28 septembre 2009 : entre justice et mémoire, la réaction poignante de Dr Ben Youssouf Keïta

L’annonce de la prise en charge intégrale de l’indemnisation des victimes du massacre du 28 septembre 2009 par le gouvernement guinéen marque un tournant décisif dans la quête de justice et de réconciliation nationale. Dr Ben Youssouf Keïta, figure politique et lui-même rescapé de cette tragédie, s’est exprimé avec gravité et lucidité sur cette initiative.

« La réparation est en cours, la justice suit son cours. Mais soyons clairs : aucune somme d’argent, même des milliards, ne peut remplacer une vie humaine. Si les victimes avaient eu le choix, aucune famille n’aurait accepté de perdre un proche en échange d’une indemnisation », a-t-il souligné avec émotion.

Porteur de cicatrices psychologiques, Dr Ben Youssouf Keïta insiste sur l’irréversibilité des pertes : « La disparition d’un être cher est une douleur éternelle. Les séquelles, qu’elles soient physiques ou mentales, ne disparaîtront jamais. L’argent ne peut pas réparer ces blessures, mais il apporte un certain soulagement aux survivants. »

Dans un hommage solennel, il a eu une pensée pieuse pour les martyrs du 28 septembre 2009, tombés au stade pour défendre la démocratie. « Ces hommes et ces femmes n’ont rien fait pour mériter ce sort. Que Dieu les accueille dans son paradis éternel. » Il a également plaidé pour que la lumière soit faite sur le sort des disparus, afin que leurs familles puissent enfin faire leur deuil.

Si Dr Ben Youssouf salue la décision du général Mamadi Doumbouya et de son gouvernement, il refuse néanmoins toute compensation pour lui-même : « J’ai pris ce risque en connaissance de cause. Je ne réclame rien. Mais pour ceux que nous avons encouragés à manifester, ceux qui ont perdu un proche, qui ont été blessés ou traumatisés, il est essentiel qu’ils reçoivent un soutien financier et matériel. Mon épouse elle-même fait partie des victimes, et elle doit être indemnisée, comme toutes les autres. »

Face aux interrogations sur d’éventuelles motivations politiques derrière cette indemnisation, il répond sans détour : « Non, ce n’est en aucun cas une stratégie politique. C’est une nécessité de justice et un levier essentiel pour la réconciliation nationale. Cette initiative permettra d’ancrer dans les esprits qu’un tel drame ne doit plus jamais se reproduire sur notre sol. »

La décision du gouvernement de prendre en charge ces indemnisations, alors que les condamnés ne pouvaient s’en acquitter, est perçue comme un acte de responsabilité étatique. « L’État est une continuité. Cette décision montre qu’il assume son rôle et veille à ce que justice soit faite. Nous ne pouvons que féliciter et encourager cette démarche courageuse », conclut Dr Keïta.

Reste à savoir si cette mesure suffira à apaiser les douleurs et à reconstruire les vies brisées par l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire récente de la Guinée.

Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info 

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