
C’est dans une atmosphère à la fois studieuse et profondément émotive que le lycée Donka a accueilli, ce mercredi, l’ancienne ministre de la Citoyenneté et de l’Unité nationale, Dr Zalikatou Diallo. Venue à la rencontre des élèves, elle a échangé avec eux autour de son ouvrage poignant intitulé « Ce jour où nous fûmes excisées. Stoppons les mutilations génitales féminines », à paraître cette année chez Mamou Éditions. Un moment de vérité, d’écoute et de sensibilisation qui a marqué les esprits et ravivé les consciences, notamment chez les jeunes filles.
Dès les premières minutes, Dr Zalikatou a su instaurer un climat de confiance et de respect mutuel. Son intervention, empreinte d’humanité, s’est appuyée sur le vécu, les témoignages et l’analyse des méfaits durables des mutilations génitales féminines (MGF). « C’est avec un réel plaisir que j’ai conféré avec les élèves du lycée Donka, une école historique fondée en 1950. Le fait que ces élèves aient pris le temps de lire mon ouvrage, de s’en imprégner et de venir avec des questions aussi pertinentes m’a profondément émue », a-t-elle confié.

Les questions posées par les élèves ont témoigné de leur intérêt sincère et de leur compréhension des enjeux abordés dans le livre. À travers cet échange, Dr Zalikatou n’a pas seulement partagé sa plume d’auteure, mais aussi sa voix de militante et de femme d’État engagée. Elle a insisté sur l’importance de l’abstinence, de la responsabilité individuelle et de la poursuite des études pour les jeunes filles : « Chaque chose a son temps. Il faut se consacrer à ses études, viser l’autonomisation et devenir une solution pour sa famille, non une charge. »

Des témoignages poignants sont venus enrichir cette rencontre. Celui de Rouguiatou Sow, élève et sœur d’une victime de l’excision, a fait frémir l’auditoire. La voix tremblante, elle a raconté l’histoire de sa sœur contaminée par l’hépatite à la suite d’une excision collective avec une lame partagée : « Cela fait 17 ans qu’elle est malade. Elle ne peut plus suivre normalement les cours. C’est une souffrance qui pèse sur toute notre famille. » Un appel vibrant à bannir cette pratique ancrée dans des traditions délétères.

Pour Kolako Peve Beavogui, également élève, cette rencontre a été une révélation : « Elle a osé briser le silence autour d’une pratique douloureuse et injuste. Aujourd’hui, je me sens investi d’une mission : devenir activiste et porter ce combat autour de moi. »

Madame Sangaré Mamadiya Camara, proviseure du lycée, n’a pas manqué de souligner l’importance de cette visite : « Le parcours de Dr Zalikatou est une source d’inspiration pour toutes nos filles. Sa venue a ravivé la lutte contre une atrocité encore trop présente dans notre société, malgré les lois et conventions internationales. »

Au-delà de la sensibilisation, l’ex-ministre appelle à une véritable mobilisation nationale : « Il est temps de passer de la sensibilisation à la pénalisation. La Guinée doit se lever pour éradiquer cette violence faite aux filles. Il faut créer une synergie d’action pour mettre un terme à cette pratique. »

En clôturant la rencontre, elle a lancé un appel à la lecture de son livre, non comme une simple œuvre littéraire, mais comme un manifeste pour la vie, pour la dignité et pour l’avenir des filles de Guinée et d’ailleurs. Un appel qui semble avoir trouvé un écho puissant dans les cœurs et les esprits du lycée Donka.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.