68e anniversaire de l’indépendance à Kindia : Elhadj Karamba Diaby appelle à un sursaut patriotique

À Kindia, la célébration du 68e anniversaire de l’indépendance de la Guinée a pris, ce vendredi 2 octobre 2026, une dimension à la fois religieuse et citoyenne. Réunis au quartier Banlieue autour d’une séance de lecture du Saint Coran et de prières pour la paix, des fidèles musulmans ont également été invités à réfléchir au rapport des citoyens à leur pays. Dans son intervention, le secrétaire préfectoral des Affaires religieuses, Elhadj Karamba Diaby, a appelé à davantage de patriotisme, d’unité et de responsabilité collective.
La voix des prières s’est élevée au quartier Banlieue de Kindia, à l’occasion de la fête nationale. Pour marquer les 68 ans de l’accession de la Guinée à l’indépendance, des fidèles musulmans se sont retrouvés autour du Saint Coran pour implorer la paix, la stabilité et la prospérité du pays.
Mais au-delà de la dimension spirituelle de la cérémonie, la rencontre a également servi de tribune à un message citoyen. Face aux fidèles, Elhadj Karamba Diaby a invité les Guinéens à renouer avec un patriotisme qu’il estime indispensable à la construction et à la préservation de la nation.
Le responsable religieux a d’abord rendu hommage aux hommes et aux femmes qui ont contribué, au prix de nombreux sacrifices, à la conquête de la souveraineté nationale. Pour lui, les générations actuelles ont le devoir de préserver cet héritage en faisant passer l’intérêt collectif avant les ambitions individuelles.
« La plupart des Guinéens travaillent aujourd’hui pour s’enrichir, remplir leurs poches et tourner le dos à la Guinée, ce beau pays qui est notre bien commun. Telle est la préoccupation majeure de beaucoup d’entre nous aujourd’hui. Pourtant, nous devrions tous faire passer ce pays en premier. Car sans cette terre, notre identité est perdue », a-t-il déploré.
Pour appuyer son appel, Elhadj Karamba Diaby s’est replongé dans l’histoire de la Guinée, évoquant plusieurs figures de la résistance et de la lutte pour la souveraineté nationale. Il a notamment cité Samory Touré, Dîna Salifou, Zégbéla Togba, Hadja Mafory Bangoura ainsi que le premier président de la République, Ahmed Sékou Touré.
« C’était cela le combat de nos pionniers, à l’époque coloniale et au moment de l’indépendance. […] Ces devanciers ont lutté corps et âme pour notre survie et notre souveraineté, afin que nous soyons fiers, libres et en sécurité. C’est pour cela qu’en 1958, le président Ahmed Sékou Touré a dit “Non” à l’asservissement et “Oui” à l’indépendance », a-t-il rappelé.
Soixante-huit ans après le 2 octobre 1958, le secrétaire préfectoral des Affaires religieuses estime que la commémoration ne devrait pas se limiter aux festivités. Elle doit, selon lui, constituer un moment de réflexion sur les responsabilités de chaque citoyen envers la nation.
« Cela fait 68 ans que nous célébrons cette date dans la joie, tandis que ceux qui se sont battus pour l’obtenir reposent en paix. Cessons d’être lâches. Mettons la Guinée au centre de tout, et travaillons ensemble, dans l’unité, pour son émergence et pour une paix durable », a-t-il lancé.
À Kindia, cette cérémonie religieuse consacrée à la prière pour la nation aura ainsi été l’occasion de raviver le souvenir des générations ayant œuvré pour l’indépendance, tout en appelant les citoyens d’aujourd’hui à faire de la paix, de l’unité, de la solidarité et du patriotisme des repères essentiels dans la construction de la Guinée.
Sylla Ama pour Planete7.info
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