Sanoyah : accusé d’avoir enceinté une mineure, un imam au centre d’une affaire explosive

L’affaire fait grand bruit à Sanoyah. Un imam local, Aly Kanté, est accusé d’avoir mis enceinte une jeune fille dont l’âge serait compris entre 15 et 20 ans. Si les faits ne sont révélés au public que récemment, l’histoire remonterait à plusieurs mois, selon les premières informations recueillies.
La rédaction de Planète7.info a tenté de lever le voile sur cette affaire aux multiples zones d’ombre. Contacté, Karamo Kanté, frère cadet du religieux mis en cause, parle d’un « complot » destiné à nuire à la réputation de l’imam. Il livre sa version des faits : « La jeune fille vit dans notre voisinage depuis longtemps. Elle est très proche de la fille de l’imam. C’est elle-même qui a demandé à se voiler, et mon frère a accepté, mais partiellement, car il n’avait pas l’accord des parents. Elle a insisté, et deux voiles lui ont été donnés dans un lot destiné à plusieurs femmes. »
Selon lui, l’imam aurait ensuite cherché à l’aider à se marier, allant jusqu’à la mettre en contact avec un prétendant. Mais un problème technique aurait freiné la communication . « Le téléphone de la fille étant en panne, l’imam a demandé à sa propre fille de prêter sa carte SIM pour faciliter les échanges. C’est tout », ajoute Karamo Kanté.
Un point soulève néanmoins la controverse : la grossesse. « On parle d’une grossesse de huit mois alors que les faits remontent à quatre mois seulement. Pourquoi attendre tout ce temps avant d’informer la famille ? Pourquoi refuser le serment sur le Coran proposé par mon frère ? » s’interroge-t-il.
Toujours selon lui, l’aveu de l’imam à la gendarmerie serait une stratégie de défense : « Sur les conseils de son avocat, mon frère a reconnu les faits afin de clore le dossier, à condition qu’un test ADN soit effectué après la naissance. Il est convaincu qu’il s’agit d’un coup monté pour salir son image. »
Dans le quartier, les langues se délient, et certaines voix évoquent des tensions ethniques.
Un citoyen local, sous couvert d’anonymat, confie : « Je ne peux pas dire ce qui s’est réellement passé, mais il y a une rivalité communautaire perceptible. L’imam Kanté a été remplacé par la ligue islamique à cause de cette affaire. Il avait nommé deux imams de son ethnie comme seconds, ce qui a créé des remous. Pour calmer les tensions, l’un d’eux a été écarté au profit d’un imam d’une autre ethnie. »
Abdoulaye Keita, fidèle rencontré à la mosquée, évoque la difficulté d’établir une vérité religieuse dans une telle situation : « En Islam, pour prouver un adultère, il faut quatre témoins. Dans ce cas, personne n’a été témoin de quoi que ce soit. C’est donc une affaire délicate. Nous prions pour que la vérité éclate. »
Entre accusations, suspicions de complot, tensions communautaires et débat religieux, l’affaire reste loin d’être élucidée. Un test ADN pourrait, à terme, apporter un éclairage décisif. En attendant, la rumeur continue d’alimenter les discussions à Sanoyah.
Mohamed Diallo pour Planete7.info
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