erronés et perdent du temps. Le jour de l’examen, ils sont souvent désorientés », regrette le DCE.

Pour lui, seule une préparation sérieuse et encadrée garantit la réussite. « L’élève discipliné, qui suit les cours avec assiduité, n’a pas besoin de subterfuges pour obtenir son baccalauréat ou son BEPC. Il faut en finir avec cette culture de l’improvisation de dernière minute », conclut-il.

Cette décision, bien qu’accueillie diversement par les acteurs du système éducatif, marque un tournant dans la volonté des autorités éducatives de Matoto de restaurer un cadre scolaire structuré, sécurisant et propice à la réussite académique.

Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info 

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